CHAPITRE IX
Les Moutons anglais
L'histoire a enregistré des faits curieux se rapportant au nombre et à la valeur du mouton qui coûtait 1' sous les Saxons. Des épidémies, en 1041 et 1125, en firent monter le prix, sous Henri I<"", à 20% et à 25^ sous le règne de Henri H.
Un écrivain, parlant du temps d'Edouard I«'", dit qu'un mouton valait de xvii*^ à nx^; un agneau x'i.
En 1387, une ferme de 572 acres (arpents) du Comté de Sussex n'avait pas moms de 92 moutons et 300 trebis.
Quand la laine se vendait, dans le Cumberland, lO^^'^l^i par stone, en 13il, celle du Shropshire valait 15^'\
En 1699, avec 12.000.000 de moutons, la toison obtenait lO^i». Sous Richard II, un poids de 21 livres de laine coûtait 5^
Voilà d'énormes différences. Le mouton d'été s'appelait mouton d'herbe; celui de l'hiver, mouton de grain.
Les principales sortes étaient :
1^ Le Southdown qui, au dire d'Arthur Young (1776), était de petite taille, d'épine dorsale prononcée, de front bas. Petit et laid, il avait le cou long, la queue forte, les reins hauts et les côtes plates.
Plus récemment, on l'a décrit comme ayant une petite tête sans cornes, une face étroite du nez aux yeux, les oreilles couvertes de laine, des yeux brillants, une poitrine large, un ventre aussi droit que le dos, des os fins.
Sa laine est donnée comme courte, fournie, frisée, fine.
On reconnaît là l'hôte des dunes de Surrey, du Kent, du Sussex.
Les Hampshiredoicns ont un mouton plus fort, de laine plus longue et plus commune.
Les Oxford Doivns ressemblent au Southdoîcn pour la qualité et au Cotsnold pour le poids de la toison et du corps.
2» Ls. \ airiélé dite Shropshire dotons s'engraisse facilement ; elle a plus de laine que les Southdowns. Elle a rarement des cornes. Le cou est large, la face tachée, bonne tête, dos droit, toison souvent fort lourde.
30 Le Romney Marsh est réellement le mouton indigène, supportant également le
chaud et le froid. Tête épaisse, front large, cou long, dos épais, ventre grand, poitrine étroite, côtés plats.
4^ Le CotMvold est un des moutons anglais indigènes. De bonne nature, de grande taille, sans cornes ; il a les lianes larges, des pattes hautes, un dos étroit. Ses oreilles jsont petites, son front couvert de laine. La laine, longue, assez commune, est douce au toucher.
S'' Le comté de Lincoln a donné son nom à un animal dont la réputation grandit. Dès 1749, on en parle. Longues jambes, forte carcasse. Détail typique : quoiqu'il porte peu de laine sur les jambes et le ventre, il en a plus là que n'importe quelle autre sorte de mouton. La face est petite, sa taille grande, son ventre profond, ses épaules prononcées, son cou épais, les reins gros, l'arrière-train excellent. On lui trouve 14 livres de laine. On l'a surnommé le carré de laine vivant.
Son croisement avec le mouton de Leicester l'améliore beaucoup. • 6° L'antique race indigène de L<?/c^.çfer était grosse et osseuse, à visage blanc sans cornes, à viande dure et à toison de grand poids. Le New Leicester est le plus gros mouton à longue laine ; il croit vite et s'engraisse facilement.
Cette transformation est due à Bakewell qui, en 1760, commença l'élevage et le croisement. Il diminua la taille, réduisit le poids et la longueur de la laine. Il loua ses béliers pour la lutte. Dans l'année 1789, 10 béliers lui rapportèrent 3.200 guinées (env. 94.000 fr.)
En 1876, son meilleur bélier lui donna 100 guinées (2630 fr.) pour le service d'une seule bergerie.
70 Le Teeswater est un mouton très lourd pesant quelquefois 125 k. La race pure est devenue très rare.
Taille grande, membres forts. Croissance lente, laine commune. Toison peu épaisse sur le dos.
8° Le mouton Hardicick, des montagnes du Westmorland et du Cumberland est petit, vif. La face a de petites taches. 11 a 14 côtes au lieu de 13. Sa laiwe est assez fine. En temps de neige, il est habile à trouver les meilleurs endroits où brouter.
90 Le mouton Welsh, indigène, ressemble à la chèvre par son cou long, ses hautes épaules, sa poitrine étroite, ses côtes plates, sa queue longue et épaisse, ses membres grêles.
Les béliers ont des cornes. Les brebis, excellentes nourricières, n'ont pas de cornes. Laine assez fine pesant environ deux livres. A l'ouest de la vallée de Taff, la toison est jarreuse.
Les Montons Irlandais sont nombreux dans les montagnes de Wicklow. Tête petite et nue. Taille bien proportionnée. Pattes petites et nettes. Toison commune, souvent feutrée, de 2 à 3 livres. Cette laine sert à la fabrication de la flanelle.
On a croisé avec succès le mouton irlandais et le Southdown.
Le mouton de Leicester a bien réussi en Irlande.
11° Le Mouton des Shetland, venu du Danemark, s'est reproduit pendant des siècles, dans les Shetland et les Orcades. Les croisements essayés n'ont fait qu'amoindrir le brillant de la fibre. La toison pèse de 1 1/2 livre à 2 livres. La queue longue de six pouces est épaisse.
12» En Islande, deux sortes de moutons. L'indigène, petit, a un poil long sous leciuel pousse une laine qui se feutre, de façon à défier le froid et l'humidité. L'hiver, l'animal trouve, pour aliment, dos os de poissons et de^. débris quelconques.
La brebis a beaucoup de lait.
13° L'Ecosse a le mouton Cheviott et le Blackfaced (mouton à face noire).
Le premier a beaucoup d'admirateurs, pourtant on aimerait le voir un peu plus développé. Laine fort douce, recherchée pour les étoffes et la bonneterie épaisses sans être lourdes.
Le blackfaced est quelquefois appelé le mouton des bruyères par lesquelles il court comme un chevreuil.
On le croit originaire de la Grande-Bretagne. Sa chair est supérieure à celle du Gheviott, mais sa laine est inférieure. Très longue, elle a des mèches serrées difficiles à ouvrir.
Pour l'aider à braver les intempéries des saisons, on enduit sa toison d'un Uniment gras qui en adoucit les mèches mais les jaunit.
Dans la partie de l'Ecosse, qu'on désigne sous le nom de Lowlands (Terres basses), celle qui est la plus fertile, des changements notables se sont produits par des croisements avec le Leicester, le Southdown, le Lincoln. A ce propos, on a dit que le mouton moderne, comme le moderne Breton, est le produit de la civilisation.
Sur les hauts plateaux humides du Dartmoor (Comté du Devon) pait en liberté, un mouton petit de taille, à toison fort douce qu'on utilise en maintes industries locales.
Les surfaces ondulées de VE.xmoor, qui s'étend le long du canal de Bristol, ont un mouton du même genre.
La variété connue sous le nom de Mouton de bruyère est robuste, à face blanche. Ses cornes sont de grande taille. La toison a souvent du jarre.
Les moutons de Ciimberland (^Hardwick) ressemblent au Gheviott, mais leur laine est plus commune.
Le Penistone, mouton massif à grosse queue, porte de fortes cornes.
Quant aux Ancient Uplands, M. Bowman les déclare les meilleurs moutons du Royaume-Uni et dit que les meilleures races de ce pays en découlent.
Le Dorset est haut et fort, de même que le Somerset.
Bowman classe, parmi les moutons à longue laine, le Lincoln, le Romney-Marsh, le Teesuater, le Warwic/cshire, le Bampton-Notts, le Devon, le Cotsnold, le Neir-Oxford, le Leicester, le Dishley, le New-Leicester.