XLVII. Abjurations soustraites et rendues
Cependant quelques-uns des Grecs s'adressèrent secrètement au patriarche Ignace et à lempereur Basile, se plaignant que, par le mo^en des libelles que les légats avoient fait souscrire, suivant la formule apportée de Rome, on avoit mis l'église de Conslantinople
(1) Nota Anast. p. 1157.
(3) Thcoph. p. 275, D.
Sup. I. xxxvni, n i(\. Vita
Hadr. p. 801, C.
(i) P. 1102.Gr. 1380, p.
sous la puissimcc des Romains , et soutenant qu ils ne pou voient recouvrer leur liberté si on ne leur rendoit ces libelles (1). Ils ajouloient , que la clause insérée à la souscription des légals étoit un prétexte pour revenir contre le jugement du concile, et remettre les ch<»ses dans la confusion précédente. L'empereur , louché de ces remontrances , ordonna aux oITiciers , qu'il avoit chargés de prendre soin des légats, d'observer quand ils iroient avec leurs gens à quelqu'église pour entrer dans leur logis et emporter secrètement ces libelles. Les légats étant donc allés conférer avec le patriarche , ces ofliciers emportèn'nt en cachette une partie de ce grand nombre de libelles; mais ils ne purent tout prendre , parce que les légats, se défiant de ce qui arriva, avoient bien caché ceux des principaux évèques.
A leur retour , s'étant aperçus de cette supercherie, ils en furent extrêmement affligés, et allèrent trouver l'empereur Basile, avec les ambassadeurs de l'empereur Louis, Suppon et Anas ase. Les légats dirent à l'empereur : Aous n'oserions retournera Rome après avoir perdu res abjurations, et vous ne tirerez aucun fruit de ce que vous avez commencé pour le bien de l'Eglise. Les ambassadeurs de Louis ajoutèrent: 11 n'est pas digne d'un empereur de détruire ce qu'il a fait ; puisque ces libelles ont été donnés de votre consentement, si vous vous en repentez, déclarez-le ouvertement; mais si vous avez bien fait , comment souffrezvous la soustraction de ces libelles ? Si vous dites qu'on l'a fait à votre insu , on le croira quand vous les ferez rendre par les gens que vous avez donnés aux légats pour leur sûreté, et qui , par conséquent, sont responsables de ce qu'ils ont perdu. Après bien des sollicitations , les légals obtinrent enfin à grande peine la restitution des libelles ; mais elle fut entière, et iln'enmaiiquoitpasunseul. Ils les remirent aux ambassadeurs de l'empereur Louis, pour les apporter plus sûrement en Italie.
XL VIII. Conférence touchant les Bulgares.
Le concile étant fini on traita l'affaire des Bulgares dans une conférence particulière. Les évéques I ormose et Paul, que le pape Micolas avoit envoyés en Bulgarie, étant revenus à Rome, rapportèrent que cette nouvelle église étoit entièrement soumise à l'église romaine, et présentèrent au pape Pierre, envoyé du roi des Bulgares (2). Il lui rendit des présents et des lettres du roi, par lesquelles il le prioit instamment de sacrer archevêque le diacre Marin, dont il connoissoit le mérite, et le lui renvoyer, ou quelqu'un des cardinaux de son église , digne de la même place , afin
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qne,<ruand les Bulgares rauroicnt approuve et il sonmk .v^-. i .. '^^
du, .1 relournâl pour élre ordonné par le ^ror'To^Rn?^"'' '^'^ Pî^""^" '«""S ou des pape. l^*" i "''^•^''•.'^'' "^"'iJares répondirent Aous l'avons
Marin ayant été envoyé légat à Conslai.li- i deSr™^"?' " """sy avons trouvé fe lPiP« «"voya aux Bulgares un nom- l tl'^^I^r.^J:^':.^^'''^'^}^^^^- " est
nople, le pape envoya aux Bulgares un nomme .sylvestre pour être élu archevêque mL"s
(1) Vita Hadr. Nota Anasl. p. 01)0.
(%) Vita Hadr. siib fin
Sup. L, 11. 5i.
t!^nunT/^T^ promptement avec Léopard, evèquedAncône,et Dominique deTrévise demandant qu'on leur envoyAt un archevêque' ouFormose évéque de Porto. Le pape rél pondit quil leur donneroil pour archKe celui que le roi demanderoit. Mais ce prince
àTo^sî^H'''^^*^' ^^"^^^^-^ ' Constan'lirple ât occasion dune autre affaire, le même
fa con&ce'^'' ''"""^ ' '' '' '^' '^ -^^^ ^^ Donc, trois jours après que les actes du concileeurent élèmisaun.tel déposés àSaIn te Sophie, lempereur fit assembler les lèL^als du pape avec ceux d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem, et le patriarche Ignace, pour entendre les ambassadeurs du roi des Bulgares (i) &.' '^'^'^'. l'ambassade, parla ainsi ^* ?inc r ' P K^^ ^'' liuig^ros , sach..nt (,ue vous é es assembles pour lutililé de l'Eglii., en a b en de la joie , et vous rend grâce , à vous ; gats du sainl-siége , de ce qu'en passant vous I avez visite par lettres. Les légats du pape répondirent : Comme nous savons que vous êtes enfants de 1 église romaine , nous n'avons pas (lu manquer a vous saluer. Les Bulgares reprirent : Ayant nouvellement reçu la grâce du Christianisme , nous craignons de nous tromptT; cest pourquoi nous vous demandons, à vous qui représentez les patriarches, à quelle église nous devons être soumis. Les lé'^alsdu
Em?'"^ "^"^ '' ^'^'' ^ *'^*^*»^« '•«'«aine, à laquelle voire maître s'est soSmis, par votre bouche, avec tout son peuple. Il'a reçu du papelVicoIas des rè les de œnduite, des èvèques et des prêtres, que vous garde/ encore avec le respect convenable. Nous confessons , dirent les liulgares , que nous avons demande des prêtres a 1 eghse romaine , et que nous les avons encore, prétendant h^ur obéir en toutmais nous vous prions de décider avec ces légats des patriarches , lequel est le plus raisonnat)le, que nous soyons soumis à 1 église romaine ou à celle de Constanlinople. Les légats au pape répondirent : Nous avons fini les aflaires que le saini-sié;e nous avoit chargés de régler avec les Orientaux ; et nous n'avons aansnos pouvoirs rien qui vous regarde: nous n en pouvons rien décider au préjudice de l'église romaine ; au contraire, puisque votre pays est pleiii de nos prêtres , nous décidons autant qu'il est en nous , que vous ne devez an' parlenir qu à l'église romaine.
Les légats d'Orient dirent aux Bulgares- »^uand vous avez conquis ce pays , à qui étoit-
doncmanilc^te,dirent^;î^;;;V;^^;t,^
nonrie?;'' 1^^' J*"'*^'^'^'^'^» deConstàSri! nop e. Les légats du pape dirent : La diversité des langues ne confond pas l'ordre de 1 Eglise e sainl-srege , qui est latin , établit en plusieur^ lieux des evéques grecs, suivant le pays. Du moins, dirent les légats d'Orient , 4us ne pouvez mer que ce pays n'appartînt à l'empire des (xrecs. Les légats du pape répondirent : Nous ne le nions pas ; mais il s'agit ici du droit des sièges et non de la division des empires.
Les légats d Orient dirent : Nous voudrions
savoir comment vous dites que la Bulgarie
vous appartient. Les légats du pape rép^ndi-
reni : Vous pourrez apprendre par les déeré-
lales des papes que le saint-siege a gouverné
çM.l|erement 1 Epire vi.^lle et nouvelle , toute
la Ihessahe et la Dardanie, qui est le pavs
quon nomme aujourd'hui Buli^arie. Ainsi elle
na pas ote ce gouvernement à l'église de
.onslanlmople, comme on le suppose; mais
1 ayant i)erdu par l'irruption des Bulgares'
païens elle l'a reçu d eux maintenant qu ils
sont chrétiens (1). Secondement , les Bulgares
qui ont conquis ce pays et le gardent depuis
tant d années, se sont soumis volontairenient
a la prot(M lion et au gouvernement du sainl-
siege. Enfin , le pape INicolas y a (»nvoyé quel-
<iues-uns de nous, qui sommes ici , et les événues Pniil iWirvi.'.i:,..,» i a j V ^
Cl) Vita Had p. 892.
. - -..^ x,v. „„»^c, , ^jui suiiiiiiuï) ICI , ei los evêques Paul , Domini(iue , Léopard , Formule et trrimoald, qui y est encore avec plusieurs de nos prêlres, comme les Bulgares viennent d'avouer devant nous. Nous y avons consacré des églises, ordonné des prêlres, instruit plusieurs hdelesavec de grands travaux : ainsi rêojise romaine en étant en f>ossession depuis plus de trois ans, elle n'eu doit pas être dépouillée à 1 insu du pape.
Les légats d'Orient dirent : Duquel de ces droits voulez- v(jus mainlenantuser ? Les léonais du pape répondirent : Le saint-siège ne vous a point choisis pour juges de sa cause , vous qui êtes SCS intérieurs , lui seul a droit de juger loute 1 Eg ise ; c'est pourquoi nous réservons à son jugement cette aiîaire, dont il ne nous a point charges.Quant à votre avis , il le méprise aussi lacilement que vous le donnez lé«rérement. Les légats d'Orient dirent : II n'esî pas convenable que vous, qui avez quilîé l'empire des Grecs pour faire alliance avec les Franrs conserviez quelque juridiction dans l'empire de notre prince. C'est pourquoi nous jugeons quelepaysdes Bulgares, qui a été autrefois sous la puissance destirecs et a eu des prêtres grecs, doit revenir maintenant par le chrisiia^ nisme à l'église de Constanlinople, dont il s'étoit soustrait par le paganisme.
(1) Sup Iiv.xxiv,n.3î; I. xxvi, n.9a.
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[An de J.-C. 870.
AndeJ.-C. 870.]