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DE LA TERRE EN GÉNÉRAL

On désigne généralement sous le nom de terre une substance minérale, friable, incombustible, se mêlant facilement avec l'eau, du reste diversement composée. Ce nom, qui n'est point assez rigoureusement défini pour être employé dans la science, s'accomode toutefois si bien aux besoins de la vie pratique, qu'on s'en sert partout et à tout instant, et qu'on le retrouve avec la même acception dans les langues de presque tous les peuples.

Aucune substance minérale ne paraît, à première vue, plus abondante sur la planète que nous habitons, et l'on a même appliqué son nom, par extension, à la masse totale de ce globe ; elle couvre en effet presque toute la surfarce des continents et des îles, et il n'y a guère que

quelques cimes de montagnes ou quelques saillies de rochers qui en soient dégarnies, et qui montrent à nu la véritable écorce de la terre. L'épaisseur de cette terre superficielle est quelquefois considérable; et, outre cela, il s'en trouve encore quelquefois certaines couches audessous des roches qui forment le fonds de la campagne.

Les bienfaits dont la terre nous comble d'elle-même et sans travail de notre part, et les richesses que nous en tirons par notre industrie sont immenses. Les forêts, qui nous donnent les bois dont nous nous chauffons, et que nous consacrons à nos constructions et à nos meubles ; les herbes, qui constituent les pâturages et les réserves destinées à nos animaux pendant l'hiver ; les fruits, qui fournissent à notre nourriture ces biens si variés et si nombreux, sortent journellement de son sein, et se renouvellent à mesure que nous les épuisons. Les champs, les jardins, les vergers, les vignes, trouvent en elle leur premier fonds, et c'est ce fonds qui forme l'admirable atelier dans lequel l'homme vient associer sa puissance de création à celle de la nature. Les anciens, pleins de reconnaissance pour la terre, en avaient fait, sous un symbole mythologique, la mère des dieux et des hommes. C'est elle, en effet, qui donne naissance à Pan, le dieu des forêts, à Cérès, la déesse des moissons, à Bacchus, le dieu du vin, à Pomone, la déesse des fruits, à Flore et à tant d'autres divinités bienfaisantes : c'est elle qui nous entretient durant notre vie, et qui, après notre mort, donne asile dans ses entrailles à notre dépouille mortelle. Enfin, Tindustrie manufacturière, qui, dans les temps

modernes, a pris une si grande part dans les travaux de l'humanité, rencontre dans la terre, aussi bien que l'agriculture,, une multitude de ressources qu'elle exploite. Les tuiles qui couvrent nos maisons, les carreaux et les briques qui occupent tant de place dans nos maçonneries, sont de la terre. Notre vaisselle et tous ces ustensiles divers, complément indispensable du foyer domestique pour le riche comme pour le pauvre, ne sont également que de la terre. La porcelaine elle-même, cette splendide et délicate poterie, qui n'a cessé d'exciter notre admiration qu'en se multipliant et descendant à la portée de tous les rangs, n'a pas d'autre origine que cet élément, à la fois si productif, si varié, si propre à toutes les façons et à tous les genres de services.

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