XIII. Tanslation de saint Maur
Le roi Charles avoit passé le commencement de cette année huit cent soixante - huit à Auxerre, où, de concert avec le roi Louis, son frère, il avoit assemblé des évêques au mois de février, pour examiner quelques questions touchant l'affaire du roi Lothaire. Le jour des cendres, troisième de mars, il étoit à Saint- Denis en France, où il demeuroit souvent depuis qu'il s'étoit approprié cette abbaye (2). Car l'abbé Louis, fils de Rotrude, fille de Charlemagne, étant mort au mois de janvier huit cent soixante -sept, le roi Charles, son cousin, retint cette abbaye pour lui , faisant gouverner l'intérieur par le prévôt, le doyen et le trésorier , et faire le service de guerre par le maire ou majordome. Pendant ce même carême de l'année huit cent soixante-huit, il fit apporter au monastère des Fossés les reliques de saint Maur, tirées de Glanfeuil, par la crainte des Normands.
Le monastère de Glanfeuil, fondé par saint Maur, vers le milieu du sixième siècle, subsista dans sa splendeur environ deux cents ans. Mais le roi Pépin l'ayant donné à un nommé Gaidulfe de Ra venue , celui-ci traita si mal les moines, que de plus de cent il les réduisit à quatorze; qu'il chassa encore, et mit à leur place cinq pauvres clercs pour faire l'office (3).
Cl) Flod. ni, Hist. c. 23. (3) Sup.liv.vni,n.l8.Acla (2) Ann. Berlin, an. 867 SS. Ben. lo. 6, p. 108. Boli. et 868; ibid. an 886. Sjanu- tom. i, p. 1053.
M'ii»
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[ An de J.-C. 868.
An de J.-C. 868. ]