XXXVII. Lettre du pape pour la France
Le pape envoya avec lui Arsène, évéque a Urta en Toscane, tant pour faire exécuter son rétablissement que pour obliger le roi J-oihaire à quitter Valdrade , pour maintenir 'a paix entre les rois des François. Ce légat fut
(1) Sup. 1. xux, n. iO.
(3) Ann. Berlin. 80«
Cl) Libell. Rolh. loDi. 7, C- p. 789.
(2) Anasl. p. 263, C. to.
8, Conc. p. 789.
(3) Tom.8,Conc.p.79i.
charge de plusieurs lettres en faveur de Rothade, dont l'une, datée du mois de janvier, mdiction treizième, qui est l'an huit cent
soixante-cinq(l),fixeladatedetouteslesautres La plus considérable est celle qui est adressée a tous les évéques de Gaule, et où le pape parle ainsi : Ce que vous dites est absurde, que Kothade, après avoir appelé au saint-siège, ait changé de langage pour se soumettre de nouveau a votre jugement. Quand il l'auroit fait, vous deviez le redresser, et lui apprendre qu on n appelle point d'un juge supérieur à un intérieur. Mais encore qu'il n'eût pas appelé au saint-siége, vous n'avez dû en aucune manière déposer un évéque sans notre participation, au préjudice de tant de décretales de nos prédécesseurs. Car si c'est par leur jugement que les écrits des autres docteurs sont approuves , ou rejetés , combien plus doit-on respecter ce qu'ils ont écrit eux-mêmes, pour décider sur la doctrine ou la dicipline ? Quelques-uns de vous disent que ces décretales ne sont point dans le code des canons. Cependant quand ils les trouvent favorables à leurs intentions, ils s'en servent sans distinction , et ne les rejettent que pour diminuer la puissance du saint-siége. Que s'il faut rejeter les décretales des anciens papes, parce qu'elles ne sont pas dans le code des canons , il faut donc rejeter les écrits de saint Grégoire et des autres pères, et même les saintes Ecritures. Ensuite il prouve , par l'autorité de saint Léon et de saint Gélase , que l'on doit recevoir généralement toutes les décretales des papes.
Il ajoute (2) : Vous dites que les jugements des évt^ues ne sont pas des causes majeurse ' nous soutenons qu'elles sont d'autant plus grandes, que les évéques tiennent plus grand rang dans l'Eglise. Ils y sont les premiers, ils en sont les colonnes, ils sont les chefs et les pasteurs du troupeau. Cet éloge de la dignité episcopale est remarquable en la bouche d'un pape si jaloux de la sienne. Il continue : Direzvous qu'il n'y a que les affaires des métropolitains qui soient des causes majeures ? Mais ils ne sont pas d'un autre ordre que les évéques et nous n'exigeons pas des témoins ou des juges d'autre qualité pour les uns que pour les autres. C'est pourquoi nous voulons que les causes des uns et des autres nous soient réservées. Et ensuite : Se trouvera-t-il quelqu'un assez déraisonnable pour dire que l'on doive conserver à toutes les églises leurs privilèges, et que la seule église romaine doive perdre les siens ? Il conclut en leur ordonnant de recevoir Rothade et le rétablir.
Ces décrétâtes, que le pape Nicolas soutient avec tant de chaleur, sont celles delà collection d Isidore Mercator, dont j'ai parlé en son lieu, qui sont aujourd'hui reconnues pour fausses. Il est vrai qu'elles établissent nettement que
(1) Ep. 40, 41, 43, 44. (2) P. 801, A. p. 798, D.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
r An de J.-C. 865
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