XXXIII. Primatie de Tarchevôque de Sens
Alors le même Jean, premier des légats, lut les lettres du pape, entre autres une du second de janvier de celte année huit cent soixanteseize (1), par laquelle il établissoit Ansegise, archevêque de Sens, primat des Gaules et de Germanie, comme vicaire du pape en ces provinces, soit pour la convocation des conciles, soit pour les autres affaires ecclésiastiques, ordonnant qu'il nolifieroit aux évêijues les décrets du saint-siège, lui feroit le rapport de ce qui auroit été fait en exécution, et le consul teroit sur les causes majeures. Les évêques du concile demandèrent la permission de lire eux-mêmes la lettre qui leur étoi. adressée; mais l'empereur n'y consentit pas, voulant toutefois les obliger à y répondre. Ils dirent qu'ils obéiroient aux ordres du pape, sans préjudice des métropolitains, et suivant les canons et les décrets du saint-siège conformes aux canons. L'empereur et les légats pressèrent les archevêques de répondre absolument touchant la primauté d' Ansegise, mais ils n'en purent tirer d'autre réponse. Il n'y eut que l'archevêque Frotaire qui parla conformément à l'intention de l'empereur : ce que les autres regardèrent comme une flatterie pour faire autoriser sa translation ; car Frotaire avoit passé de Bordeaux à Poitiers, et prétendoit encore passer à Bourges (2).
L'empereur, irrité, dit que le pape lui avoit donné commission de le représenter en ce concile, et qu'il vouloit exécuter ses ordres. Il prit donc la lettre du pape fermée comme elle étoit, et avec les deux légats la donna à Ansegise. Il fit mettre un siège pliant avant tous les evêques de son royaume d'au-decà des Alpes, près de Jean de Toscanelle, qui étoit assis a sa droite, et ordonna à Ansegise de passer devant tous les évêques plus anciens que lui d'ordmation. et s'asseoir sur ce siège. Hmcmar de Reims s'y opposa, et protesta devant tout le concile, que cette entreprise étoit contraire au saints canons; mais Tempereur demeura ferme dans sa résolution, et n'accorda pas même aux évêques de prendre copie de cette lettre du pape. Nous avons un traité a liincmar adressé aux évêques, où il déduit aulong lescausesde son opposition à la primauté d Ansegise. Il met pour fondement les canons de Nicee , savoir, le sixième, qui confirme les anciens privilèges de toutes les églises, et le quatrième qui dit, que ce qui se fait en chaque province doit être autorisé par le métropoli- ^m II relevé la force des canons de Nicée, sieurs" ^^'"^•^nafe'cs de saint Léon et de plu-
papeavâm ' ^^^'.- ^' ^^ ^''^^ ^'t-il, que le Ks Svrnc*e\^,J^'''diction particulièr^e cer-
des viJSlires a?d Sll^^ 'f^ ^V' '^''lî "^"^ ^''iro poli tains. Il
(1) Joan. Ep. 313. ,