LIVRE CINQUANTE-DEUXIÈME
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nous été affligés d'apprendre qu'il est retourné sans rien faire. On répand le sang des chrétiens, celui qui évite le feu ou le glaive est emmené en captivité perpétuelle, les villes, les bourgades, les villages périssent, étant abandonnés de leurs habitants, les évéques sont dispersés, et n'ont plus pour refuge que Rome ; leurs maisons épiscopales sont les retraites des bêles sauvages , ils sont eux-mêmes vagabonds , et réduits à mendier , au lieu de prêcher. L'année passée , nous semâmes et ne recueillîmes rien; celle année, n'ayant point semé, nous n'avons pas même l'espérance de recueillir. Pourquoi parler des païens ? les chrétiens ne font pas mieux ; je veux dire quelques-uns de nos voisins , de ceux que vous appelez mar quis. Ils pillent les biens de saint Pierre à la ville et à la campagne, ils nous font mourir, non par le fer, mais par la faim ; ils n'emmènent pas en captivité , mais ils réduisent en servitude. Leur oppression est cause que nous ne trouvons personne pour combattre les ennemis ; vous êtes seul , après Dieu , notre refuge et notre consolation. C'est pourquoi nous vous supplions de tout notre cœur, avec les évéques , les prêtres , les nobles et le reste de notre peuple , tendez la main à cette ville accablée et à l'Eglise, votre mère, de qui vous tenez non-seulement le royaume, mais la foi, et qui , en dernier lieu , vous a élevé à l'empire, par préférence à votre frère, qui étoit un si grand prince. Le pape écrivit aussi à l'impératrice Richilde , afin qu'elle pressât ce secours (1).
Il y a une lettre à l'empereur, dont sans doute l'évêque Adalgaire étoit chargé en particulier. Le pape lui donna le pallium , comme saint Grégoire l'avoit donné à Syagrius, son prédécesseur, dans le siège d'Aulun, et témoigne avoir en lui une entière confiance. ]Mais il se plaint d'Ansegise, archevêque de Sens, comme étant d'intelligence avec les ennemis du saint-siège, particulièrement avec Lambert, duc de Spolelte (2).
XLL Concile de Rome.
Le concile tenu à Ravenne en huit cent soixante-quatorze n'avoit pas si bien terminé l'affaire de l'église de Torcelle, que Pierre, évéque de Grade et métropolitain de la Yénétie, ne fût encore inquiété par ses suffraganls; ce qui l'obligea de revenir à Rome implorer le secours du pape (3). Le pape résolut donc de tenir un concile , comme on voit par ses lettres à divers évéques. Il écrivit ainsi à Dominique, dontl'élection étoit contestée : Comme on disoit que vous vous étiez intrus dans l'église de Torcelle , nous vous avons déjà cité deux fois à Rome pour examiner la chose en présence de Pierre de Grade, votre métropolitain, et
(l)Ep. 26. XXVH, n. 10.
(2) Epist. 24. Sup. I. (3) Sup. 0, 21). Ep. 25.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[An de J.-C. 877.
AndeJ.-C.»77.]