XVII. Quatrième session
La quatrième fut tenue le jeudi vingt-quatrième de décembre, veille de Noël, dans la grande salle secrète, où avoit été tenue la première session. Pierre, diacre et protonotaire, dit : Le métropolitain de Martyropolis vient d'arriver de la part du patriarche d'Antioche, dont il est légat ; il apporte aussi des lettres du patriarche de Jérusalem , et il est à la porte. On le fit entrer. Il se nommoit Basile (2), et dit qu'il apportoit des lettres de Théodose, patriarche d'Antioche, et d'Elie, nouveau patriarche de Jérusalem, ajoutant que ni l'un ni l'autre n'a voit jamais eu part à ce qui s'étoit fait contre Photius. On lut la lettre du patriarche d'Antioche à Photius, qui contenoit en substance les mêmes choses que les précédentes, entre autres la condamnation de Tho-
HISTOIRE DU CIllUSTIANISMt. lAn de J -C S7y, 24 Dec.
mas de Béryte et d'Elie, qui sont traités de faux légats. Après que le concile eut donné sou approbation à cette lettre, on lut < «Ile du nouveau patriarche de Jérusalem à Photius, dont la substance étoit encore la même, et elle fut de même approuvée par le concile , qui ajouta : Nous savions bien que les sièges d'Orient avoient toujours reconnu Photius. Elie, légat de Jérusalem, dit : Ce consentement vient du ciel. Les Sarrasins mêmes ont envoyé à Photius, les uns pour demander l'instruction, les autres pour demander le baptême , et se soumettre à l'empereur.
Le cardinal Pierre dit : Deux palrices, qui s'éloient séparés de Photius, sont revenus aujourd'hui, demandant pardon, et disant qu'ils atlendoient notre retour, et vouloienl suivre l'autorité de l'église romaine. Le concile dit : Nous les connoissons et nous les avons reçus ( 1 ) . Ils nalléguoient autre raison, comme nous ravonsapprisd'eux-mêmes,sinonqu'ilsavoient donné leurs souscriptions, étant séduits par les faux légats et par quelques autres pKPrsonnes. Pour toute autre cause, disoient-ils, nous nous serions contentés de l'absolution du patriarche; mais la souscription étant contre lui-même, nous attendions l'absolution d'un autre siège. Nous ne sommes coupables d'autre chose. Puis donc que vous nous avez donné l'absolution, nous la recevons avec toute la joie possible, et nous rejetons ceux qui ne la reçoivent pas. C'est pourquoi , ajoute le concile, nous les avons reçus comme nos enfants et nos propres membres.