XIV. Apologie de Photius
Alors Photius dit : Je vous le dis, devant Dieu , je n'ai jamais désiré ce siège ; la plupart de ceux qui sont ici le savent bien La première fois, j'y montai malgré moi, répandant beaucoup de larmes , après m'en être longtemps défendu, et par une violence inévitable de l empereur, qui régnoit alors, mais du consentement des évêques et du clergé, quiavoient donné leurs souscriptions à mon insu. On me donna des gardes. Ici le concile f interrompit pour dire : Nous le savons tous, ou par nousmêmes, ou pour l'avoir appris de ceux qui en furent témoins. Pholius continua ; Dieu a permis que je fusse chassé. Je ne me suis point efforcé de rentrer, je n'ai point excité de séditions. Je suis demeuré en repos , remerciant Dieu , et soumis à ses jugements , sans importuner les oreilles de l'empereur, sans désir ni espérance d'être rétabli. Dieu, qui opère les miracles , a touché le cœur de l'empereur, non à cause de moi , mais à cause de son peuple ; il m'a rappelé démon exil. Mais tant qu'Ignace, d'heureuse mémoire, a vécu, je n'ai pu me résoudre à reprendre mon siège , nonobstant les exhortations et les violences que plusieurs me faisoient pour ce sujel, et , ce qui me louchoit le plus, nonobstant fexil et la persécution que souffroienl nos confrères. Le concile dit : C'est la vérilé. Photius continua : Au contraire , j'ai voulu affermir la paix avec Ignace en toutes manières; nous nous vîmes dans le palais, nous nous jetâmes aux pieds f un de l'autre , et nous nous pardonnâmes mutuellement.
Étant tombé malade , il m'appela ; je le visitai plusieurs fois, et lui donnai toutes les consolations dont je fus capable. 11 me recommanda les personnes qui lui étoient le plus chères , et j'en ai pris soin. Après sa mort, f empereur me sonda premièrement en secret, puis me communiqua son dessein publiquement par ses palrices, me représentant le désir du clergé, et le consentement des évêques , que je n'aurois plus de prétexte de m'y opposer. Enfin, il me fit l'honneur de me venir trouver luimême. J'ai cédé à un changement si miraculeux , pour ne pas résister à Dieu. Le concile dit: Il est ainsi.
HJSTOIRE DU CHRISTIANISME. [ Ande J-C 879, n Nov.
An de J.-C 879, 19 NoY] . LIVRE CINQUANTE-TROISIÈME.
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Le cardinal Pierre dit (1) : Vous savez que l'église romaine a rétabli Flavitm do Conslantinople, Jean Chrysostome, Cyrille de Jérusalem et Polycrhonius, chassés de leurs sièges; et saint Grégoire le dialogue, après avoir persécuté l'évéque de Dalrnatie sur une calomnie, le remit dans son siège. Pierre veut parler apparemment de l'affaire de saint Grégoire avec Maxime de Salone. H conlinue : Le pape Nicolas ayant déposé Zacharie, le pape Adrien lui rendit son siège , et le pape d'à présent l'a fait bibliothécaire. Il n'est donc pas inférieur au pape Adrien ou au pape Nicolas , pour user de dispense, quand elle est utile à l'Eglise. Il ajouta plusieurs protestations publiques delamilié du pape envers Pholius; et le concile y joignit ses acclamations (2).