LV. Réunion à Conslantinople
En Orient , le jeune empereur Constantin Porphyrogènète, étant comme un enfant alla ché à sa mère Zoé, qu'Alexandre, son oncle, avoit chassée du palais, la rappela et lui laissa la principale autorité (2); et celte princesse éloigna bientôt de la cour le patriarche Ni colas, qui s'étoit tant opposé à son mariage, disant avec colère qu'il se mêlât des affaires de son Eglise. Mais après qu'elle eut gouverné six ans, Romain Lecapéne prit le dessus, fit épouser sa fille Hélène à Constantin, le mardi de Pâques, quinzième d'avril neuf cent dix-neuf, fit chasser de la cour Zoé , qui avoit voulu l'empoisonner, et la fit raser et enfermer dans un monastère. Au mois de décembre de la même année, il fut déclaré empereur par Constantin , et couronné i)ar le patrian he Nicolas ; et le jour de l'Epiphanie, l'an du monde six mil quatre cent vingt-huit, selon les Grecs, indiction huitième , c'est-à-dire l'an neuf cent vingt , il fit couronner impératrice sa femme
(1) Sampir p. 04, 00. c. 3.
Raguel. ap. Baron. awM^. (2) Post.Theoph. p. 236,
Martyr. K. an juin. Sam- n. 0.
Pir. p. 05. Mariana viii,
Théodora. Le jour de la Pentecôte il fît couronner empereur son fils Chrislofle, et quelque temps après il prit le premier rang, mettant Conslanlin au second contre son serment (Ij.
Au mois de juillet de la même année neuf cent vingt, Romain procura la réunion de l'église de Conslantinople, c'est-à-dire des métropolitains et des clercs divisés au sujet des patriarches Nicolas et Euthymius ; et comme ce dernier étoit mort en exil, son corps fut apporté solennellement à Conslantinople. La source du schisme avoit été le quatrième mariage de 1 empereur Léon , c'est pourquoi le décret d'union finisssoit ainsi : Nous défendons à l'avenir que, depuis cette année six cent quarante huit, indiction huitième , personne soit assez hardi pour contracter de quatrièmes noces , mais qu'elles soient absolument rejetées (2). Si quelqu'un le fait , il sera privé de toute communion ecclésiastique, et même de l'entrée au lieu saint , tant qu'il demeurera dans cette conjonction. Car c'est ainsi que nos pères en ont ordonné.
Quant aux troisièmes noces , les pères à la vérité les ont permises, mais comme une faiblesse honteuse; c'est pourquoi nous ordonnons que si quelqu'un n'ayant point d'enfant à l'âge de quarante ans, se marie pour la troisième fois, il sera privé de la communion pendant cinq ans , et ne pourra ensuite la recevoir qu'à Pâques seulement , comme étant purifié par l'abstinence du carême. Mais on ne pardonnera point les troisièmes noces à l'homme de quarante ans qui a des enfants. Si un homme de trente ans, ayant des enfants , épouse une troisième femme , il sera privé de la communion pendant quatre ans, ensuite il ne communiera que trois fois Tannée , à Pâques, à l'Assomption de Notre-Dame et à Noël, à cause des jeûnes qui précèdent ces trois fêtes. S il n a point d'enfants , il sera seulement sujet à la pénitence observée jusqu'à présent pour les troisièmes noces. Quant aux secondes, ou même aux premières noces, elles ne doivent avoir aucune mauvaise cause, comme de rapt ou débauche précédente ; autrement les contractants ne seront reçus à la communion qu'après avoir accompli la pénitence delà fornication, qui est de sept ans , si ce n'est à Tarticle de la mort. Ce décret d union se lisoit depuis tous les ans au mois de juillet sur l'ambon de la grande église à Conslantinople.
L'empereur envoya à Rome pour faire approuver ce décret , comme nous voyons par une lettre du patriarche Nicolas au pape Jean X, où il dit : A ous savez les afflictions que nous avons souffertes depuisenvironquinze ans; mais lorsque nous l'espérions le moins , Jésus-Christ a apaisé la tempête, et nous sommes tous heureusement réunis (3). C'est pour-
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fit"
(1) p. 2il,n. 11, 15, 16; p. 426, 248, n. 7.
(2) Aret. ap. Lip. Ap.
Th. Bal. Sam. p. 633.
(3) Tom. 9, Conc. p.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME. [Ansdc J.-C.ttaietg2a.
quoi nous vous écrivons pour renouer le commerce interrompu par la dinicuUé des temps, aûn qu'envoyant des lég:als de part cl d'autre, nous convenions tous que ce quatrième mariage, qui a tant causé de scandale, n a pas été permis à cause de la chose , mais de la personne, et par indulgence pour le prince, de peur que sa colère n'attirât de plus grrinds mau\. linsi on recommencera à Cimslanlinople à lire voire nom avec le nôtre dans les sacrés diptyques, comme on avoil accoutumé, et nous jouirons dune pai\ parfaite. L'empe reur vous en prie instamment par IJasile, protospalaire, qu il vous envoie, à qui nous avons joint le prêtre Euloge. Vous nous enverrez aussi des légats pour régler avec nous ce qui pourroit avoir besoin de correction.