LIVRE CINQUANTE-TROISIEME
(1) Bevercg.pag. 275, c.
^3) Ep. 199. Sup. n. 7.
Bevereg. p. 17. A. lo. 8, Conc.p. U61,lo. 9,p. 135.
dre du pape, afin que Photius demandât pardon en plein concile, et l'absolution qu'il lui donnoit ; et on ajoute plusieurs discours à sa louange. Enfin, cette lettre n'est pas tant traduite que refaite au gré de Photius, mais apparemment de concert avec les légats, qui en entendirent la lecture sans s'en plaindre.
Après qu'elle eut été lue (1), Procope de Césarée témoigna qu'il en étoit content; Elie , légat de Jérusalem, en dit de même; et Procope reprit : Le peu de schismatiques qui restent ne sont retenus que par les souscriptions qu'ils ont données. Le cardinal Pierre dit, s'adressant à tout le concile : Recevez-vous la lettre du pape? Le concile dit : Nous recevons tout ce qui regarde l'union avec Pholius , et l'intérêt de l'Eglise , mais non pas ce qui regarde l'empereur et ses provinces. C'est-à-dire, comme la suite fait voir, qu ils rejettent la prétention du pape sur la Bulgarie.
Ensuite Pierre, diacre et protonotaire de Constantinople , lut la lettre du pape à Photius, traduite en grec, et altérée comme la précédente (2). On y supprime ce que le papedisoit, que Pholius devoit le consulter avant que de rentrer dans le siège de Constantinople, quoique vacant, et la condition qu'il lui imposoit de demander pardon en plein concile. On fait seulement dire au pape , dans cette lettre , qu'il casse et rejette le concile tenu contre Photius, comme n'ayant point été souscrit par le pape Adrien ; et on retranche ce qui regarde la restitution de la Bulgarie.
Celte lettre ayant été lue, le cardinal Pierre demanda à Photius s'il en étoit content (3). 11 répondit qu'oui ; puis il ajouta , au sujet des exilés, dont le pape l'exhorloilà demander le rappel : L'empereur n'en a exilé que deux , encore n'est-ce pas pour des causes ecclésiastiques; toutefois, nous le prions de les rappeler. Le cardinal Pierre dit : Notre instruction porte de demander la juridiction sur la Bulgarie. Pholius répondit : INous avons toujours aimé la paix. JNous n'avons point envoyé de pallium en Bulgarie, et n'y avcms point fait d'ordination depuis notre rétablissement , dont voici la troisième année. Apparemment il se comptoit pour rétabli , même avant la mort d'Ignace , depuis que l'empereur f avoit rappelé de son exil. 11 ajouta des discours généraux qui n'éloient que des compliments, et ne fengageoient à rien. Procope de Césarée dit : Nous espérons que Dieu soumettra à l'empereur toutes les nations du monde : alors il réglera , comme il lui plaira , les limites des métropoles. Le concile répéla le même discours.
Le cardinal Pierre dit : Le pape demande comment le patriarche Photius est rentré dans son trône, car il ne croyait pas qu'il dût le faire avant notre arrivée. Elie, légat de Jérusalem , dit : Il a toujours été reconnu pour
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(«) To. 8, Conc. lo. 9", (3) MS.
patriarche par les trois patriarches d'Orient , et presque par tous les évêques et le clergé de Constantinople ; qui f ( nipêchoit donc de remonler sur son trône? Le concile dit : Il est rentré du consentement des trois patriarches , à la prière de l'empereur, ou plutôt en cédant à la violence qu'il lui a faite, et à la supplication de toute l'église de Constantinople. Quoi , dit le cadinal Pierre , n'y a-t-il point eu de violence de la part de Photius? IN'ena-t-il point usé tyranniquement? Au contraire, dit le concile , tout s'est passé avec douceur et tranquillité. Dieu soit béni ! reprit le cardinal Pierre.