‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 835 sur 2407 · Ep · texte numérisé non relu

Ep

il Tri

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[Aude J.-C. 87S.

de lui (1). Dans la première, le pape nomme Lambert membre de l'anlechrisl, et l'accuse d'avoir envoyé à Tarente pour traiter avec les Sarrasins et en recevoir des troupes. Il prie Louis le bègue d'envoyer les trois autres lettres aux rois ses cousins, et lui déclare qu'il le fait son conseiller, comme étoit l'empereur son père, lui donnant pouvoir d'assembler des conciles. Il le renvoie à un écrit ou manifeste, dans lequel il avoit expliqué plus au long toutes ses plaintes. Le pape arriva à Arles le jour de la Pentecôte, onzième de mai huit cent soixante-dix-huit, et il y fut reçu avec beaucoup d'ami lié par le prince Boson et Hermengarde , son épouse , fille de l'empereur Louis. Le pape en témoigna sa reconnoissance à l'impératrice Angelberge, mère de cette princesse, ajoutant qu'il désiroit élever son gendre Boson à de plus grands honneurs , c'est-à-dire le couronner roi , comme il le fut l'année suivante. A la prière de ce prince, à qui il ne pouvoit rien refuser, il accorda à Rostaing, archevêque d'Arles, non seulement le pallium, mais la qualité de vicaire apostolique dans les Gaules; en sorte que les éyéques ne pourroient s'éloigner sans sa permission ; qu'il assembleroit les conciles et décideroit au moins avec douze évéques les questions de foi ou autres importantes, et renverroit au pape les plus difficiles ; qu il empécheroit les métropolitains de faire des ordinations avant que d'avoir reçu de Rome le pallium (•>).

Le comte Boson conduisit le pape jusqu'à Lyon , d'où le pape envoya prier le roi Louis le bègue , qui étoit à Tours, de le venir trouver au lieu qui l i seroit le plus commode. Le roi lui envoya des évéques pour le prier d'aller jusqu'à Troyes, où se devoit tenir le concile, et le lit défrayer par les évéques de son royaume. Le pape étant à Chàlons-sur- Saône, on lui déroba la nuit des chevaux, et dans le monastère de Flavigni, les gens d un prêtre qui le servoit dérobèrent une écuelle d'argent (3). Il publia une excommunication contre les auteurs de ces sacrilèges et leurs complices. Pendantle chemin, il écrivit à douze archevêques, pour amener leurs suffragants au concile, savoir : Rostaing d'Arles, Ostram de Vienne, Aurélien de Lyon, Robert d'Aix , Teutram de Tarantaise , Sigibod de Narbonne, Aribert d'Embrun, Hincmar de Reims, Ansegise de Sens, Frotaire de Bourges, Jean de Rouen, et Actard de Tours. Il écrivit en particulier à Hincmar , comme étant bien informé de son mérite, et désirant ardemment de le voir. Il appela aussi au concile trois archevêques d'Allemagne, avec leurs su fTra gants, savoir : Luitbert de Mayence, Guillebert de Cologne et Bertulfe de Trêves, les priant

(1) Ep. 89.

^ (2) Ep. 87, 88, 89, 90.

Ann. Berlin. Ep. 92, 93,

(3) Ep. 97, 98, 99.

d'exhorter le roi Louis de Germanie et les rois ses frères à s'y trouver. C'étoit apparemment ce qui avoit fait choisir la ville de Troyes, aOn que les princes et les prélats d'au delà du Rhin pussent y venir plus aisément.

Ll. Concile de Troyes.

Ils n'y vinrent pas toutefois , non plus que leurs rois, que le pape en avoit pressi's instamment; et en ce concile, convoqué avec tant d'appareil, nous ne voyons en tout que trente évéques, savoir : le pape Jean et trois évéques italiens , qui l'avoient acconipagné , Yalbert de Porto, Pierre de Fossembrune, et Pascase d'Amerie (1). Puis huit archevêques, de Reims, de Sens, de Lyon, de JNarbonne, d'Arles, de Tours, de Besançon, de Vienne; enfln dix-huit évéques, d(mt les plus connus sont : Isaac de Langres, Agilmar de Clermont, Otlulf de Troyes, Guillebert de Chartres, Ingelvin de Paris , Hédenulfe d(^ Laon. La première session du concile se tint dans l'église de Saint-Pierre, cathédrale de Troyes, le onzième jour d'août huit cent soixante-dix-huit, avant que tous les évtkiues fussent arrivés. Le pape y lit lire un discours préparé pour une plus grande assemblée, car il s'adresse à tous les princes et à tous les prélats de la terre (-2). Il les exhorte à prendre part à sa douleur, et compatir à l'injure que l'église romaine a souiTerte de Lambert et de ses complices. JNous les avons exconununiés, dit-il, dans léglise de Saint-Pierre, avec nos confrères les évéques d Italie; et nous en avons fait afficher le décret dans la même église, pour être lu de tous ceux qui y entrent ou qui en sortent. Excommuniez-les donc aussi, mes frères, et les analhèmatisez avec moi. Les évéques demandèrent terme jusqu'à l'arrivée de leurs confrères.

A la seconde session , le pape dit aux évoques nouveaux venu : Nos autres confrères ont déjà entendu les besoins de 1 église romaine, je veux que vous les entendiez aussi. Et comme on lisoit les violences que Lambert a voit] exercées a Rome, le concile interrompit, en disant : Selon la loi du inonde il doit mourir, et il doit être frappé d'un anathème perpétuel. Ensuite le concile demanda du temps pour répondre par écrit à la proposition du pape. Cependant le pape ordonna que son excommunication seroit envoyée par tous les métropolitains à leurs suffragants, pour être publiée dans toutes les églises. L'archevêque Hincmar dit : Suivant les saints camms, je condamne ceux que condamne le saint-siège, je reçois ceux qu'il reçoit, et je tiens ce qu'il tient, conformément à l'Ecriture et aux canons. Aurélien, archevêque de Lyon, et les autres évéques en dirent autant (.')).

(1) Ep. 117, UUi lo. 9, (2) P. 307, 309. Conc. p. 313. (3) Pag. 308.

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