‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 735 sur 2407 · XII. Lettre du pape en faveur d'Aclard · texte numérisé non relu

XII. Lettre du pape en faveur d'Aclard

Après les ambassadeurs du roi Lothaire , Actard, évêque de Nantes, fut aussi renvoyé de Rome avec plusieurs lettres en sa faveur (1). La première est adressée aux évêques qui avoient assisté au concile de Soissons et de Troyes, et le pape y parle ainsi d' Actard : Mais parce que, suivant votre rapport, ce vénérable prélat est depuis long-temps chassé de son église par la persécution des païens , et réduit à mener une vie errante, quoique sa science et sa vertu le pussent rendre très-utile à l'Eglise , nous ordonnons , suivant les maximes de nos prédécesseurs , et principalement de saint Grégoire , qu'il soit pourvu de quelque église qui se trouvera vacante , et qui ne soit pas moindre qu'étoit la sienne , si toutefois son église est tellement ruinée, qu'il n'y ait plus d'espérance de la rétablir. JVous lui avons même accordé le pallium en considération de ce qu'il a souffert pour la^ religion ; mais cet honneur sera attaché à sa personne et non à l'église , dont il doit être pourvu.

La seconde lettre est au roi Charles, pour réponse de la lettre qu'il avoit écrite au pape iNicolas après le concile de Troyes, touchant l'affaire d'Ebbon. Le pape Adrien déclare que cette affaire doit être désormais ensevelie dans le silence, puisqu'Ebbon n'a jamais été accusé 'l'aucune hérésie : et, puisqu'il est mort aussi hien que les év(k|ues qui avoient connoissance de son affaire , il est impossible d'en savoir exactement la vérité. Ensuite il recommande Actard au roi , comme il avoit fait aux évêques. La lettre est du vingt-troisième de février huit cent soixante-huit. Il y en a une à llérard, archevêque de Tours, qu'il prie de rendre à Actard le monastère qu'il a eu autrefois dans le diocèse de Tours, alin qu'il ait de quoi subsister, et marque qu'il a écrit à SalojBon et aux Bretons ses sujets pour conserver les droits de l'église de Tours (2).

Le pape écrivit aussi à l'archevêque Ilincmar en ces termes (3) : Quoique je vous con-

(1) Hadr. Ep. 7. lo.

(3) Ep. 8. Sup. n, 4, Ep. (3) Ep. 9.

noisse depuis long-temps par votre réputation, toutefois je suis bien mieux instruit de votre mérite par le rapport de nos vénérables frères Arsène, apocrisiaire du saint-siége, l'évêque Actard, et mon cher fils Anastase,' bibliothécaire, ce qui m'a donné autant d'affection pour vous que si je vous avois entretenu mille fois. Vous savez combien les papes Benoît et INicolas ont travaillé dans l'affaire du roi Lothaire : nous avons le même esprit, et nous suivons ce qu'ils ont décidé. C est pourquoi nous vous exhortons à ne point vous ralentir , mais parler hardiment de notre part aux rois et aux seigneurs, pour empêcher que l'on ne relève, par de mauvais artifices, ce qui a été détruit par l'autorité divine. Et comme notre cher fils Charles entre les rois, et vous entre les évêques, avez principalement concouru avec le saint-siége en cette bonne œuvre, nous vous prions de soutenir ce prince, et l'exhorter continuellement à achever le bien qu'il a commencé : il lui recommande ensuite les intérêts d' Actard pour lui faire obtenir une église, même métropolitaine. Avec cette lettre, Actard en rendit une à Hincmar, d'Anastase bibliothécaire, accompagnée de présents; et Hincmar lui en renvoya d'autres avec quelques-uns de ses ouvrages. Ce qui fait voir l'amitié qui étoit entre eux (1).

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