LIVRE CINQUANTIÈME
voya aussi des ambassadeurs à l'empereur Michel, disant que son peuple avoit renoncé à ridolàtric, et vouloit embrasser la religion chrétienne , mais qu'ils n'avoient ptTSonne capable de les instruire. L'empereur y envoya Constantin avec son frère Méthodius, cl fournit abondamment aux frais de leur voyage. Les Moraves eurent une grande joie de leur arrivée, parce qu'ils apportoient l'Evangile traduit en sclavon , et des reliques de saint Clément, pape, que Constantin avoit trouvées pendant qu'il étoit à Chersone. Ils envoyèrent donc au devant d'eux, et les reçurent avec grand honneur. Les deux frères commencèrent à travailler à leur mission, à enseigner aux enfants les lettres qu'ils avoient inventées et les offices ecclésiastiques, et à désabuser ce peuple de plusieurs erreurs. Ils demeurèrent en Moravie quatre ans et demi , et y laissèrent tous les livres nécessaires pour le service de l'église. Le pape Nicolas , ayant donc appris de si agréables nouvelles , écrivit à (Constantin et à Méthodius de le venir trouver. Ils rendirent grâce à Dieu de l'honneur que le pape leur faisoit, et se mirent aussitôt en chemin pour Rome avec quelques-uns de leurs disciples , qu'ils jugeoient dignes d'être ordonnés évéques.