‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 851 sur 2407 · XV. Lettres des Orientaux · texte numérisé non relu

XV. Lettres des Orientaux

Les légats du pape demandèrent la lecture des lettres des patriarches d'Orient, le concile l'accorda, et on lut premièrement celle de Michel, patriarche d'Alexandrie, à l'empereur, apportée par le prêtre Côme. Elle contient de grandes louanges de 1 empereur, et fait aussi l'éloge de Côme, que l'empereur avoit envoyé à Alexandrie, et que le patriarche Michel lui avoit renvoyé. Au contraire, celte lettre porte de terribles malédictions contre Joseph, qui avoit assisté au concile de l'an huit cent soixante-dix, et elle en parle ainsi : Il s'est dit faussement archidiacre de Michel, patriarche d'Alexandrie, qui l'a analhèmatisé. Cétoi lie prédécesseur de celui qui écrivit celte lettre-, car il y en eut deux de suite , de même nom. La lettre ajoute : H en est de même de l'impie Elie, qui s est dit syncelle de Sergius , patriarchede Jérusalem, etqui, étant retourné, est mort lépreux (3). Le patriarche Michel donne ensuite de grandes louanges à Pholius, et dit : Quiconque ne communique pas avec lui , et ne le reçoit pas pour patriarche trés-légilime, son partage soit avec les déicides. Enfin, il prie l'empereur, s'il lui envoie quelque bénédiction , c'est-à-dire quelque aumône, de l'envoyer par le prêtre Côme. Après cette lecture, leconciledit : Nous savions bien que les sié^^es d'Orient n'avoient jamais été séparés de la communion de Photius , et le concile déclara qu'il recevoit la lettre.

On lut ensuite celle du même patriarche d'Alexandrie à Photius. Il sétendoil sur ses louanges et sur celles de l'empereur, et disoit à Pholius : Ayant appris de Michel, notre prédécesseur, quel éloit votre mérite, nous vous recevons et vous reconnaissons publiquement et à haute voix patriarche légitime de Constantinople, avec nos métropolitains les plus voisins, assemblés en concile, autant que l'a permis notre misérable état , savoir : Zacharie

] deTamianthieou Thamiale, Jacques de Babylone , Etienne de Thèbes , Thé^opile de Bare, qui peut êlreBarca , avec plusieurs autres èvêques. Nous embrassons votre communion, et disons anathème à quiconque ne lembrasse pas , et nous avons mis votre nom pour toujours dans les sacrés diptyques. Quant à Elie et Joseph, qui (mt fait éclater leur rage contre vous, ils sont morts dans leur péché, sans en avoir demandé pardon; Thomas, évêciue de BiTyte, qui ètoit le troisième, a reconnu sa faute, comme vous verrez par sa rétractation. Aussi lui avons-nous pardonné, et nous vous prions d en user de même. Nous avons reçu vos présents, et si vous nous envoyez quelque bénédiction, ce sera, s il vous plail, par le prêtre Côme. En celte lettre ètoit insères la rétractation de Thomas de Beryte, où il demandoit pardon d'avoir agi contre Pholius au concile, l'an huit c nt si)ixanteneuf, et disoit avoir été séduit par Elie et Joseph Cette lettre du patriarche d Alexandrie fut approuvée du concile comme la précédente. Quant à la rétractation de Thomas, les légats du pape s en rapportèrent au concile , qui renvoya l'affaire à Photius, comme étant la partie intéressée, et Photius lui pardonna.

Ensuite, on lut la lettre de Théodose, patriarche de Jérusalem, à Photius, qui éloit aussi synodale, et avait été apportée par André, prêtre et moine, et Elie, prêtre et stylile , frères. Elle contenoit en substance les mêmes choses que celle du patriarche d'Alexandrie , tendant à reconnoitre Photius pour patriarche légitime de Constanlinople. On lut une lettre semblable, adressée à Pholius, par le patriarche d'Antioche, nommé Théodose , comme celui de Jérusalem. Il dit avoir reçu , par l'abbé Côme, la bonne nouvelle du rétablissement de Pholius, et ajoute : Nous avons souffert une grande vexation de la part d'Ebintaéloum, et il nous en a coiilè beaucoup. Le mèlrc^politain Thomas ètoit venu de Tyr nous en consoler. 11 nous a demandé pardon , aussi bien qu'à Michel, patriarche d'Alexandrie , et nous vous prions aussi de lui |)ardonner. C'est que Thomas avoit été transféré de l'évêché de Beryte à l'archevêché de Tyr. Celui qui est ici nommé Ebintaèloum, doit être Ahmed, fils de Touloun , qui commandoit alors en Egypte et en Syrie. On lut encore une lettre d'Abraham, métropolitain d'Amide et de Samosate en Arménie, à Pholius (1). Il le fèlicitoit sur son rétablissement, et ajoutoil : J'ai reçu, par l'abbé Côme, des lettres de

(1) Beyereg. p. 79, D.

Sup. 1. XXVI, n. 8.

(i) MS.

(3) Sup. I. XXF, n. 4.

notre père Théodose , piitriarche d'Antioche, et de l'abbé Michel, piipe d'Alrxamlrie. Elles parloient de Thomas, archevêque de Tyr, d Elie et de Joseph. Ce dernier s'est attribué un rang qu il n'avoit pas; mais Dieu lui a rendu ce qu'il mèritoit , aussi bien qu'à Elie. Quant à l'archevêque de Tyr, il a confessé sa

(1) Sup. liv. u, n. 3.

faute devant les patriarches. Abraham déclare ensuite qu'il reçoit Photius, et prononce de grandes malédictions contre quiconque ne le reç(»it pas. Il lui donne avis que le patriarche de Jérusalem est mort, et que l'abbé Éliede Damas lui a succédé. Le mort ètoit Théodose, dont la lettre venoit d'être lue ; et ce fut apparemment ce qui donna à Abraham occasion d'écrire. Après cette lecture, le concile rendit grâces à Dieu , et finit la session par les acclamations ordinaires.

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