‹ Histoire économique de la laineChapitre 7 sur 151 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Société d'amélioration des Laines

Le premier bulletin de cette société date de 1825.

Le but, poursuivi par quelques amis de l'agriculture aidés de cultivateurs et de fabricants, est de perfectionner les produits agricoles et manufacturiers, tout en affranchissant notre pays de la nécessité de tirer, de la Saxe, les laines superlines pour la carde, et, de l'Angleterre, de la Hollande, les belles laines à peigne.

Trente-cinq membres fondateurs, treize membres associés, trente membres correspondants. Presque tous sont des hommes distingués occupant de hautes et utiles fonctions ou exerçant des professions considérables.

Le travail de Faciot, qui précède, montre les tendances de cette société elle-même. On voit successivement au bulletin : recherches agricoles faites en Angleterre en 1825; lettre sur la nécessité de l'amélioration de la laine; rapport sur les moyens d'encourager l'introduction des moutons Dishley en France et sur les produits manufacturés qu'on en peut tirer ; observations sur le croisement du sang abyssinien, etc.

Une note finale dit qu'au moment du tirage du bulletin, une échevette de laine J)ishley, filée au n° 45 50, a été déposée au Secrétariat de la Société par M. Hindenbang tils aîné. Le 7 novembre 1824, cet habile filateur avait offert un échantillon pareil à la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, ainsi qu'à la Société royale et centrale d'agriculture.

Cette laine Dishley provenait du bélier et de la brebis achetés par le Gouvernement et déposés à lEcole d'Alfort.

Au lieu de filer en gras, comme le font les Anglais, Hindenbang a filé à sec: c'était vaincre une difficulté.

On espérait alors, grâce aux progrès de la race ovine, n'avoir bientôt plus rien à envier à l'Angleterre sous le rapport des qualités des laines. C'est pourquoi la bonne volonté des membres de la société est manifeste. Ils s'intéressent à tout ce qui concerne la question dé la laine et l'industrie lainière elle-même.

En 1826, Amiens comptait neuf lilatiires à la mécanique de laines peignées.

La Chambre de Commerce de cette ville doute de la nécessité d'employer d'autres laines que celles fournies jusque là par la France et la Hollande. « Les tissus ras de la fabrique d'Amiens ne sont pas moins Variés et ne se fabriquent pas en moindre qualité que ceux de Reims. » Nous avons de plus les bas de laine et les ouvrages très variés qui se fabriquent sur le métier à tricot, dans les arrondissements de Montdidier et de Péronne, pour lesquels on emploie une quantité très importante de laines de pays, et une ([uantité bien plus grande encore de laines de Hollande, presque toutes peignées à Tourcoing.

L'Angleterre pc

)sséda

.it, 1818,

mou

La France

La Prusse

La Saxe

Le \N'urtemberg

Bade

La Bavière

Le Baron de Mortemart a publié le tableau des laines importées, dans la Grande Bretagne, du 5 janvier 1800 au 5 janvier 1825^ tableau portant la signature de William Irwing, inspecteur général des importations et des exportations, avec le visa de Tinspecteur général de la Douane, à Londres, le 21 avril 1825.

Ce tableau est d'autant plus curieux qu'on peut se rendre compte des effets de l'état de guerre européenne.

(En livres) Laines de moutons importées dans la Grande-Bretagne

Com|ilos (léliuils par incoiidic

Les prises de guerre figurent dans ces chiffres pour

Comptes iiiccii(lié.s

Le développement des relations commerciales, sous le rapport de l'importation est chose curieuse ; nous donnerons les noms des pays d'origine et les quantités importées de ces pays en Angleterre, à trois époques différentes, d'après le tableau en question, soit en 1800, en 18LS, époque du plus gros chiffre, en 1824, dernière année de la période.

Russie

Suède

Norvège

Danemark

Prusse

Allemagne ■ .

Hollande

Flandre

France

Portugal, Açores, Madère

Espagne, Canaries

Gibraltar • • •

Italie

Malte

Iles lonniennes ...

Turquie

Guernesey, Jersey

Aldernay et Man

Indes orientales

Nouvelle-Hollande

Cap de Bonne-Espérance

Autres parties de TAirique

Colonies anglaises, Amérique du Nord

Indes occidentales anglaises

Etats-Unis

Pérou

Chili

Buenos-Ayres

Monte-\ideo

Brésil

Prise

Totaux

Il naît de progrès réels une grande émulation. Le duc de Reggion et le vicomte de la Rochefoucauld ne reculent devant aucun sacrifice pour obtenir ert grand ce que les meilleurs agronomes ne peuvent commencer qu'en petit.

Le comte de Guéhéneuc, le baron Ternaux, le baron de Galbois, Moët, Bernard, Salomon, Hennet fils possèdent de beaux moutons de Leicester. A Molle, Sellière fait marcher de front la conservation de la race pure et d'une sous-race qui permet d'égaler Vlialf-bred des Anglais.

« Son troupeau d'essai est constamment dehors ; un abri lui donne la possibilité de se protéger contre les grandes pluies. »

Partout on cherche à créer une race appropriée au sol français ; partout on évite les croisements non raisonnes. Le Southdown vit sur les terrains maigres ; pour éviter de voir la qualité de la laine s'amoindrir, on ne donne pas de gras pâturages au mouton mérinos.

Ellmann, éleveur de moutons Soutlidown a obtenu de son troupeau Années De Brebis Agneaux vivants

De 5.383 brebis 7.289 agneaux

C'est un beau résultat. Il n'est pas fait mention des brebis mortes avant Tagnelage, ni des agneaux morts en naissant.

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