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CHAPITRE X

Notes historiques sur les moutons, la laine l'industrie et le commerce de TAngleterre

A l'époque de Constantin (274-337), la Bretagne avait des moutons, à excellente toison estimée sur les marchés romains.

Edouard III (1312-1377), monarque intelligent et patriote, est associé à la production de la laine indigène et à sa fabrication. Il envoya, au roi d'Espagne, une collection d'animaux choisis.

Boston (Comté de Lincoln) était alors un des ports principaux. On défendit d'expédier par là, les béliers anglais, parce que certains marchands en envoyaient au dehors pour améliorer les races de plusieurs pays, ce qui pouvait causer un dommage à l'Angleterre et à ses sujets.

Edouard IV (1442-1483) permit à sa sœur, la Duchesse de Bourgogr^e, de transporter annuellement 2.000 béliers, de son royaume, tout le temps de sa vie, sans payer aucun droit de douane.

A la chute de la maison d'York, Henri VII rapporta cette permission.

Henri VIII protégea les laboureurs, les fermiers contre les grands propriétaires qui, pour avoir d'immenses domaines, transformaient les terres arables en pâturages. Ainsi les moutons n'appartenaient qu'à un petit nombre d'individus ; quelques-uns en possédaient 2.000 ou 5.000 ; d'autres 10.000 ou 24.000.

Au lieu de se vendre 2 et 3^'', le mouton obtenait 4, 5 ou 6^^. La laine, au lieu de se payer l^'^ 6^ ou l^i» 8i, se vendait de 3^'^ 4^ a 4^^ la livre. Cela diminuait le bien-être du peuple et entravait les progrès de la fabrication des étoffes.

Gela se passait en 1534. Le roi ne permit plus à personne de posséder plus de 2.400 moutons, à moins que les moutons fussent nourris sur les champs de leurs maîtres. Le fermier pouvait élever, sur ses terres, le nombre de moutons qu'il lui plaisait d'avoir.

Charles II prohiba l'exportation du mouton et de la laine.

Toutes ces mesures prouvent que le pays d'Angleterre se croyait réellement privilégié par sa richesse ovine, aussi voulait-il conserver cette supériorité en face des autres pays.

On poussa les choses à ce point que, en 1788, une loi défendit de faire tondre un

mouton, dans un rayon de cinq milles de la côte, sans la présence d'un officier du fisc, parce qu'on craignait toujours que ces animaux ne sortissent du royaume.

Reprenons les choses de plus haut, pour un autre ordre d'idées.

C'est sous le règne d'Henri II (1133-1189) qu'on fit une première importation de laine d'Espagne pour aider les manufacturiers anglais.

Pendant plusieurs siècles, pour augmenter le revenu national, les hommes d'Etat consentirent à l'exportation de la laine anglaise en divers pays. Neuf ports furent autorisés; Londres. Bristol, Ipswich, Lynn, Southampton, Boston, Yarmouth, Hull^ Newscastle.

De V Exchange de Londres, on y expédiait un fléau de balance pour peser, ainsi que des sceaux ou cachets pour l'acquit en douane.

Une contribution de 40*^^' par sac fut mise sur la laine en 1297 ; ce droit descendit à ()^ 8'^ en 1353, mais remonta soudainement à 50^ en 1375, pour redescendre à26^ S^^en 1382.

Pendant l'année 1391, le revenu sur la laine donne £ 160.000 au trésor.

Des faveurs particulières furent accordées.

Sous Henri IV (1367-1413), exactement en 1408,1e roi permit, à des marchands de Venise, de retourner dans leur pays avec des vaisseaux chargés de laine, d'étoffes et autres marchandises anglaises.

On faisait la contrebande de laine, puisque, en 1429, tout acte de ce genre entraînait légalement la saisie du vaisseau et de la cargaison.

La même année, on déclara que la laine ne serait pas plus longtemps l'objet d'échanges d'aucune sorte, mais qu'on devrait la payer en bonne monnaie d'or ou d'argent. Il y allait de l'intérêt de la frappe.

L'emballage défectueux de la laine entraînait quelques pénalités.

C'est en 1437 qu'on commença à expédier de la laine d'Ecosse dans les Flandres. En 1481, un ordre royal exige que rexp9rtation de la laine se fasse par toisons seulement.

En 1581, défense d'exporter la laine d'Ecosse.

En 1604, James h^ prohibe l'exportation de toute laine dans l'intérêt des manufactures.

En 1639, répétition de la même mesure que confirment le Parlement en 1647 et Charles II, aussitôt son avènement au trône, en 1661.

Sous Cromwell, on déclare supérieure à la laine anglaise, la laine d'Espagne que, jusque-là, on avait tenue comme lui étant inférieure.

L'exportation de la laine d'Irlande est autorisée en 1666.

Trente ans plus tard, le Parlement de Guillaume III passe un acte ayant pour but d'encourager l'industrie lainière en Irlande et son importation en Angleterre, toutefois les ports privilégiés se bornent à Whitehaven, Liverpool, Chester, Bristol, Bridgewater, Minehead, Barnstaple, Bideford.

Par la loi de 1669, la laine ne peut quitter le rivage irlandais que par les douanes de Dublin, Waterford, Youghall, Kingsale, Drogheda et Cork. A défaut d'agir ainsi, on pouvait ordonner la confiscation du bateau et condamner le délinquant à une amende de C 500.

En la même année 1669, on défend l'exportation de la laine aux Colonies anglaises américaines, parce que l'on craint que s'il s'y élève des manufactures, elles se mettront en concurrence avec celles d'Angleterre.

A cette époque, la main-d'œuvre coûtait peu en Amérique où l'on transportait de nombreux repris de justice vendus comme esclaves blancs aux colons qui voulaient bien s'en accommoder.

A la lin du xviii« siècle, on estimait la production de la laine à 2.000.000 de livres sterling (50.000.000') par année.

Weber a écrit, en 1739, (|ue les Irlandais vendaient leur laine à peigne aux Français qui la mélangeaient avec leur sorte inférieure. Il déclare que des 800.000 packs de laine (1 pack = 250 kos) produits par la Bretagne et l'Irlande, la France en prend 500.000, ce

qui produit un bénéfice annuel de C 8.000.000. Un tiers seulement de la laine indi^^ène était travaillée dans le pays.

C'est chose assez curieuse de noter que, de la .Jamaïque, colonie anglaise florissante et assez nombreuse, on envoya de la laine en Angleterre. Si Ton en juge par ce qui vient encore de ce pays, ce ne devait pas être fameux.

En 1731, un chargement de laine vint, en Angleterre, de Maryland et de la Virginie. On prétendit que cela valait la laine anglaise.

On importa d'Espagne, en 1730 1.144 sacs de laine.

» 1788 4.079.333 livres.

L'exportation de la laine, défendue en 1662, est permise en 1788, aux Indes occidentales.

En 20 années, à peu près, de grands changements se produisirent sous le rapport de Vimportation. Qu'on en juge :

Années Imp. anglaises Imp. de l'étranger :

1817 livres 14.533 livres 7.487.313

On voit ainsi la croissance rapide de l'industrie anglaise et le développement de la richesse lainière indigène comparée au mouvement de la laine venant de l'étranger.

Il nous faut encore remonter le cours des âges, pour nous rendre compte de la marche d'autres progrès.

Disons d'abord que les ateliers de Pembroke, où l'on travaillait la laine, ont été établis par une colonie de Flamands.

Henri 1*"^, fils de Guillaume le Conquérant, encouragea le commerce et accorda des privilèges spéciaux à l'association des tisserands de Londres.

Henri II, dans la 33® année de son règne, confirma le privilège de cette Giiild (Gilde).

Non content d'ouvrir plusieurs centres manufacturiers en Angleterre, il institua une Foire annuelle de draperie durant trois jours, à Smitphfield, où vendeurs et acheteurs pouvaient trouver de réciproques avantages. Cette foire s' appelait Bartholometr Fair du nom de ce saint. Des désordres nuisibles à la morale s'étant produits, la foire aux tissus fut transportée dans le Yorkshire.

Henri se montra sévère à l'égard de la laine espagnole employée en Angleterre, parce qu'elle pouvait nuire à la production indigène; de là, un acte disant : (c Si quelque étoffe est réputée faite de laine anglaise mélangée à de la laine espagnole, le Maire de Londres la fera brûler.

Comme beaucoup de gouvernants, ce souverain surveillait les sources de revenu. Les licences pour faire vendre ou exporter, ne formaient pas la moindre source des impôts. En 1198, on saisit 45 sacs de laine dans le port de Hull, en un bateau dont la licence n'était pas régulière ; la douane les vendit à raison de il 3-6 s. 8*i par unité.

Il fut un temps où l'on disait que toutes les nations du monde portaient des vêtements de langue anglaise faits dans les Flandes. Cela n'empêchait pas que, vers la même époque.

en 1310, on disait, à Florence, où l'on comptait 200 boutiques d'ouvriers drapiers, que l'on ne savait travailler la laine en Angleterre.

Une loi de 1261, pour encourager l'industrie, ordonna au peuple de porter des étoiles faites en Angleterre ; mais cette loi eut peu d'eiîct, parce que les classes élevées de la Société voulaient des draps de meilleure qualité.

Les rapports de 1354 disent que l'exportation des étoffes communes, à 40 s. par drap, produisit £ 294.184, et l'importation £ 38.973. à 120 s. par drap.

Les mesures concernant l'exportation de la laine et des étoffes étaient arbitraires. En temps de prohibition, les rois accordaient des immunités à des favorisés qui en spéculaient. La Comtesse de Flandres se plaint en termes amers, près d'Henry III, de la saisie, à Yarmouth, de 12 sacs de laine appartenant à un de ses sujets.

Edouard i^^ accorda à son gendre, G 4.000 sur le revenu de la taxe de la laine.

En 1348, le droit était de 1. s. 2^ sur l'étoffe, quand elle était destinée à un marchand anglais ; pour un étranger, droit de 50 0/0.

Dans l'année 1582, 200.000 draps furent exportés.

Edouard empêcha l'exportation du fil, afin de le faire employer par les fabricants.

Henri VIII avait défendu la fabrication des couvvQ-i^ieds,{coverlets) dans le Yorkshire, pour la permettre exclusivement dans la cité de York. En 1534, il déclare que, dans le Worcestershire, la ville seule de Worcesterfpeut fabriquer du drap, mais seulement ])0ur Tusage des habitants et de leur famille. Il est permis de tisser à \Yorcester, Evesham, Droitwich, Kidderminster et Broomsgrove.

A" mesure que l'industrie manufacturière se développe, un malaise qu'on ne signala jamais autrefois se manifeste. Le développement des usines poussa les propriétaires à exploiter une espèce de monopole commercial dont souffrit la classe pauvre. Le despote Philippe, prince Consort, époux de Marie Tudor, un des princes les plus durs qui existèrent, prit des mesures pour faire cesser les abus. De là, un acte du parlement, de 1554, ordonnant aux employeurs de rénumérer justement l'ouvrier.

C'est de la réglemention en règle : nul, par exemple, ne peut s'établir comme tisserand s'il n'a préalablement fait un apprentissage de sept ans.

Sous Edouard VI (1538-1553) on cite comme centres manufacturiers lainiers : Londres, Berks, Kent, Surrey, Sussex, Suffolk, Norwich, Norfolk, Winchester, Sarum, Wiltshire, Gloucestersh ire, Worcestershire, Somersetshire, Devonshire, North et South Wales, Lancashire, Clieshire, Westmoreland, Gumberland, Northumberland, l'évêché de Durham, York, Yorkshire et principalement Halifax.

La reine Elisabeth (1533-1603) accorda des licences pour l'exportation; on lui lit croire que^ mieux valait exporter la laine que le drap qui gagnerait à être produit en quantité moindre.

En 1564, les manufactures anglaises étaient prospères, puisque les Pays-Bas en recevaient pour 5.000.000 de ducats d'étoffes. En 1569, ce pays reçut 200.000 pièces supé~ rieures à ce (jui s'y faisait. Le commerce avec l'Espagne était actif; la C'® des drapiers avait 600. métiers à drap, en 1566.

Des marchands aventuriers exportaient annuellement vers 1606, 60.000 draps blancs, valant C 600.000 et 40.000 draps communs valant £ 400.000. En 1608, on prohiba la sortie des draps blancs, ce (jui excita un grand mécontentement en Hollande.

En 1614, il est question de draps mélangés faits dans le Gloucestershirc. Clonmel, en Irlande, devient un important centre drap'er, sous le patronage de la West of England Company.

Charles I*^'' suivit la poIiti(|ue égoïste de son père; une persécution religieuse (Archbishop Land and the King's Council) obligea 140 familles de drapiers à chercher un refuge en Hollande.

Des réglementations se firent pour une foule de choses; ainsi, en 1636, tous les fils durent être de la même longueur.

En 1660, Charles II met un droit de 3^^ 4d sur chaque pièce et contirme la prohibition de la sortie.

Si une persécution religieuse fut nuisible à l'Angleterre, une autre persécution religieuse l'avantagea beaucoup.

La révocation de l'Edit de Nantes, par Louis XIY (1685),. poussa en Angleterre une multitude de protestants.

Les Huguenots étaient, pour la plupart, non-seulement d'habiles et courageux artisans, qui apportèrent avec eux habileté technique et capital, mais encore des hommes distingués parmi lesquels on compta l'acteur Da^id Garrick ; l'opticien Dolland ; Romilly, homme de loi ; le prédicateur Saurin ; le D*" Martineau et le D^" Pusey. On cite encore les noms de Bosanquet, Bouverie, Calamy, Chamberlain, Condamine, Du Cane, Gambier, Gaussen, Jansen, Layard, Perget, Saint-Léger, etc..

On comptait 1.000 métiers français, à Canterbury, en 1694.

Un Huguenot améliora la fabrication du papier ; un second implanta, à Ipswich, la toile de fil; un troisième installa, à Maidstone, une fabrique de fil. Les fabricants d'étoffes, qui gagnèrent à l'immigration française, furent ceux d'Ipswich, de Boston, d'Exeter et de Bideford. Les denteliers bourguignons s'implantèrent à Londres, à Slony Stratford, à Buckingham ; les travailleurs de la soie, à Sitaltiels, à Norwich, etc..

La classe ouvrière anglaise fit une grande opposition aux French dogs (chiens français). On conçoit que si 13.S00 immigrants s'établirent à Londres et dans les environs, le travail indigène en fut troublé, mais cette acquisition d'ouvriers habiles devait beaucoup profiter au pays. Les choses changèrent quand les nouveaux venus consentirent à leur naturalisation, laquelle ne s'obtint assez facilement que vers 1709.

En 1688, quand Guillaume et Marie montèrent sur le trône, on estima à £ 8.000.000, la production drapière. On fit, cette année, 1.203.866 draps, dont 570.770 furent exportés.

En 1692, une espèce de compromis fut consenti entre l'Angleterre et l'Irlande. L'Angleterre aurait les manufactures de laine, l'Irlande celles de la toile. Les commerçants résistèrent car ils ne pouvaient consentir à la fermeture de leurs usines. En Irlande, on mit un droit prohibitif pour la sortie de la laine et des étoffes; en Angleterre, on continua à faire de la toile. C'est ainsi que l'Irlande perdit son commerce lainier.

L'introduction, à Manchester, du travail du coton put faire croire, à cause de ces nombreux emplois, que la production de la draperie en serait affectée, mais il en fut autrement; l'importation et l'exportation augmentèrent.

L'Irlande, dit Anderson, excelle en de nombreuses branches ; ses popelines et ses tabinets sont universellement connus et admirés, surtout à cause de leurs couleurs. Pour les shalloons (serges) les prix varient de 6^^, à 2 s. 8^^; pour le collemanco, de 9^ à 2 s. 2^' ; pour les everlasting, 6^^ à 1 s. 6^ ; pour la peluche, 8*^ à 3 et 6^' ; pour les crêpes, de 7^' à 9^^

Webber, qui écrivait en 1739, regrettait le peu d'activité des fabriques. Des 800.000 packs de laine produits par le pays, 500.000 allaient en France.

Il ajoutait avec beaucoup de sagesse : Nous avons assez de bras, dans la grande Bretagne pour le travail. Si, pour l'année 1735, le nombre des pauvres s'élevait à 1.400.000, on notait seulement comme incapables, 300.000 ; de sorte que le reste pouvait fort bien faire face à toutes les occupations nécessaires.

La guerre et la paix eurent une grande influence sur le prix de la laine.

En 1696 — Guerre le droit s'élève de JC 12 à £ 16 par pack ;

Enl702 — Pa/.T — — » 9 » 11 — ;

De 1702 à 1713 — Guerre — » 12 » 14 — ;

Années suivantes — Paix — — » 7 » 7.10 — ;

Eiïl765, on ordonna le mesurage et le contrôle officiel, au moyen d'un cachet, des draps de Yorkshire. Chaque fabricant fut tenu à mettre son nom, sa résidence, à l'extrémité de chaque pièce.

Les ouvriers détruisirent les usines de laine, en 1776, à Shepton Mallet. Le progrès des machines les inquiétait.

La patente de Lewis Paul, pour mieux ouvrir et préparer la laine, date de 1733. Sa nouvelle machine à filer est de 1748 ; sa carde de 1758.

La machine à hier dite d'Arkwright, porte la date de 1769. John Wyatt file au moyen de cylindres en 1738. Le muU Jenny d'Hargreave commença en 1769.

Un écrit de 1794 d"Anderson rapporte que, en 1794, Gartwright de Doncaster inventa une machine à peigner la laine, au moyen de laquelle un homme aidé de 5 ou 6 enfants, faisait autant d'ouvrage que 30 hommes, d'après l'ancien système.

Toplis de Guckney, vers la même époque, peignait la laine au moyen d'un moteur hydraulique.

Akroyd d'Halifax eut pour successeurs, dans ses inventions concernant le travail de la laine, Holden de Bradford.

En 1783, la production des manufactures s'élevait à £ 16.800.000. L'exportation des tissus atteint, en 1799, le chiffre de £ 8.448.522 dont £ 686.759 à destination de l'Irlande.

Les étoh'es de grande largeur du West Riding s'élèvent, en 1780, à 102.118 pièces, pour une valeur de 3.099.127 guinées ; les étoffes de petite largeur donnent un total de 98.721 pièces et une somme de 2.671.397 guinées.

En 1790, le même West Riding produit pour 5.151.677 guinées d'étoffes de grande largeur et 4.582.122 de petite largeur.

Les totaux de 1795 donnent respectivement : 7.759.907 et 5.172.511 ; — — 1800 sont respectivement de : 9.269.966 et 6.014.420.

Les progrès se manifestent en tout.

L'exportation des étoffes de laine est :

En 1781 £ 2.803.757 pour l'Angleterre;

— — 41.507 — l'Ecosse;

En 1785 £ 3.610.770 — l'Angleterre;

'77.024 — l'Ecosse;

Quand, en 1778, la production annuelle des lainages était de £ 16.000.000, celle du coton atteignait £ 969.000 ; celle de la soie £ 3.350.000; celle du fer £ 8.700.000. Les exportations de 1799 donnent £ 6.876.939 dont :

Amérique

Canada

Indes Occidi

Inde

Afrique

Irlande

Portugal

On pourrait ajouter, à tous ces chiffres, des arguments qui montrent combien, à travers les âges, les intérêts locaux l'emportèrent sur l'intérêt général.

Lorsque, pour obtenir plus de laine de l'étranger, on songea à en rendre l'entrée

Allemagne

Prusse

lies » 552.726

Russie

France

rien

Italie

Turquie

La France prend

en

pour £ 95.827

Les Flandres reçoivent

libre, vers 1820 à 1823, beaucoup d'intéressés s'opposèrent à l'abolition du droit de sortie des laines anglaises.

A Bradford, en juin 1823, à Hudderslield, le même mois, à Leicester on protesta disant : « Si un pack de notre longue laine est exporté en brut, les étrangers pourront lui mélanger deux packs de leur propre laine. Si ce pack vaut £ 12, il coûtera, à notre pays, après transformation, £ 60 ou £ 80, ou plus. »

A Leeds, le 7 juin 1823, on dit que la suppression du droit d'entrée sur la laine étrangère est nécessaire à la bonne marche des choses. L'exportation de la laine indigène sera un mal moindre.

S'opposèrent à la proposition du Gouvernement : Bradford, Norwich, Leicester et Leeds; l'approuvèrent ; Londres, Gloucester, Wiltshire, Somersetshire, Hudderstield, Saddle\vorth et Leeds. Dans le Parlement, 180 membres permirent l'exportation, 20 la refusèrent.

Le droit d'exportation de la laine anglaise fut réduit à 1^.

On a beaucoup commenté ces événements ; le fait est que depuis lors, la marche du Yorkshire a été prodigieuse.

En devenant le premier marché du monde, Londres a favorisé toute l'industrie européenne.

Le rivalité des industries lainières a contribué à l'invention et au perfectionnement des machines spéciales.

La liberté a engendré les richesses dont nous jouissons et dont nous profitons aujourd'hui.

En rapprochant ce chapitre de celui où il est question des progrès de la France lainière, on reconnaîtra que si, à travers les âges, les difficultés n'ont pas été partout les mêmes, elles se sont l)eaucoup ressemblées, à cause des exigences des Gouvernements, de l'esprit de réglementation, des privilèges accordés, des injustices adoptées, de l'intolérance des administrations, de la routine générale.

Le progrès est lent mais il s'accuse partout et toujours il ^init par triompher.

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