‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 748 sur 2407 · LIVRE CINQUANTE-UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUANTE-UNIÈME

(1) Ibid. p. 2, n. 8.

(2) Chr. Casaur. to. 5.

Spicil. p. 381.

(3) Épist. Hinc Rem. to.

8, Conc. p. 1660.

(4) An. Bert. 868.0pu$c.

Hincin.to.8,Conc.p.n3').

etc. Conc. Duz. part, a»

C 4* * (5) Episl. Hinc. p. 1766.

Cum not. Gellot.

Celsan , à l'insu du roi et de l'archevêque, avec une lettre où il se plaignoit de l'un et de l'autre, et de Normand ; et il disoit avoir fait vœu d'aller à Rome visiter les tombeaux des apôtres. Sur quoi le pape Adrien écrivit deux lettres conformes, l'une à l'archevêque de Reims, l'autre au roi Charles, par lesquelles il leur ordonne de favoriser le voyage de l'évêque de Laon , et prendre soin de son évêché en son absence, avec menace d'excommunication contre Normand , s'il ne restitue incessamment les terres usurpées sur l'église de Laon, et contre tous ceux qui toucheront aux biens de cette église pendant le voyage de l'évêque. Cette lettre fut rendue au roi Charles , à Quiercy-^ur-Oise, au mois de décembre huit cent soixante-huit, et il en fut fort irrité contre l'évêque de Laon, qui avoit envoyé à Rome à son insu , et l'avoit calomnié auprès du pape, comme usurpateur du bien de l'église (1).

Il fut encore plus aigri de ce que l'évêque , ayant eu plusieurs ordres de le venir trouver, s'étoit retiré à Laon sans son congé. C'est pourquoi , au commencement de Tannée suivante, ayant appris qu'il étoit convenu avec le roi Lothaire de s'aller établir dans son royaume, il manda aux vassaux de l'évêché de Laon de le venir trouver à Compiègne où il étoit. Quelques-uns y vinrent, lévêque en empêcha les autres (2). C'est pourquoi le roi envoya deux évêques de la même province, Odon de Beauvais et Guillebert de Châlons, pour lui ordonner de venir enGn le trouver. Il envoya en même temps des comtes avec des troupes , pour amener de gré ou de force les vassaux qui n'étoient pas venus à son ordre.

Quand l'évêque de Laon apprit qu'ils venoient, avant même qu'ils fussent arrivés , il assembla son clergé dans l'église de Notre- Dame, sa cathédrale , et les prêtres, tenant à leurs mains le bois de la croix et les Evangiles , il prononça excommunication et anathème contre tous ceux qui enlreroient de force dans ce saiit lieu et dans son diocèse, et contre tous leurs complices , ce qui comprenoit le roi même. Les deux évêques ne purent rien obtenir de lui, et, les ofûciers du roi étant arrivés, il se tint près de l'autel avec son elergé (3) , et les évêques qui se trouvèrent présents empêchèrent que les comtes ne le tirassent de l'église. Ils se contentèrent donc de faire renouveler aux vassaux de l'évêché le serment de Gdélilé qu'ils dévoient au roi, et retournèrent le trouver. Mais, sitôt qu'ils furent partis, l'évêque se flt prêter un nouveau serment par ses vassaux. Le roi, fort irrité, 'it indiquer un concile de tous les évêques de son royaume à Verberie, pour le vingt-quatrième d'avril de la même année huit cent soixante-neuf, indiction seconde , et fit appe-

^ (1) Hadr. Ep. 16, 17.

An. Bert. 868.

(2) Ibid.an.8W.Hincm.

Sched. c. 4, 10, 8, Conc. p.

(3; An. Bertin.

1er l'évêque de Laon. Vingt-neuf évêques y assistèrent , entre lesquels étoient huit métropolitains , et le roi s'y trouva en personne. L'archevêque de Reims y présidoit comme étant dans sa province , et l'évêque de Laon y comparut. Il y fut accusé ; et , se voyant pressé, il appela au pape, et demanda la permission d'aller à Rome, qui lui fut refusée; seulement on suspendit la procédure , et on ne passa pas outre (1). Mais quelque temps après , l'évêque de Laon, voyant qu'il n'étoit pas obéi par son clergé, l'excommunia tout entier, défendant de dire la messe par tout son diocèse, de baptiser les enfants, même en péril de mort, de donner à personne la pénitence ou le viatique, ni la sépulture aux morts. Le roi, pour arrêter ses emportements , le fit mettre en prison , en un lieu de son diocèse nommé alors Sylvac, mais il le mit peu après en liberté (2).

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