‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 934 sur 2407 · XXXIII. Hongrois en Italie · texte numérisé non relu

XXXIII. Hongrois en Italie

Les Hongrois étoient de nouveaux barbares venus du fond de la Scythie, qui avoient commencé à paroître dans l'empire françois depuis environ dix ans, c'est-à-dire en huit cent quatre-vingt-neuf (1). Ils entrèrent d'abord dans la Pannonie et le pays des Avares , vivant de chasse et de pêche ; puis ils firent des courses fréquentes en Carinthie, en Moravie et en Bulgarie. Ils ne tuoient guère qu'à coups de flèches, qu'ils tiroient avec une adresse merveilleuse. Ils ne savoient ni faire des sièges , ni combattre de pied ferme ; mais ils chargeoient leurs ennemis et se dispersoient aussitôt. Ils étoient toujours à cheval, en marchant, en s'arrêtant, en tenant conseil. Ils se rasoient la tête, mangeoient de la chair crue , buvoient du sang , coupoient en pièces les cœurs des hommes qu'ils avoient pris, et les mangeoient comme un remède. Ils étoient sans pitié, tant les femmes que les hommes, taciturnes et plus prompts à faire qu'à dire. Ce fut le roi Arnoul qui le prenwer fit venir à son secours ces barbares païens, pour soumettre Zuentibold, duc de Moravie, qui s'étoit révolté contre lui ; ainsi la plainte des Moraves n'étoit pas sans fondement (2).

Les Hongrois passèrent bientôt en Bavière , et de là en Italie, où ils arrivèrent au mois d'août huit cent quatre-vingt-neuf. Le vingtquatrième de septembre, les chrétiens leur donnèrent bataille près la Brenta , rivière qui passe auprès de Padoue. II y eut plusieurs milliers de chrétiens tués et noyés, entre lesquels étoient plusieurs comtes et plusieurs évêques. Lui tard , évêque de Verceil, qui avoit été favori de l'empereur Charles le gros, s'enfuyant avec son trésor, tomba entre les mains des Hongrois , qui le tuèrent et pillèrent ses richesses immenses (3). Etant venus à Nonantule dans le Modenois , ils tuèrent une partie des moines , brûlèrent le monastère avec plu-

(1) Reg.an. 889.

(2) Luitpr. 1. 1; c. 5.

(3) Ch.Nonantap. Mab.

Saîc. 5. p. Iti. Mar. Chr.

Page 1