‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 892 sur 2407 · XLIX. Lettre à l'empereur Basile · texte numérisé non relu

XLIX. Lettre à l'empereur Basile

Le pape Etienne ayant reçu les lettres de l'empereur Basile, adressées à Adrien son prédécesseur, y répondit par une lettre, où il marque d'abord la distinction des deux puissances (1). Comme vous nous êtes donné de Dieu, dit-il , pour gouverner les choses terrestres; ainsi Dieu nous a donné par saint Pierre le gouvernement des choses spirituelles. C'est à vous à réprimer les rebelles, par votre puissance , d'envoyer des troupes par terre et par mer, de rendre justice , de faire des lois ; mais c'est à nous qu est confié son troupeau, d autant plus excellent, que le ciel est au-dessus de la terre. Ensuite il ajoute : Nous nous étonnons qu'un prince aussi éclairé que vous, ail pu écouter de telles calomnies contre le pape Marin. Vous dites , qu'il n'étoit pas évêque ? comment le savez- vous ? Et si vous ne le savez pas, comment jugez-vous de lui si témérairement ? Ceux qui disent que Marin avoit été evcHiue, et par conséquent ne pouvoit être transféré à un autre siège, doivent le prouver clairement. Et quant il l'auroit été, ce qui n'est pas , il auroit pu être transféré sans violer les canons. Pour le montrer, Etienne apporte les exemples de saint Grégoire de JNazianze, de saint Mélèce d'Antioche, et de plusieurs autres, qu'il prétend avoir été transférés , mais tous en Orient. Puis il ajoute ; Quelle faute a faite l'église romaine pour s'attirer de tels reproches ? JNe vous at-elle pas écrit pour tenir un concile à Constantinople? Je vous demande à qui pouvoit elle écrire, au laïque Photius ? Si vous aviez un patriarche, notre église le visiteroit souvent par lettres. Mais hélas ! la glorieuse ville de Constantinople est sans pasteur ; et si l'afTcMîtiou que nous vous portons ne nous faisoit

(l) Ep. 1, tom. 9, Conc. p. 366, tom. 8, p. 1391.

•An de J.-C. 880.]

souffrir en patience l'injure faite à notre église, nous aurions été obligés à prononcer contre le prévaricateur Photius, qui a parlé contre nous si indignement , des peines plus griéves que n'ont fait nos prédécesseurs. Aous ne prétendons pas , en parlant ainsi , manquer au respect qui vous est du ; nous parlons pour notre défense , et pour celle du pape Marin , qui n'a eu que les mêmes sentiments du pape .Nicolas; et qui, pour avoir voulu exécuter ses décrets , a été traité chez vous avec le dernier mépris ; jusqu'à être tenu un mois en prison , parce quil avoit refusé de révoquer ce qu'il avoit fait en plein concile, devant vous. Au reste, nous apprenons avec joie que vous avez destiné un de vos enfants au sac(Tdoce ; et nous vous prions d'envoyer une flotte, suffisamment armée, depuis le mois d'avril jusqu'au mois de septembre, et une garnison pour défendre nos murailles contre les courses des Sarrasins. Nous n'en disons pas davantage, mais nous manquons même d'huile pour le luminaire de l'église.

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