XLIX. Violences de Lambert à Rome
Le pape parloit sans doute de la violence exercée par Lambert, duc de Spolette. Ce seigneur avoit été envoyé en Itahe par l'empereur Charles , pour mener du secours à Rome contre les Sarrasins ; et le pape le regardoit comme entièrement uni à lui (3). Mais dès le mois d octobre de 1 année précédente huit cent soixante-dix -sept, Lambert ayant demandé des seigneurs romains en otage de la part de 1 empereur, et le pape l'ayant déclaré en pleine assemblée , la proposition fut rejetée avec indignation. Le pape écrivit donc à Lambert : Il n'est point à propos que vous veniez à Rome jusqu'à ce que ce trouble soit apaisé Et dans une autre lettre : La persécution que nous souffrons depuis deux ans de la part des païens et de plusieurs autres, nous oblige à aller en France trouver le roi Carloman. On nommoit France tout l'empire françois , tant en Germanie qu'en Gaule. C'est pourquoi , ajoute le pape, je vous avertis de n'exercer cej>endant aucun acte d'hostilité dans tout le territoire de saint Pierre, sous peine d'être séparé de la communion du saint-siège. Et encore : Nous avons appris que vous voulez donner du secours à nos ennemis (c'étoient l'évêque FDrmose et Grégoire, maître de la milice) , et que vous les voulez ramener à Rome et rétablir dans leurs biens. C'est pourquoi nous vous prions , comme ami , et par la confiance que nous avons en vous , de ne point venir à présent à Rome , où nous ne pouvons vous recevoir avec l'honneur convenable. Les évêques Gauderic et Zacharie , que nous vous envoyons , vous en diront davantage. Quant au marquis Adalbert, soyez assuré que s'il
(1) Episl. 79. 14; liv. Li, n. 54. Ep. 81.
(2) Ep. 70. Sup. 1. L, n. (3) Ghr. Casf.