XI. Le pape permet à Lothaire de venir à Rome
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in iî.'.A. "^ SUIS soumis à lui, ajoutoit-il, ou plutôt au prince des apôtres au delà de tout ce quont fait mes prédécesseurs. J'ai SUIVI ses avis paternels et les exhortations de ses légats , au préjudice même de ma dignité Je n ai point cessé de le prier, que, suivantles lois divines et humaines, il me fut permis de
(1) Ep.3,5,c.8,Conc.p.939. (2) Tom. 8, p. 909,
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
me présenter à lui avec mes accusateurs-, mais il me l'a toujours refusé , et empêche de visiter le saint-siége, dont mes ancêtres ont été les protecteurs. Nous sommes bien aise que les Bulgares et les autres barbares soient invités à visiter les tombeaux des apôtres : mais nous sommes sensiblement affligé d'en être exclus. Ensuite il félicite le pape Adrien sur son élection, lui offre sa protection et son obéissance, témoigne un grand désir d'aller à Rome , et prie le pape de ne lui préférer aucun des rois, ses égaux. Il ajoute : Ne nous envoyez vos lettres que par notre ambassadeur , par le vôtre ou par celui de l'empereur Louis, notre frère ; parce que , faute de cette précaution , il est arrivé de grandes divisions en ces quartiers.
Le pape fit réponse par une lettre que nous n'avons plus , mais dont la substance étoit : Que le saint-siége est toujours prêt à recevoir une digne satisfaction , et n'a jamais refusé ce qui est déclaré juste par les lois divines et humaines (1). Qu'ainsi Lothaire pou voit hardiment se présenter, s'il se sentoit innocent des crimes dont on ie chargeoit ; et que , quand même il se reconnoitroit coupable , il ne devoit pas laisser de venir pour recevoir la pénitence convenable.
L'empereur Louis , apparemment sollicité par les ambassadeurs de Lolhaire , travailla puissamment à adoucir le pape Adrien à son égard. Depuis dix-huit mois , Louis, aidé par les troupes de Lothaire , faisoit avec avantage la guerre aux Sarrasins d'Afrique qui ravageoient la partie méridionale d Italie, et y tenoient plusieurs places (2). Dès l'année huit cent soixante-six , il avoit pris Capoue après un siège de trois mois. Il avoit battu les ennemis auprès de Lucéra dans la Fouille , et pris leur camp. Il prit Matera sur eux , et la brûla ; et il les tenoit assiégés dans Bari , où ils se défendirent quatre ans. Le pape, ne pouvant donc rien refuser à ce prince , lui accorda même l'absolution de Yaldrade, comme il paroît par plusieurs lettres dont furent chargés l'évêque Adventius et le chancelier Grimland, ambassadeurs de Lothaire.
1^ première est à Valdrade même , et le pape y parle ainsi (3) : Nous avons appris par le rapport de plusieurs personnes , et principalement de l'empereur Louis, que vous vous êtes repenti de votre péché et de votre opiniâtreté; c'est pourquoi nous vous délivrons de l'anathème et de l'excommunication , et vous remettons dans la société des fidèles, vous donnant permission d'entrer dans l'église, de prier, de manger et de parler avec les autres chrétiens. Soyez si bien sur vos gardes à favenir , que Dieu vous accorde dans le ciel l'absolution que vous recevez sur la terre ; car si vous usez de dissimulation, loin d'être délié, vous
[ AndeJ.-C.W8.
An de J.-C 808 J