ILES FALKLAND
Ces îles, ainsi nommées par les Anglais, sont nos Malouines que les Espagnols appellent Malvinas. Elles sont situées à environ 550 kilomètres à l'est du détroit de Magellan.
Cet archipel a deux lies principales : Falkland orientale (Soledad des Espagnols) 8.000 kil. carrés, et Falkland occidentale (Maindenland) 6.000 kil. carrés.
Le détroit porte le nom de Falkland Sound. Une centaine d'îlots ou rochers agrégés sont à l'entour et ont 1.200 kil. carrés.
Les Iles Malouines sont reliées à la Patagonie par un plateau sous-marin. Leur aspect général est celui de collines arides, avec des sommets élevés et des plaines ondulées recouvertes d'herbe courte et serrée. Dans les parties basses, des étangs, des tourbières noires, quelques maigres arbustes, des touifes de bruyères parmi lesquelles paissent des troupeaux de moutons. Pas un seul arbre !
Dans les vallées, coule des ruisseaux à eau douce et de bonne qualité. Le climat est désagréable mais salubre. L?s vents d'est y sont fréquents et violents. Un jour de calme est rare en toute saison.
Climat marin. Température moyenne : 8*^3, soit 11° 7 en été et 4^2 en hiver.
Les graminées constituent la base des fourrages et nourrissent de nombreux troupeaux. Pas de céréales; les fruits manquent presque complètement.
L'élevage des brebis est la principale source des revenus de la Colonie. Son succès tient aux excellents pâturages et aux soins des éleveurs dans le choix des races.
En 1867, furent introduits les premiers troupeaux dans l'île occidentale jusque là déserte.
En 18Si, on comptait environ 2.770 chevaux, 11.589 bètes à cornes, 473.227 moutons et 1 .002 chèvres, sur les îles.
En 1891, le nombre des moutons était environ de G7G.000. La tonte produisit plus de 1.000 tonnes de laine évaluées à 2.675.000 [v.
Il va de soi que les îles Falkland ne peuvent avoir qu'une production de laine relativement bornée, tandis que Punta Arenas ofl're d'immenses espaces aux troupeaux. La configuration des deux pays montre bien quelles sont les différences des toisons. Les Iles Falkland améliorent leur sol, leur pâturage et leur belle et bonne laine, mais elles ne peuvent ni abaisser leurs collines, ni faire cesser le vent qui souvent les désole. Il y a là des causes naturelles qui feront que la laine y restera à peu près ce qu'elle est devenue : haute, commune, souple, brillante et légère. Ces qualités la feront rechercher de plus en plus.
La laine de Punta-Arenas, sur des pâturages plus abondants et plus riches, gagne en finesse sans perdre beaucoup de sa hauteur. Fort douce et blanche, elle entre aujourd'hui dans une foule de tissus quand primitivement on l'employait comme nous l'avons dit précédemment.
Conssdérattons générales
De tout ce qui précède, il résulte que si l'Amérique méridionale améliore ses terrains propres à la culture, ce qui est un progrès considérable, elle se trouve encore en face d'étendues immenses que l'industrie pastorale peut utiliser.
On comprend si bien ce qui est à réaliser sous ce rapport que partout des efforts sont faits, non seulement par les éleveurs ou propriétaires du sol, mais encore par les administrations supérieures ayant souci de l'instruction générale et de l'instruction spéciale pratique ou technique.
C'est ce qu'il faut bien voir car l'essentiel est de ne pas laisser diminuer la récolte de la laine.
L'industrie lainière tire parti de tout, puisqu'il est certain qu'avec une augmentation de laines croisées, crossbreds ou communes, le prix de ces sortes a remonté considérablement depuis qu'on s'applique à les utiliser partout, en Angleterre plus qu'ailleurs, parce que ce pays seul possède, depuis longtemps, les machines propres à la transformation des mèches longues.
Evidemment la viande tournera aussi au profit des éleveurs.
La population humaine augmente partout et partout elle demande, à la nature, une alimentation meilleure en s'appliquant à la transformation industrielle des richesses qui croissent autour d'elle.
Il en est ainsi dans les pays en croissance. Ailleurs, là où la civilisation crée une foule de besoins factices, on voit la famille diminuer en raison du bien-être acquis. Les terres nouvelles ont besoin de bras et aucun travail agricole ne vaut celui accompli en famille. C'est un fait constant, indiscutable ; il suffit à montrer que les grands espaces de la Pampa auront aussi, un jour, une réputation méritée par leur transformation utile.
En 1901, la production de la laine a été :
Europe kil. 428.564.000
Amérique du Nord kil. 138.453.000 » 138.453.000
» du Sud dont
1^ République Argentine. » 167.610.000
2° Chili )) 3.398.000
3° Brésil » 679.000
4« Uruguay » 43.488.000
50 Venezuela » 6.795.000
60 Autres pays » 9.060.000
Amérique du Nord, possessions anglaises, Mexique
Amérique Centrale et Indes occidentales » 2.265.000
Soit pour les deux Amériques » 371 .748.000
Les chiffres sont pour l'Asie kil. 124.122.000 J Q-fci-on^n
» » l'Australie.... » 231.030.000 ( '' 3o5.1o^.UdU
L'Europe donne » 428.534.000
L'Afrique » » 60.894.000
Les espérances fondées sur le développement de la richesse ovine, dans l'Amérique du Sud, sont justifiées par les chiffres ci-dessus. Sa production lainière a certainement enrichi nos industries européennes. Les éleveurs ne peuvent l'oublier ; ils continueront à en tirer tout le profit possible, car ils deviennent de plus en plus capables dans la science de l'élevage du mouton.