MADAGASCAR
Cette île a la forme générale d'une ellipse dont l'extrémité N. est amincie et dont le côté 0. est creusé de deux grandes cavités. Elle s'allonge du N. N.-E. au S. S.-O. Sa plus grande longueur est 1.G70 kil. ; sa largeur moyenne de 400 kil. La plus grande largeur est de 600 kil.
Superficie 592.000 kil. c. ou 56.000 de plus que la France.
Le massif central (800 kil de long, 300 kil. de large) hérissé de montagnes a un reliel très complexe avec des sommets de 2.550, 2.530 et même 2.680 (Tsiafajavona).
Les montagnes de l'est s'élèvent de 400 et même de 500 m. au dessus des vallées.
A l'ouest, l'altitude absolue est moindre. De ce côté, vers le N. est un plateau, et Ton peut descendre vers la mer par une pente douce.
L'allongement de l'île fait que le climat n'est pas uniforme. On peut dire qu'en général il est tropical avec deux saisons : une, de fin mars à novembre, sèche; l'autre pluvieuse
A Tamatave, en juillet, la température max. est de 27*', la température min. IS''.
La température de la côte occidentale descend jusqu'à 21*', 16° et plus bas encore à Fort-Dauphin.
A Tananarive, le moment le plus froid est de lO*^ max de 3^8 minimum.
Dans les montagnes de l'Ankaratra, l'eau se couvre d'une couche de glace. Avant le lever du soleil, le thermomètre marque 1« 5.
La saison pluvieuse a les jours les plus longs et la température la plus élevée. A Tamatave, max. février 23o à 34'^; à Tananarive, moyenne février 20^ et 31° 5.
La hauteur de l'eau pluviale a été (1882) 1.05 à Tananarive, (1884) 1.75 à Tananarive.
A Tamatave (Est) la tranche dépasse 3 mètres.
Donc rien n'est plus irrégulier que ce climat.
L'Ile de Madagascar est dans la région des vents alizés du S.-E. La mousson souille avec une grande régularité pendant la saison fraîche et abandonne sur le versant oriental, la vapeur dont elle est chargée. Pendant l'hivernage, les vents sont plus irréguliers. A Tamatave, ils viennent du N.-E. ; dans le centre et dans l'Ouest, du N.-O.
La lin de février est toujours accompagnée de cyclones qui pénètrent rarement dans le centre. L'ouragan vient de l'Equateur, traverse obliquement l'Océan indien, avant d'arriver à Madagascar.
Un tel pays prête à de nombreux détails que nous devons passer sous silence pour arriver plus vite à la question agricole ou au moins à ce qui concerne certains animaux.
Les chevaux ne prospèrent pas à Madagascar, pas plus que sur la côte voisine d'Afrique. Les Hovas y ont amené, de la Malaisie, des Zébus ou bœufs à bosse, qu'on a quelquefois dressés pour la selle. Les Malgaches, qui regrettent toujours le cheval, coupent les cornes du zébus, la bosse et même une partie du fanon. Ils s'en servent pour fouler le sol des rizières qui n'a pas besoin d'être labouré profondément.
Dans le centre, se trouvent des moutons à grosses queues et sans laines. Leur chair est coriace. La peau seule est utilisée. Nous avons pu nous rendre compte du résultat des croisements de brebis de Madagascar et de béliers de liambouillet, puis de brebis françaises avec des béliers malgaches, et nous nous sommes étonnés de la naïveté de ceux ([ui ont cru ains^ trouver quelque chose. Ils étaient loin eux-mêmes de se déclarer satisfaits.
Nous avons conseillé l'importation des béliers des Iles Falkland et de Punta-Arenas, ce dernier pays nous semblant devoir beaucoup améliorer la race. Dire pourquoi, serait répéter ce que nous avons précédemment écrit. Les terrains bas du rivage, les collines plus ^u moins rapides et plus ou moins sèches, les vents plus ou moins violents, les pluies ellesmêmes créent, entre Madagascar et ces deux pays, des ressemblances sensibles.
Pour que la laine naisse sur les moutons de Madagascar, il faut que ces moutons soient absolument transformés, comme l'a été lui-même le mérinos de Rambouillet.