LIVRE CINQUANTIÈME
(1) Ann. Bert. 842.
v2) Ap. hinc. to. 1, p.
^52, et ap. to. 2, p. 313!
C3) N. 7, p. 832. Sup. I.
xi,n. 15. Sacr. I, c. O.Theo.
XL VII. Egilon. envoyé à Rome.
De Soissons le roi Charles se rendit à Attigny , où se trouva son neveu, le roi Lothaire Ils y firent revenir Thietberge, quoiqu'elle eut eu permission d'aller à Rome (1). Car elle étoit si maltraitée et si peu en sûreté auprès de Lothaire, qu'elle avoit résolu de demander elle-même la dissolution de son mariage , et ce fut apparemment alors qu'elle en écrivit au pape (2). De cette entrevue d'Attigny les deux rois envoyèrent au pape une ambassade commune, dont Egilon, archevêque de Sens, fut chargé de la part de Charles et de la part de Lothaire, Adon, archevêque de Yienne et Gautier, secrétaire du même roi , chargés' des ordres secrets de leurs maîtres.
t gilon étoit aussi porteur de la lettre synodale du concile de Soissons, et de celle d'Hincmaraupape, contenant ses raisons pour ne pas rétablir Yulfade de son autorité particulière (3). Il y joignit une instruction pour Egilon , où il dit : Je vous parle en confiance comme à un autre moi-même. Je vous envoie par articles le sommaire de tout ce que le pape nous a écrit sur cette matière, et il sera nécessaire que vous reteniez bien ces articles , afin que si ceux que vous savez veulent embrouiller la chose à leur ordinaire , vous puissiez leur répondre la vérité. Je n'ai pas cru que vous eussiez besoin des écrits que j'ai présentés au concile, et j'ai craint qu'ils ne fissent paroître à Rome quelque dispute entre nous au sujet de Yulfade, ce qui pourroit retarder les desseins du roi. Ce que vous devez bien retenir , c'est qu'Ebbon a été régulièrement déposé et irrégulièrement rétabli ; que ces clercs ont été déposés, non par moi , mais par un concile de cinq provinces, que le pape nous écrit de ne point casser ce qui a été réglé , s'il ne se trouve contraire aux canons; enfin, que le concile, voyant dans ces mêmes lettres la bonnô volonté du pape pour ces clercs, a trouvé l'exemple du concile de Nicée pour autoriser cette indulgence , d'autant plus que tous les évtVïues qui ont assistée la déposition d'Ebbon sont morts, excepté Rothade seul; en sorte qu'il n'y a plus de contradiction à craindre. Je voudrois fort , si cela ne vous faisoit pas de peine, que vous fissiez au pape une relation exacte de tout ce qui regarde la déposition d'Ebbon et le jugement des clercs; mais je ne suis point d'avis que vous vous chargiez d'aucun écrit, que de ceux dont nous sommes convenus avec le roi et les évéques. Yous devet dire au pape, si vous y trouvez lieu, que plusieurs disent déjà : Si ce qu'on fit alors ne fut pas solide, ce qu'on fait à présent ne lésera pas davantage. Il n'y a plus rien de ferme dang ce qu'ordonnent les évéques ou le saint-siége. On ne se mettra plus en peine de nos excom-
nn m
iJ.* :
(1) Ann. Berlin. 866.
(2) JVic. Ëpist. 48.
(3) Opusc. 22, lom. 8, Conc. p. 1001. Opusc. 23« Conc. p. 1903. '
tu
municalions, les prêtres déposés ne quitteront point leurs fonctions, parce que nos jugements et ceux du saint-siége suivent la volonté du roi et les mouvements de nos passions. Et vous devez faire souvenir le pape comment Gonthier a traité son excommunication. Sans Vulfade on auroit bien pu refuser la restitution de ces clercs, qui ne sont que neuf, lui compris (1). Et ensuite : Ayez soin de lire les lettres que le pape fera expédier sur cette affaire, avant qu'on les envoie ici, de peur que les souscripteurs n'y commettent quelque fraude, comme on les accuse de faire. J\ 'oubliez pas d'apporter les gestes des papes depuis le commencement de Sergius jusqu'à celte année, car nous avons ceux des autres papes. Ces gestes doivent être des journaux ou annales de ce qui s'étoit passé sous chaque pontificat.