‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 943 sur 2407 · XLIV. Concile de Trosse · texte numérisé non relu

XLIV. Concile de Trosse

En France , Hervé , archevêque de Reims , fut consulté par Viton , archevêque de Rouen, comment il en devoit user avec les païens convertis, qui, après le baptême, étoient retournés à leurs superstitions, et avec ceux qui n'avoient pas encore été baptisés. C'étoient des Normands, qui , pour s'établir en France, commençoient à se faire chrétiens. Hervé envoya pour réponse un recueil de plusieurs autorités de saint Grégoire , d'autres pères et de quelques histoires peu authentiques, divisé en vingttrois articles (1).

Hervé tint plusieurs conciles avec les évêques de sa province, mais nous n'avons les décrets que de celui qu'il tint à Troflè , près de S(^issons , le vingt-sixième de juin neuf cent neuf, indiction douzième (2). Ses suffragants y assistèrent, et on y voit les souscriptions de douze prélats : Hervé, archevêque de Reims, Viton ou Guy de Rouen , Raoul , évêque de Laon, Erluin de Beau vais , Robert de Noyon , Letolpe de Chàlons, Abbon de Soissons, Etienne de Cambrai , Hubert de Meaux , Otfrid de Sentis , Etienne de Tèrouane et Ogcr d'Amiens. Les décrets de ce concile sont distribués en quinze chapitres, qui sont plutôt de longues exhortations que des canons , et qui font voir le triste état de l'Eglise.

Dès la préface on en parle ainsi : Les villes sont dépeuplées, les monastères ruinés ou brûlés, les campagnes réduites en solitude. Ensuite, comme les premiers hommes vivoienl sans loi et sans crainte, abandonnés à leurs passions; ainsi, maintenant chacun fait ce qu'il lui plait , méprisant les lois divines et humaines et les ordoiniances des évêques ; les puissants oppriment les foibles; tout est plein de violence contre les pauvres , et de pillages de biens ecclésiastiques (3). Et aûn qu'on ne croie pas que nous nous épargnons , nous qui devons corriger les autres, nous portons le nom d'évêqucs , mais nous n'en remplissons pas les devoirs. Nous négligeons la prédication; nous voyons ceux dont nous sommes chargés, abandonner Dieu et croupir dans le vice sans leur parler et sans leur tendre la main ; et si nous les voulons reprendre , ils disc^nt comme dans l'Evangile (4) , que nous les chargeons de fardeaux insupportables , et n'y touch(ms pas du bout du doigt. Ainsi, le troupeau du Seigneur périt par notre silence. Songeons quel pécheur s'est jamais converti par nos discours, qui a renoncé à la débauche, à l'avarice, à l'orgueil. Cependant nous rendrons compte

An de J.-C 909. j

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