‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 935 sur 2407 · XXXIV. Eglise de Constantinople · texte numérisé non relu

XXXIV. Eglise de Constantinople

Le pape Jean IX écrivit à Stylien, évoque de Néocésarée , louant la fermeté avec laquelle il avoit toujours résisté au schisme de Photius, et l'exhortant à travailler à la réunion des schismatiques (1). Nous voulons, dit-il, que les décrets de nos prédécesseurs demeurent inviolables; c'est pourquoi nous mettons Ignace et Photius, Etienne et Antoine au même rang qu'ils les ont mis, et nous accordons la communion à ceux qui observeront cette règle. Il compte environ quarante ans depuis le commencement du schisme, c'est-àdire depuis l'an huit cent cinquante-huit (2).

Antoine, patriarche de Constantinople, dont le pape fait ici mention , étoit mort la dixième année de l'empereur Léon, qui est l'an huit cent quatre-vingt-quinze. Il est compté entre les saints, et l'Eglise l'honore le douzième de février. A sa place, on ordonna Nicolas, qui étoit mystique de l'empereur, c'est-à-dire secrétaire, et le nom lui en demeura. Il tint le siège de Constantinople près de douze ans. Trois ans après son ordination, c'est-à-dire la treizième année de Léon , ce prince flt bâtir à Constantinople une église et un monastère d'eunuques, et y ût apporter le corps de saint Lazare et celui de sainte Madeleine , sa sœur : ce sont les termes de l'ancien auteur de son histoire (3).

XXX\^ Mort de Foulques. Hervé, archevêque de Reims.

En France, Foulques, archevêque de Reims, s'étoit attiré la haine de Baudouin , comte do Flandres. Ce prince étant maître d'Arras, s'étoit aussi mis en possession de l'abbaye de Saint- Vaast, que le roi Charles lui ôta pour son infidélité et la donna à l'archevêque (4). Mais Foulques, trouvant plus à sa bienséance l'abbaye de Saint-Médard , que possédoit un autre comte nommé Allmar, échangea avec lui celle de Saint- Vaast, après avoir assiégé et pris Arras sur le comte Baudouin. Le dépit qu'il en eut passa à toute sa cour, et ses vassaux cherchant à le venger, ils feignirent de vouloir se reconcilier avec le prélat; et ayant épié l'occasion, un jour qu'il alloit trouver le roi, avec une très-petite escorte, ils l'abordèrent dans le chemin , ayant à leur tête un nommé Vinemar. Ils lui parlèrent d'abord de la réconciliation avec le comte Baudouin ; puis, lorsau'il s'y attendoit le moins , ils le chargèrent a coups de lances , le firent

(1) Epist. 2 , tOffl. 9.

Çqqc. p. 40 i.

(2j Sup. liv. L, n. 3.

(3) Simeon. Mag. in

Léon. n. 7- Martyr- R- 12 fev. n. 9. Post. Theoph. p.

(4) Flod. 1.

tomber et le tuèrent. Quelques-uns des siens, les plus affectionnés , se firent tuer sur son corps: les autres retournèrent à son logis porter cette triste nouvelle ; et œux qui y étoient restés sortirent en armes pour chercher les meurtriers. Mais ne les ayant point trouvés, ils jetèrent de grands cris , levèrent le corps, le rapportèrent à Reims , où il fut enterré avec l'honneur convenable.

Ainsi mourut l'archevêque Foulques, le dixseptième de juin l'an neuf cent, après avoir tenu le siège de Reims dix-sept ans trois mois et dix jours, comme porte son èpitaphe. Ilaugmentaconsidérablen^ent les biens temporeUde son église , parles libéralités des rois et de plusieurs autres personnes. Ilrebàtit les murailles de la ville de Reinïs , et quelmies nouveaux châteaux , comme Amont et Epernay. Jl fit rapporter le corps de saint Réipy à Reipas du monastère d'Orbais, et dopna retraite à quantité de prêtres et de moines , (jue les ravqges des Normands obligeoient à fuir. l\ les traitait comme ses enfants; et reçut ainsi les moines de Saint-Denis en France, avec son corps et plusieurs autres reliques (t). 11 rétablit les deux écoles de Reims presque tombées en ruine , Tune pour les chanoines , l'autre pour les clercs de la campagne : il ht venir deux maîtres célèbres, Rémy, moine de Saint-Geripain d' Auxerre, et Hucbald, mojne de Saipt-Amand; et il ne dédaignoitpas d'étudier lui-piêm(i avec les plus jeunes clercs. .

Le siège de Reims ne vaqua que dix-huit jours, et le sixième de juillet neuf cent ou y ordonna archevêque Hervé, tiré de la cfjur comme son prédécesseur et poble comme lui , mais encore jeune. A son ordination , se trourent : Viton ou Guy , archevêque de Rouen , Riculfe, évêquede Soissons, Hétilon de JNoyon, Dodilon de Cambrai, Hérinand de Thérouane, Oger d'Amiens, Honoré de Beauvais, Mancion de Châlons, Raould de Laon, Otfrid de Sentis, Angeran de Meaux (2). Ce même jour et en présence de ces douze prélats, on lut dans l'église de Notre-Dame de Reims un acte d'excommunication contre les meurtriers de l'archevêque Foulques. On y en nomme trois, Vinemar, Evrard et Rotfel, vassaux du comte Baudouin , et leurs complices en général ; on les déclare séparés de l'Eglise, et chargés d un perpétuel anathème , avec toutes les malédictions exprimées dans l'Ecriture et les canons. Défense à aucun chrétien de les saluer, à aucun prêtre de dire la messe en leur présence ; et s'ils tombent malades, de recevoir leur confession, ni leur donner la commuujon même à la fin, s'ils ne viennent à résipiscence. Défense de leur donner sépulture. En prononçant ces malédictions , les évêques jetèrent des lampes de leurs mains, et les éteignirent ; et c'est le premier exemple que je sache d'une tefle ei^couimuQication.

AndeJ.-C. 900.J

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