L. Mort de l'empereur Basile
Cette lettre n'arriva à Constantinople qu'en huit cent quatre-vingt-six, a prés la mort de l'empereur Basile. Depuis qu'il eut perdu Constantin, son fils aine , son affection el ses espérances passèrent sur Léon , son second fils, qu'il avoit eu d Eudoxie, et fait couronner dès l'an huit cent soixante-dix (1). Ce jeune prince ne pouvant souffrir le crédit de Santabaren , et l'affection que l'empereur lui portoit, en railloit souvent, et en parloit comme d'un séducteur qui abusoit de la confiance de son père. Santabaren l'ayant appris, dissimula son ressentiment, et dit à Léon, comme lui donnant un conseil d'ami : A l'àge que vous avez, quand vous suivez l'empereur votre père à la campagne, vous devriez porter de quoi le défendre au besoincontre les bêtes, ou contre quelque ennemi secret. Saiis doute qu il n'étoit pas d'usage chez eux de porter d épée hors la guerre. Léon donna dans le piège, et suivant son père à la chasse, il portoit un couteau caché dans ses brodequins. Santabaren alla dire à 1 empereur Basile : Votre fils Léon veut vous ôter la vie; si vous en douiez, faites-lui quitter ses brodequins. Comme ils furent sortis ensemble à l'ordinaire, l'empereur feignit d'avoir besoin d'un couteau , et le demanda avec empressement. Léon, qui ne se doutoit de rien, tira le sien ; el Basile le tenant pour convaincu , le fit mettre en prison, luiô a les brodequins rouges, (^ui étoient la marque de la dignité impériale ; et Santabaren l'excitoitâ lui faire crever les yeux. Photiu'i et le sénat l'en empêchèrent; mais Léon demeura en prison , nonobstant les fréquentes sollicitations du sénat.
(1) Vita Basil, n 07, p 212. Sup. n ». TOMF III.