XVI. Articles de disciplin
Dans le quatrième livre , Ratram traite des neuf autres reproches que les Grecs faisoient aux Latins (i). On auroit pu les passer sous silence , dit-il , puisqu'ils ne regardent point la foi , n'étoit le péril de scandaliser les foibles. Il ne s'agit ici que des coutumes des églises . qui ont toujours été différentes , et ne peuvent être uniformes. Dès le commencement, dans l'église de Jérusalem, les biens étoient en commun, mais on n'obligeoil pas les autres églises à l'imiter. Il rapporte ensuite le passage de Socrato, touchant les différents usages des églises (2).
Venant au détail , il commence par le jeûne du samedi , et soutient que la plupart des églises d'Occident ne l'observent pas , et que celle d'Alexandrie l'observe comme la romaine (3). Au fond, cette pratique est de soi indifférente , sur quoi il cite la lettre de saint Augustin à Casulan (4) , et ajoute que dans la Grande-Bretagne on jeùnoit tous les vendredis, et dans les monastères d'Ilibernie toute l'année, hors les dimanches et les fêtes. 11 est étonnant, dit-il, que les Grecs nous reprochent le jeûne du samedi, eux qui ne trouvent point mauvais que par tout l'Orient on jeûne le mercredi et le vendredi , quoique ces jeûnes ne soient point d'obligation à Constantinople.
Ils nous reprennent de ce que nous n'observons pas avant Pâques l'abstinence de chair pendant huit semaines , et pendant sept semaines l'abstinence des œufs et du fromage, comme si leur coutume étoit générale , au lieu que plusieurs nejeûnent que six semaines avant Pâques,
d'autres sept, d'autres huit, et quelques-uns jusqu'à neuf (5) . Et ceux qui en jeûnent sept ou huit ne se contentent pas , comme les Grecs , d'une simple abstinence dans le temps qui précède la sixième. Les Grecs sont bien au-dessous de ceux qui, pendant tout le carême, ne mangent rien de cuit , ou ne vivent que de pain , ou d'herbes sans pain, ou ne mangent qu'une fois ou deux la semaine. Tous conviennent que le jeûne pascal doit être de quarante jours ; mais les uns jeûnent six semaines entières, hors les dimanches, et quatre jours de la septième, comme l'église romaine et tout l'Occident: les autres ne jeûnent point les samedis , non plus que les dimanches ; d'autres retranchent aussi les jeudis , et remontent jusqu'à huit ou neuf semaines pour trouver les quarante jours. Tondre ou raser la barbe ou les cheveux sont pratiques indifférentes, qui ne méritent pas d'être relevées (6). Seulement Ratram observe la couronne cléricale , qui n'étoit qu'un tour de cheveux , comme nous voyons dans les flgures de ce temps-là. Le célibat des prêtres est plus important (7). Il y a , dit-il , cfe quoi s'étonner si les Grecs ne comprennent pas que
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