‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 732 sur 2407 · X. Adrien se justifie au sujet de Nicolas · texte numérisé non relu

X. Adrien se justifie au sujet de Nicolas

Ce n'étoit pas sans sujet qu'Anastase craignoit pour la mémoire et les actes du pnp'» Nicolas; plusieurs crurent qu'Adrien les vouloit casser , et en furent scandalisés. D'autres, au contraire , étoient choqués de ce qu'il marchoil sur ses pas. Car, incontinent après son sacre, il envoya en Bulgarie les évêques Dominique et Grimoalde , que Nicolas y avoit destines et congédiés immédiatement avant sa mort, et m mettre son nom aux lettres dont Nicolas les avoit chargés. Quand ils furent partis , il obtint de l'empereur Louis le rappel de Gautleric, évoque de Yélétri, d'Etienne, év^^juc de Népi , et de Jean Simonide, exilés sur de lausses accusations. L'empereur même renvoja tous ceux qu'il tenoit en prison comme criminels de lèse-majesté. Ensuite le pape ht peindre, suivant l'intention de son prédécesseur , l'église que celui-ci avoit fait bîMir de neu , avec trois aqueducs , et qui étoit la plus belit de toutes celles de Latran. ,

Tout cela donna sujet aux ennemis du papt Nicolas, de dire publiquement et decrirt que le pape Adrien étoit nicolaïte; et para qu'il toléroit chez lui avec patience quelqu^ uns d'entre eux , d'autres crurent , au contraire, qu'il vouloit casser les actes de ^^n prédécesseur. D'où il arriva que tous les tve ques d'Occident lui écrivirent des lettres solennelles pour l'exhorter à honordk la mémoire du pape Nicolas. C'etoit V^^J^'';'' l'efTet des soUicitalions d'Anastase le bimio-

An de J..C. g68. j JA\RE CINQUANTE-UNIÈME.

favorable. Car le pape Adrien y parle ainsi • LmnoeeDce de notre frère lévé^e vS<:

e^jle ses collègues, qui avoit été obscurcï

nngtie^V-de >;;rTer,Ti ^^él^irF'aXZil 1 cÛ r"^"'»*^^^^^^^^^^

fliecaire, et d'Adon de Vienne. Cependant a Kon.e quelques moines, tant Grecs que d autres nations, s'abstinrent secrètement de sa communion pendant quelques jours. Ce qui fut cause que le vendredi de la siptuagésime

y -^ — ,..v. , ai i^ ciuii I année nuit

ceol soixante-huit, leur donnante diner suivant la coutume, il en invita un plus grand nombre qu'a l'ordinaire. Il leur donni lu" même a laver, leur servit à boire et à manger : et ce qu'aucun pape de sa connoissance n avoit fait avant lui, il se mit à table avec eux, et pendant tout le diner on chanta des cantiques spirituels.

.Au sortir de table, il se prosterna sur le visage devant tous, et dit : Je vous supplie mes frères, priez pour l'église catholiaue' [K)ur notre fils très-chrétien, ll^mpereurffi' que Dieu lui soumette k^ Sarrasins pour notre repos, et priez aussi pimr moi, qu'il me donne la force de gouverner son église si nombreuse. Ils s'écrièrent que c'étoit plutôt

'»es (1) : Comme les prières pour ceux qui ont tres-bien vécu sont des actions de grâce ie vous prie de remercier Dieu davoir donné à ^m egJise mon seigneur et mon père, le trèssaint et orthodoxe pape Nicolas, pour la délendre comme un autre Josué. Alors , tous les moines de Jérusalem , d'Anlioche, d'Alexandne et de Constanlim>ple, dont quelques-uns eloient députés de la part des princes , demeureren long-temps en silence d'étonnement, us ils s écrièrent : Dieu soit loué, Dieu soit oue, davoir donne à son église un tel pas- ^^^'^ SI respectueux envers son prédéces-

ti'l^sipent. Puis ils dirent trois fois : Vive notre seigneur Adrien, établi de Dieu souverain

>nlife et pape universel. Il fit signe de la n am pour taire silence, et dit : Au très-saint <l orthodoxe seigneur Nicolas, établi de Dieu ^uverain pontife et pape universel, éternelle mémoire! Au nouvel Elie, vie et ffloire [iernelle! Au nouveau Phinées, digne de 1 kernel sacerdoce, salut éternel! Paix et ferace a ses sectateurs ! Chacune de ces acclamations fut répétée trois fois.

ie pape Adrien n'eut pas moins de soin de

„^ justiher sur ce sujet auprès des évéques

';|>nçois , comme on voit par la première des

^uires qui leur sont adressées (2). Elle est du

H ond jour de février, indiction première,

tZT "^^ 1^"'/ ^^"^ soixante-huit, et c'est la ^iponse a la lettre synodale du concile de vOl^' ^^}^^^y <^'vc^ue de JNantes , qui en étoit '^rge, n arriva à Home qu'après la mort If pape Aicolas et l'ordination d'Adrien :

]V.n P^'emière réponse fut apportée en

Qï,lv2 P^^i ^"^P*^^ ' ^"^«3^^ de \ ulfade , ar- ^^'evéque de liourges, aussi lui est-elle très-

W Adr.. Lp. 0, to. 8. 880, C.

889 ; ibid. p.

vons votre jugement, et, ayant égard! voir; prière, nous accordons à Vulfade, archev^ue

is eu"/?» ' ' r^^**" P«"'"'»- ^otre p^X cesseur 1 auroit volontiers accordé siravnii

reçu ce que vous venez de nw?s envorer é nous ne faisons qu'exécuter ses inlenîTons Aussi comme nous vous accordons ^ m.!; vous demandez , nous vous prions d^fa^^ eçnre le nom du pape Nicolas danfl^livr^ et les diptj^ues de vos églises, de le fa[re nommer a la messe, et d'ordonner la mé^ chose aux évéques , vos confrères Nous"^

vive^'SToar ""r ^'»~Tdl Mve VOIX et par écrit aux princes erers

;; aux autres, principalement aux S

qui voudroient entreprendre quelque K

contre sa personne ou ses décret! Sachante^!

ZL"m'T'""'"**"' J""""* « ce que ?on pourroit tenter contre lui. Jl est vrai que nous

ne vouons pas être inflexible envers "eux

qui imploreront la miséricorde du saint-sfê "e

après une satisfaction raisonnable Lûr™

^n tcetr^'?"'™' ^' "^ justifier' e„^a"c^ san ce grand pape, qui est maintenant devant

ïvTn. .T'^""'"^""" "'? "^ reprendre de son vivant (1). Soyez donc vigilants et couraeeux sur ce point et instruisez tous leTévS d au de a les Alpes. Car si on rejette un nano ou ses décrets, aucun de vous nfp^ut comS! ter que ses ordonnances subsistent. Peu de temps après, c'est-à-dire le sixième de mai la même année huit cent soixante-huit knaDl Adrien écrivit de même à Adon, archevé^ de Vienne, qui lavoit exhorté à' ^SS

deTeX'dTAP.'^'*^^^^"'-- '' P'"SsS nro! M '• •^'.'/drien, comme les miens propres. Mais SI les circonstances des temps l'ont

o&'h' """■ "^ T'""^' "™ "« "^««empêche d en user autrement , selon la différence des occasions. "■ucicm.e

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