‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 896 sur 2407 · LIVRE CINQUANTE-TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUANTE-TROISIEME

(t) Léo. Allai, de Libr.

Eccles. p. 88.

(2) Leon.Vita n. 2- Sim.

Mag, n. 1. Les Gramm.

Etensnilo: Cnmmo il vil que plnsinirs ne vonloienl point le recevoir sans le consentement du siège de Rome , il s'adressa à Paul et Eugène, que Je papt^ Jean avoit envoyés au patriarche Ignace pour falîiiire de Bulgarie; et pr ses présents et les menaces de l'empereur, il les obligea à dire publiquement qu'ils étoicnt venus pour a nathématiser Ignace et déclarer Photius patriarche (1). De plus, il écrivit des lettres au nom d'Ignace et de ses confrères , par lesquelles il prioit le pape de recevoir Photius, et elles furent envoyées à Rome. C'est pourquoi, le prêtre Pierre étant venu à Constantinople , déclara avec Paul et Eugène que Photius avoit été reçu par le saint-siége. Et ensuite : Or , comme nous savons que c'est vous qui devez nous redresser et nous régler, nous vous prions d'avoir pitié d'un peuple qui n'a pas reçu sans une raison plausible l'ordination de Photius , mais sur l'autorité de vos légats; premièrement de Rodoalde etdeZacharie, et ensuite de Paul et d'Eugène. Ne permettez pas qu'une multitude innombrable périsse avec Photius. C est la coutume de 1 Eglise. Le concile de Chalcédoine déposa Dioscore, comme chef de f hérésie et meurtrier de Flavien ; mais il reçut à pénitence ceux qu'il avoit ordonnés ou séduits. Le second concile de Nicée condamna les auteurs de l'hérésie des iconoclastes , et reçut à pénitence leurs sectateurs. Vous en devez user de même, et avoir pitié d'un peuple réduit au désespoir.

Le pape Etienne ayant reçu cette lettre, répondit : 11 ne faut pas s'étonner si vous avez banni de l'Eglise le malheureux Photius , qui s'est joué de la croix de Notre Seigneur. Il veut dire, qu'il a violé ses serments et ses souscriptions accompagnées d'une croix : ce qui passoit pour une espèce de sacrilège (2). Le pape continue : Nous avons trouvé la lettre de l'empereur fort différente de la vôtre. Car elle porte que Photius a embrassé la vie solitaire et renoncé au siège par écrit : ce qui nous met en incertitude: puisqu'il y a grande différence entre renoncer , et être chassé. Or comme nous ne pouvons rendre aucun jugement sans une information exacte , il faut que les deux parties envoient des évêques, afin que nous puissions prononcer ce que Dieu nous ordonnera. Car l'église romaine est le modèle des autres églises , et ses décrets doivent demeurer éter nellement. Les Orientaux ne satisfirent que trois ans après l'ordre porté par cette lettre.

sfilnnf aï] milieu de sesafflirlions, et le traitant (le frère et d'ami. Foulques de son côté écrivit

n'étoient qu'à dix milles de Reims, et assiégeoient Paris. Ce qui montre que cette lettre étoit au plus tôt de l'année huit cent quatrevingt-six. Foulques ajoutoit que cette désolation du royaume duroil depuis huit ans: en sorte qu'on n'osoit s'écarter tant soit peu hors des châteaux. Il disoit avoir appris que des méchants formoient des entreprises contre le pape , et qu'il eût été à son secours s'il eût été possible, assurant que lui et toute sa famille étoient fort attachés au pape, entre autres Guy, duc de Spolette, son allié, que le pape avoit adopté pour son fils. Que l'offre faite par le pape de confirmer les droits de son Eglise, l'attachoit encore plus à lui être fidèle avec sessuffragants. Que l'église de Reims avoit toujours été honorée par les peuples plus que toutes celles des Gaules , comme en ayant reçu la primatie de saint Pierre, qui lui avoit envoyé saint Sixte pour premier évêque; et que le pape Hormisdas avoit fait saint Rémy, son vicaire dans les Gaules, ajoutant la confirmation de ses privilèges accordés par Marin et par Adrien III. Enfin il prioit le pape de presser les archevêques de Sens et de Rouen , pour excommunier Ermenfroy, usurpateur d'un monastère fondé par Rampon, frère de Foulques, qui en avoit déjà écrit aux deux papes précédents.

Entre plusieurs autres lettres que s'écrivirent le pape et l'archevêque de Reims, il y en eut une du pape , tant à lui qu'à Aurélien de Lyon et aux autres évêques des Gaules , sur les plaintes de l'église de Rourges , contre l'invasion de Frotaire, archevêque de Rordeaux, Car on soutenoit que le pape Jean ne lui avoit accordé le siège de Rourges que par provision, pour autant de temps que Rordeaux seroit occupé par les Rarhares. Le pape Etienne ordonne donc aux archevêques d'obliger Frotaire à retourner à son siège , sous peine d^anathème , s'il n'obéit.

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