XVIII. Articles de la réunion
Les légats du pape demandèrent ensuite si le concile étoit d accord de tous les articles contenus dans la lettre du pape à l'empereur, et ils en marquent cinq. Le premier louchant la Bulgarie. Sur quoi le concile répondit {2) : Nous vous avons déjà dit, et nous le répétons, il ne s'agit point ici de régler des limites; celte question demande un temps convenable. Toutefois, nous nous joindrons à vous pour en prier l'empereur; et suivant que Dieu le conduira et qu'il agira lui-même, sans préjudice des canons, nous en serons contents et l'approuverons. Le second article étoit sur l'ordination des laïques (3). Sur quoi Basile, métropolitain de Martyropolis et légat d'Antioche, Elie, légat de Jérusalem, et Côme, légat d'Alexandrie, dirent : Cela n'est point contraire aux lois de T Eglise. A Alexandrie , à Antioche et à Jérusalem , en quelque rang , soit du peuple , soit du clergé , que l'on trouve un homme distingué par sa vertu , on ne fait point de difficulté de l'élever à l'épiscopal. Car ce n'est pas seulement pour les clercs que Jésus^Christ est descendu en terre, et ils ne sont pas les
AndeJ.-C.S80,îôJanv.] LIVRE CINQUANTE-TROISIÈME
(1) Jerem. i, 7.
(2) Bevereg. p. 282, F; 293. MS.
(1) Bevereg. p. 283 , B. (3) P 239.
(2) MS. Allât, p. 238
seuls à qui il a préparé les récompenses de la V( rtu : c'est à tous les chrétiens. Si cette règle étoit approuvée et reçue , ce seroit la désolation et la perle de toutes les chaires épiscopales Car la plupart des évêques, qui ont brillé parmi nous, ont été tirés d'entre les laïques. Nous ne pouvons consentir à ce rè„4ement, pour ne pas condamner nos prélats. Le concile dit : Chaque siège a ses anciennes coutumes, et il ne faut point en disputer les uns contre les autres. L'église romaine garde ses coutumes, et elle a raison; mais l'église de Constantinople garde aussi quelques anciens usages, qui lui sont propres; de même les sièges d'Orient. Si donc l'église romaine n a jamais admis de laïques à l'épiscopat, qu'elle continue de l'observer ; car il est raisonnable de ne pas outre-passer les bornes des pères. Mais puisque ni les Orientaux ni l'église de Constantinople ne l'ont point observé, encore que nous souhaitions de trouver toujours dans le clergé des hommes dignes de l'épiscopat; toutefois, s'il ne s'y en trouve point, et qu'il s'en trouve entre les laïques, on ne doit pas laisser les plus dignes pour choisir ceux qui le sont moins.
Le troisième article étoit, de ne point îirer d'une autre église le patriarche de Constantinople (1 ) , mais de le prendre entre les prêtres et les diacres cardinaux de la même église. Sur quoi le concile dit : Cet article est compris dans le précédent, et plùl à Dieu que l'cglise de Constantinople fut assez heureuse pour avoir toujours les prêtres et les diacres les plus accomplis de tout l'empire romain, afin qu'on ne tinU que d entre eux celui qui doit monter sur le premier siège ; mais >i le temps n'en fournil pas de tel , il faut le choisir dans toute l'Eglise.
Le quatrième article étoit la condamnation des conciles tenus contre Photius, sous le pape Adrien , à Rome et à CiOnstantinople. Sur quoi Basile, légat d'Antioche, dit (2) : 11 y a longtemps que le très-saint pape Michel d'Alexandrie , avec ses évêques, a condamné et anaihématisé tout ce qui a été fait contre le très-saint patriarche Photius , et ceux qui reçoivent ces actes. Mon patriarche Théodose en a fait autant. Côme, légat d'Alexandrie, dit : Le pape d'Alexandrie a déclaré nettement son senti ment dans ses lettres, et comme il charge de toutes sortes de malédictions ces actes, et ceux qui les reçoivent. Elie , légat de Jérusalem , dit : J'anathematise ceux qui ne reçoivent pas Pholius pour patriarche légitime , comme a fait autrefois le saint patriarche Théodose de Jérusalem , et comme fait à présent son successeur Elie, rejetant pareillement tout ce qui a été ci-devant fait contre lui, principalement les actes où les députés des Sarrasins ont pris séance comme juges. Le concile s'écria : Nous sommes tous de cet avis ; nous
(1) Allât, p. 242.
(2) Allai, p. 117.
est le déclarons tous , nous y applaudissons. C ^^
cet article de la lettre du pape Jean, qui no ^ fait le plus de plaisir. Dès devant qu'il l'eUt ordonné , nous avions condamné tout ce qui a été dit ou écrit contre le patriarche Pholius, étant parlailement unis à lui. Le cinquième article étoit l'excommunication des schismaliques, c'est-à-dire de ceux qui ne vouloient pas reconnoîlre Photius ; et elle ne manqua pas d'être confirmée dans ce concile (lu
A la fin de la session, le cardinal Pierre dit (2): Puisque par la grâce de Dieu tous les scandales sont ôtés , que la vérité examinée est devenue plus éclatan te, et que la paix et la concorde est rendue à l'Eglise ; maintenant que l'heure de l'office divin est venue , si vous le jugez à propos, nous irons tous le célébrer avec le patriarche Pholius. Le concile dit : Cette proposition est bonne et agréable à Dieu. Soit fait selon votre parole ! Dieu conserve noire saint maître , et prolonge ses jours pour le salut de son Egfise!