‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 830 sur 2407 · XLIV. Mort de Charles le chauve. Louis le bègue roi · texte numérisé non relu

XLIV. Mort de Charles le chauve. Louis le bègue roi

L'empereur Charles , ayant appris que le pape venoit à Pavie , envoya , pour lui préparer ce qui lui éloit nécessaire, un de ses secrétaires et un comte, et deux autres personnes considérables. Il alla lui-même au devant avec tant de diligence, qu'il rencontra le pape a

. CD Ad. Berl. 877.

fi) Léo. Chr. Cass. cap.

40, p. 578. Ep. 86,38, 3y, 40, 41,50,51, 52,50.

(3) An. Bcrt. 877.

C4) Sup. l. XLV,n. 53.V.

Tilm. S. Corn. art. 17, lo.

(1) Ep 57, 53, 56, 55, (2) C. 12. Conc. Tr. C. 60; lom. 9, Conc. p. 300, 80. Sup. Uv. L\, n. 52. Can. l can. t. 15, 16, 17.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

Verceil (i). II le roriit avec jjrand honneur, et ils allèrent enseniWe jusqu'à Pavie, où ils apprirent que le roi Carh man venoil fondre sur eux avec une grande armée. Cet avis les obligea de se retirer à Tortone, où le pape couronna Richilde impératrice; et aussitôt elle

Î)rit la fuite vers la IMorienne avec le tiésor de empereur. Pour lui, il demeura quelque temps avec le pape, ai tendant les seigneurs de son royaume ; m.ais , sachant qu'ils ne viendroient point et que Carloman approehoit, il suivit son épouse, et le pape marcha vers Rome en diligence , avec un crucilix d'or, orné de pierreries, que l'empereur donnoit à saint Pierre. Carloman s'enfuit de son côté sur une fausse nouvelle, que l'empereur et le pape venoient sur lui avec quantité de troupes. Mais l'empereui fut en chemin saisi de la fièvre, et , ayant pris une poudre empoisonnée que lui donna le juif Sédèchias, son médecin, en qui il avoit une entière confiance, il mourut dans une cabane au lieu nommé Brios , au deçà du mont Cènis , le sixième jour d'o( tobre huit cent soixante-dix -sept, ayant régné trente-sept ans depuis la mort de son père , et près de deux ans comme empereur, et vécu cinquante-quatre ans. Quoique l'on eût embaumé son corps, l'odeur insupportable obligea de l'enterrer d'abord au monastère de Nantua , au diocèse de Lyon, d'où ses os furent, quelques anntM'S après , transportés à .^aint-Denis en France. 11 est loué, entre autres choses, d'avoir procure par son autorité et par ses bienfaits le rétablissement des lettres, que Charlemagne, son aïeul, avoit commencé, attirant des savants de tous côtés, entre autres d'Hibernie , et entretenant une école dans son palais (2).

De sa première femme, Ermentrude, il laissa Louis, âgé de près de trente-quatre ans, qui lui succéda au royaume de France, et est connu sous le nom de Louis le bègue. 11 fut sacré à Compiègne le huitième de décembre, la même année huit cent soixanle-dix-sept, par les mains de l'archevêque Hincmar, et nous avons encore les prières qu'il prononça en cette cérémonie , avec les promesses réciproques que firent, le roi d'une part, les évéques et les seigneurs de l'autre. Ensuite le roi manda à l'archevêque Hincmar, comme au plus vieux et plus habile de son royaume, de le venir trouver, et lui donner ses conseils pour le bien de 1 Eglise et de l'état; mais Hincmar s'excusa sur son grand âge et ses infirmités, disant qu'il iroit inutilement avant l'assemblée générale des seigneurs , et cependant il lui envoya son avis par écrit (3).

Hugues , fils du roi Lothaire et de Valdrade, avoit assemblé des troupes et faisoit de grands ravages, prétendant de recouvrer le royaume

(1) An. Bert. 877.

(2) An. Fuld. 877. An.

Met. 877. Heric. Auliss.

Prfff. inVil. S. Germ.,

(3) An Bert. 877. Hinc.

to. 1, p. 747, to. 2, p. 271,

fAnde J.-C. 877.

de son père. Hincmar écrivit à ce prince par ordre de Louis le bègue, et lui dit en substance (1) : J'ai eu l'amitié du roi votre père et de l'empereur votre aïeul , et celle que je vous porte m'oblige à vous i eprésenter que les pillages et les autres crimes qui se commettent sous votre aveu retombent sur vous, et vous exposent aux peines éternelles. On s'en est plaint à un concile tenu en JVeustrie , et ce concile m'a ordonné de vous en écrire, et de vous avertir d'éloigner de vous ces méchants et de vous désister de vos prétentions sur ce royaume. Si vous n'y avez égard , j assemblerai les évéques de ma province et des provinces voisines, et nous vous excommunierons, vous et vos complices ; puis nous dénoncerons l'excommunication au pape et à tous les évéques et les princes des royaumes circonvoisins. Faites donc réflexion, mon fils, en quel péril vous êtes ; ne croyez point ceux qui vous flattent de l'espérance de régner ; considérez de quoi a servi à vos oncles d avoir méprisé la loi de Dieu pour conquérir des royaumes, et que votre père , après bien des travaux , a perdu et le royaume et la vie Le roi m'a promis de vous combler d'honneurs et de biens si vous n'y mettez obstacle. J'attends de vous une réponse certaine et sincère.

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