XXVII. IluiUémc concile général. Première session
Ensuite , le jour étant pris pour la tenue du concile, la première action ou session fut tenue le mercredi, cinquième jour d'octobre, la même année huit cent soixante-neuf, troisième du règne de Basile et seconde de son fils t^onstantin, l'indictiim troisième étant commencée (1). Le lieu de la séance fut le côté droit des galeries hautes de l'église de SaintejH)phie; et on y avoit exposé la vraie croix et le livre des évangiles. Les trois légats du pap(», Bonat et Etienne, évéques, et le diacre jMann, tenoientla première place. Ensuite éloit j,'nace, patriarche de Constantinople, puis les légats des pUriarches d'Orient, savoir, ihomas, métropolitain de Tyr, représentant le patriarche d'\iilioche, Elie, prêtre et syncelle, Lgal de Théodose, patriarche de Jérnsalem. Il n'y avoit personne pour le siège d Alexandrie Onze des principaux officiers de la cour éloient présents par ordre de Tem- Pf^reur.
Quand ils furent tous assemblés , les légals <"! les patriarches o. donnèrent que l'on fil entrer tous les évoques qui avoient soutTert persécution pour Ignace, llseatrèrent au nombre ae douze , savoir : cinq métropolitains, Mcé- Pnored'Amasée, Jean de Sylé, McrUis d'A- Inenes, INletrophane de SmVrne , IMiehcl de «diodes ; sept évéques, saveur : George d'Ilio- P<>lis, Pierre de Troade, Nicétas de Céphaluû'een Sicile, Anastase de Magnésie, i\icépnore de Crotone , Antcine d'Alise et Michel «l'Corcyre. Quand ils furent entres, les légats "ïrent : Qu ils prennent séance sehm leur
(t) Tom.8,Conc.p.g78.U78.V.Cang.C.P.llb.ui,n.38. Tome IIL
examiné les légats de Rome.
Bahanes reprit : JNous ne le disons jws pour diminuer l'honneur du saint-siège, mais parce que vos prédécesseurs, les légats KodoaJde et Zacharie , nous ont trompés en faisant autre chose que ce que portoit leur commission. Los légats du pape dirent : El bien , pour vous ôter toute défiance et vous assurer de notre sincérité, voilà les lettres que nous avons pour l'empereur et pour le patriarche, qu'on les lise (1). On commença parla lettre du pape Adrien à rcmpereûr Basile, qui fut lue en latin à haute voix , par le diacre Marin, l'un des légats, et traduite en grec par Dainien , clerc et interprète de 1 empereur. Après cette lecture, les évéques et les senateurs s'écrièrent : iiieu soit béni, nous sommes satisfaits de votre sainteté. Puis, les légats du pape et tout le concile demandèrent que l'on liit les pouvoirs des légals d'Orient Le prêtre Elie , légat de Jérusalem , dit : Quoique vous n'ignoriez pas qui nous sommes , nous ne laisserons pas de vous le dire. Le très-saint Thomas, métropolitain de Tyr occupe, comme vous le savez, le premier siège dépendant d'Anlioche, et , parce que le siège patriarcal est vacant , il repiésente le patriarche. C'est pourquoi il n'a pas dû apporter des lettres d'un autre, ayant auiorilé par lui-même : et parce qu'il a peine à parler grec, c'est à sa prière que je dis ceci. Pour moi , qui suis syncelle du siège de Jérusalem je suis venu ici par ordre de notre patriarche Théodose, ayant ses lettres en main. Vous les avez déjà entendues , mais à cause de ceux
qu'après avoir demeuré long-temps ici , nous avons pr sente requête à l'empereur, pour le prier de nous renvoyer chez nous. Il nous l'a accordé , mais il nous a ordonné de mettre auparavant par écrit notre sentiment sur les questions présentes, et ce que nous en aurions di quand les légats de Uoine seroicnt arrivés. Aous l'avons fait avec loute la sincérité possible. Dieu en est témoin, et nous allons vous
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(1) Sup. 1. j,n. 12.
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en faire la lecture. Mais il faut lire auparavant la leUre de noire patriarche. Ce qui fut fait par Eliennc , diacre et notaire de Té^dise doConslantinople (I).
EUe étoit adressée à Ij^nace , avec le titre de patriarche universel, et, après l'avoir félicilô sur son réiablissement , le patriarche Théodose ajou'oit : Vous savez ce qui nous a empêché de vous écrire ou de vous envoyer quelqu'un, savoir , la crainte de nous rendre suspect à ceux qui nous tiennent sous leur puiss;)nce. Car ils nous témoignent hea' coup de hienveillance, nous permettant de bâtir nos églises, et d'observer librement nos usages, sans nous faire d'injustice ni de violence. JNous avons même à présent reçu ordre de notre émir d'écrire ce qui nous a obligé d'envoyer le syncelle £lie , avec lequel l'émir a envoyé Thomas, archevêque de Tyr, comme vous l'avez demandé par vos lettres. Vous savez que le prétexte de les envoyer est la délivrance de quelques Sarrasinscaptifschez vous. C'est pourquoi nous vous prions de parlera l'empereur, notre maître, alin qu'il nous donne autant qu'il lui plaira de Sarrasins , aulrement nous avons su;el de craindre noire perte entière. Nous vous envoyons la tunique, le pallium et la mitre, qui sont les habits sacerdotaux de saint Jacques, avec un vase tiré de l'église du Saint-Sépulcre, et une coupe d argent ciselée par la vôtre. J'ai marqué que l'empereur Baile avoit obtenu du gouverneur de Syrie la permission de faire venir les légats d'Orient (i). Lî^s légats du pape témoignèrent être contents de celte lettre , puis le patrice Bahanes au nom de tout le concile , dit : (^)uc les légats , tant de Home que d Orient , avoieiil suffisamment juslilié leurs pouvoirs.
▲BdeJ.-C.8G9,5 0ct.