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DES PIERRES SCHISTEUSES ET FIBREUSES

La nature minérale présente plusieurs espèces de pierres schisteuses, c'est-à-dire divisibles en plaques minces et unies. La plupart du temps cette fîssilité est causée par des lamelles de mica plus ou moins déterminées, et qui partagent la roche dans laquelle elles se trouvent par feuilles distinctes. Ces pierres sont fort utiles pour la couverture dès édifices, ainsi que pour la confection des dalles et de divers autres objets en forme de plaques. Lorsqu'on ne peut pas s'en procurer on les remplace fort bien par des tuiles, mais on a alors la peine d'une fabrication qui ailleurs est évitée par la générosité de la nature. Les pierres schisteuses les plus communes sont le micaschiste, qui est une roche composée de quartz et de mica ; le schiste; argileux, qui est d'argile et de mica; le grès schisteux et le calcaire schisteux. Mais de toutes ces pierres, le schiste argileux est la seule qui ait quelque importance sous le rapport de la couverture des édifices. Les autres ne sont guère employées que pour fournir des dalles ; elles ne donnent des plaques ni assez légères ni assez régulières pour qu'on puisse les employer avec succès à la construction des toitures un peu soignées.

L'ardoise est le nom commun du schiste argileux pro-

pre au service des toitures. C'est une pierre qui est connue de tout le monde. Il y en a de diverses couleurs, mais la plupart du temps elle est d'un gris caractéristique. Elle se laisse diviser en feuillets de la plus grande finesse et à surfaces planes, avec une étonnante facilité; la régularité de ces feuillets fait qu'ils se recouvrent parfaitement les uns les autres, sans laisser entre eux le moindre jour, et leur légèreté fait qu'il n'est pas nécessaire d'avoir recours à une charpente fort solide pour supporter le poids du toit ; leur ensemble est comme une peau écailleuse que l'on étendrait au-dessus des maisons pour abriter leur intérieur contre les intempéries de l'atmosphère. Quelquefois cependant, et surtout dans les pays de montagnes où les ouragans sont trèsviolents, on est obligé d'avoir recours à des ardoises pesantes/ parce que sans cela les toits courraient risque d'être dégradés, ou même emportés par la force des vents. Un toit d'ardoise bien fait ne pèse que douze à quinze kilogrammes par mètre carré. Sans ardoises, on ne pourrait arriver à un pareil résultat qu'avec des couvertures métalliques qui sont toujours fort coûteuses. On fait cependant des ardoises factices qui remplacent très-bien les ardoises naturelles, mais leur usage ne s'est pas encore établi.

Les principales ardoisières de France sont celles d'Angers et de Charleville. Le travail de l'exploitation est fort simple ; il suffit de Couper des blocs de grosseur convenable dans l'épaisseur de la masse de schiste, et de les diviser ensuite en feuillets que l'on recoupe suivant la forme voulue. Il y a encore d'atitïes ardoisières»

mais de moindre importance, près de Saint-Lô, de Cherbourg, de Grenoble, de Brives, de Redon en Bretagne, et en quelques autres lieux. Le commerce des ardoises est devenu en France une branche de commerce considérable ; c'est un des pays les mieux partagés sous ce rapport.

Nous ne terminerons pas cet article sans rappeler le service important que Ton tire des ardoises pour l'enseignement de l'écriture. On choisit pour cela des ardoises compactes et à grain fin, dont onadoucit la surface avec la pierre ponce. Le crayon doit être d'une ardoise un peu plus tendre que la tablette, afin de ne pas la rayer, et d'y laisser une trace pulvérulente qui puisse s'effacer sans aucune peine. Les ardoises, ainsi préparées, sont aussi fort commodes dans une multitude de circonstances de la vie journalière, et notamment pour les marchands dans leurs calculs de comptoir.

Il y a des pierres qui, au lieu de se partager seulement en feuillets, se partagent en filaments : c'est ce que l'on appelle la texture fibreuse. Cette texture appartient également à des substances fort différentes ; mais elle est surtout remarquable dans une certaine pierre, assez mal définie sous le rapport de sa composition, mais paraissant cependant se rapporter à l'amphibole. Tantôt ses fibres sont dures et résistantes comme celles d'un morceau de bois ; alors on donne à la pierre le nom d'Asbeste : tantôt, au contraire, elles sont flexibles comme de la soie, et on lui donne alors le nom d'Amiante. Ce minéral a acquis par sa singularité une célébrité beaucoup plus grande que celle qu'il mérite réellement

par son utilité. En le mélangeant avec du chanvre, on peut le fller, le tisser, en faire des vêtements et des dentelles ; en passant ces objets au feu, la matière végétale se consume, et il ne reste plus que la matière minérale. Ces produits nous étonnent, parce qu'ils réunissent la flexibilité et l'incombustibilité, qualités que nous ne sommes pas habitués à voir ensemble C'est ainsi que le mica forme quelquefois de grandes plaques transparentes comme le verre et élastiques comme la corne. On a proposé d'employer l'Amiante pour fabriquer un papier auquel on confierait les actes précieux ; on à proposé aussi de s'en servir pour fabriquer des mèches de lampes, qui serviraient à faire brûler l'huile sans se brûler elles-mêmes, et seraient par conséquent sans fin. Quant aux vêtements d'Amiante, ce sera toujours un objet de peu d'importance, car si ces vêtements ne s'enflamment pas, ils n'en laissent pas moins passer en partie la chaleur du feu jusqu'à la peau, et n'empêchent pas l'asphyxie causée par le manque d'air au milieu des incendies. L'usage le plus habituel de l'Amiante est de former des éponges pour l'acide sulfurique dans les petites bouteilles qui font partie de certains briquets4rèsrépandus. On trouve de l'Amiante dans beaucoup de pays, notamment dans les Alpes, dans les Pyrénées, en Corse et dans l'Oural.

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