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DE LA HOUILLE

La houille est le combustible minéral par excellence : on lui donne habituellement le nom de charbon de terre. C'est une substance d'un beau noir, d'une apparence éclatante, plus ou moins friable, et se laissant diviser tantôt en fragments irréguliers et tantôt en feuillets schisteux; elle brûle facilement avec une flamme blanche, une fumée noirâtre, et une odeur bitumineuse plus ou moins prononcée. Ses cendres, qui sont toujours assez abondantes, ne sont pas pulvérulentes comme celles du bois, mais présentent une multitude de petites scories mêlées de poussière. Quand on la distille, elle donne du gaz hydrogène carboné qui se dégage, divers produits odorants, et un charbon volumineux, spongieux, brillant, qui s'enflamme difficilement, mais qui produit une chaleur intense quand il esï en grandes masses; ce charbon qui est de la houille pi ivée de ses parties volatiles, est ce que l'on nomme le coke.

La houille est composée de feharbôn, de bitume et de matières terreuses. Ses qualités varient suivant la proportion de ces éléments. Celle qui est le plus chargée de bitume est celle qui donne le plus de flamme et qui s'allume le plus facilement ; mais elle est aussi celle qui tient le moins longtemps dans le feu, et qui proportion nellement produit le moins de chaleur. Quant aux parties terreuses, une bonne houille ne doit jamais en contenir plus de 5 à 6 pour 100. La composition ordinaire est de 60 à 70 parties de charbon, de 20 à 40 de bitume, 3 à 6 de cendre. Il y a du reste une infinité de différences entre les houilles, car ce ne sont point des substances dont la composition soit strictement définie; leurs qualités varient d'une mine à l'autre, et souvent, dans la même mine, il y en a de totalement dissemblables et que Ton caractérise par des noms particuliers à chaque localité. En général cependant, elles sont toutes susceptibles d'être classées en deux grandes divisions : les houilles grasses et les houilles maigres.

La houille grasse que Ton nomme aussi charbon collant, ou charbon maréchal, est d*un noir éclatant, et s'enflamme avec la plus grande facilité : en brûlant, elle se gonfle, se ramollit, semble se fondre, et finit par s'agglutiner en une seule masse, que l'on est obligé de briser pour donner passage à l'air et faire continuer le feu. Cette propriété est très-favorable pour le travail des forgerons : la houille à moitié fondue et incandescente, forme devant la tuyère du soufflet une petite voûte dans laquelle on fait chauffer les barreaux de fer, sans avoir besoin de déranger le feu, et sans avoir à craindre qu'ils

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ne s'oxydent par Faction du vent. La flamme que donne cette houille est longue et d'une blancheur éclatante ; le coke qu'elle produit est boursouflé et très-léger.

La houille maigre ou sèche contient moins de bftume que l'autre, ce qui est cause qu'elle se comporte au feu d'une manière toute différente ; sa couleur est en général d'un noir beaucoup moins intense que celle de l'autre espèce. Elle s'enflamme avec peine et seulement à l'aide d'une assez forte chaleur ; en brûlant elle garde exactement sa forme, et demeure en morceaux séparés, entre lesquels l'air circule librement; de sorte qu'il n'est pas nécessaire de remuer le feu pour le faire aller, ce qui est commode pour l'usage domestique. Elle a aussi l'avantage de durer plus longtemps et d'être par conséquent plus économique que l'autre. Ce sont ces qualités qui la font rechercher pour le chauffage de l'intérieur des maisons préférablement à la houille grasse, bien qu'elle soit sujette à répandre une odeur incommode. L'usage de ce combustible commence à se répandre partout ou on peut le livrer à bas prix, et la construction des canaux et des chemins de fer tend à le propager de plus en plus, surtout dans les grandes villes où le bois est toujours fort cher.

On a longtemps disputé sur l'origine de la houille ; il n'est plus douteux aujourd'hui qu'elle ne soit le résultat de l'accumulation des végétaux des anciens âges* On peut suivre par des dégradations insensibles la transformation du bois en houille, depuis les amas de bois à peine altérés que l'on trouve en certains lieux, jusqu'à la vraie houille dans laquelle les apparences du tissu

fibreux ont complètement disparu : certains lignites forment le passage entre ces termes extrêmes qui par leurs aspects rappellent entièrement, l'un la nature mi-* nérale, l'autre la nature végétale. Ce qui confirme encore cette opinion, c'est que les dépôts de houille sont presque toujours accompagnés d'une quantité prodigieuse d'empreintes de végétaux, qui se sont moulés dune manière durable dans les matières argileuses ou sableuses qui enclavent le combustible. Ces végétaux, qui se. sont fréquemment conservés avec une délicatesse aussi parfaite que ceHe des échantillons réunis dans les herbiers les mieux soignés, en dépit des milliers de siècles qu'ils ont traversés depuis leur enfouissement, sont entièrement différents de ceux qui existent aujourd'hu 1 sous le soleil et dans les mêmes lieux. Les botanistes ont pu étudier ces végétaux fossiles avec autant de précision que la végétation vivante de nos campagnes, et ils se sont convaincus qu'ils appartenaient à des espèces différentes de celles qui fleurissent aujourd'hui sur notre planète : les plantes qui offrent le plus de ressemblance avec celles dont les débris ont formé les houillères, sont celles des régions équatoriales. Les houilles sont, sous ce rapporl, un témoignage de la plus haute importance pour l'histoire du globe, puisqu'elles attestent par leur présence dans les régions froides et tempérées, que le climat actuel de^'équateur a jadis régné sous ces latitudes, et que la température générale du globe a par conséquent diminué depuis les temps anciens jusqu'à nos jours; l'étude des empreintes que l'on trouve dans les c juches de combustibles qui se succèdent d'étage en éta^e

dans la série géologique, montre que les plantes qui correspondent à ces diverses formations, se rapprochent de plus en plus de celles qui existent aujourd'hui, et que l'abaissement de température a élé par conséquent lent et graduel. Les familles actuelles dont les végétaux houille rs se rapprochent le plus, sont celles des fougères, des êquisétacées, des aroïdes, des Jycopodes. Il est probable que, durant les siècles où les houilles se sont accumulées, Taclivité de la végétation, favorisée à la fois par la chaleur, par l'humidité et peut-être par une plus forte proportion d'acide carbonique dans l'air, était beaucoup plus vive qu'aujourd'hui. Des plantes qui ne sont plus que des herbes étaient alors des arbres, comme l'attestent leurs troncs, que quelquefois l'on trouve encore debout au milieu des couches de sable durci où ils ont été enterrés.

La disposition des couches de houille dans des bassins, ou dans des espèces de golfes formés par des terrains d'une formation plus ancienne, autorise, à penser, avec beaucoup de vraisemblance, que ces accumulations proviennent du charriage des végétaux, entraînés autrefois dans ces anfrac|uosités par les cours d'eau qui balayaient les continents ou les îles de cette époque. Les couches sont assez régulièrement stratifiées, se moulent sur les inégalités du bassin qui les renferme, et alternent avec d'autres couches composées de matières sableuses et argileuses, provenant comme elles de l'action destructive exercée par les inondations à la surface de la terre. On y trouve quelquefois des débris de coquilles, des squelettes de poisson et divers insectes. Sans doute, lors-

que Ton considère l'énorme volume des lits de végétaux ainsi formés, que Ton ajoute à cette première idée celle de la masse bien plus puissante encore des couches alternatives de grès et d'argile, produites par les mêmes causes et durant les mêmes périodes, l'imagination s'étonne, et l'esprit se porte involontairement à rêvpr des âges antiques, occupés par des phénomènes inouïs, merveilleux, et presque sans rapport avec ceux de la vie terrestre contemporaine : il y a dans quelques localités jusqu'à soixante couches de houille échelonnées les unes au-dessus des autres, aVec des couches pierreuses dans les intervalles et se succédant ainsi sur une épaisseur totale de plus de 700 mètres. Quels prodiges de force ne semble-t-il pas qu'il faille concevoir pour l'explication de pareils phénomènes ! 11 convient cependant de ne pas se laisser emporter trop promptement à cette première impression, et de réfléchir qu'il existe à la surface de la terre une force qui agit par petites impulsions, sans ébranlements, sans éclats, mais qui, lorsqu'on la laisse faire, dépasse toutes les autres : c'est la force du temps. Ouvrez les espaces du temps aux phénomènes dont la grandeur vous confond, et vous verrez bientôt que, pour rendre compte de leur accomplissement, il n'est nullement besoin d'appeler à l'aide de la nature actuelle les renforts d'une énergie inconnue, et dont rien ne confirme avec certitude l'existence. Il ne serait pas nécessaire de faire un si grand usage de la théorie des révolutions dans l'histoire de la terre, si l'on n'était pas si porté à vouloir renfermer cette histoire dans des limites de temps comparables à celles que la contemplation de

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l'histoire de notre espèce nous a rendues familières. Qu'il ait fallu trois cents ans pour la formation du terrain houiller sur chaque mètre d'épaisseur, dès lors deux mille siècles auront suffi pour Inachèvement de la masse dont nous parlions tout à l'heure : et qu'est-ce qu'une pareille durée lorsqu'on la compare, non pas à notre courte et passagère existence, mais aux âges immenses du grand calendrier astronomique, et à la circulation de notre système planétaire autour des étoiles lointaines?

La véritable houille ne se trouve qu'à un étage déterminé de la série des terrains qui composent la croûte du globe; elle se présente toujours, lorsqu'elle ne manque pas, à la partie inférieure des terrains que l'on a nommés secondaires; mais malheureusement elle fait souvent lacune. Cela se conçoit aisément, d'après ce que nous avons dit de sa formation; caries circonstances dont la présence était nécessaire pour son accumulation et sa conservation, ont pu ne point exister dans un grand nombre de localités : ce sont donc seulement quelques lieux privilégiés, disséminés çà et là sur nos continents, qui ont reçu ce premier dépôt. Tantôt les couches, cachées sous les bancs de pierre qui les couvrent, reposent à des profondeurs considérables au-dessous du niveau de la mer; comme dans le département du Nord, où elles descendent à 5 ou 600 mètres plus bas que la surface de l'Océan, et comme à Whitehaven en Angleterre, où on en exploite au-dessous du fond de la mer jusqu'à une distance de plus d'un quart de lieue du rivage; tantôt, au contraire, elles se trouvent dans les

montagnes à des hauteurs où, non-seulement les eaux de la mer ne sont jamais montées, mais où les végétaux cessent de croître; il yen a dans la grande Cordillère, à plus de 4,000 mètres d'élévation absolue au-dessus de l'Océan: dans les Alpes, il y en a aussi à une fort grande élévation.

L'épaisseur des couches est très-variable. Tantôt elles ont moins de 40 centimètres d'épaisseur, tantôt elles ont 8 mètres et même davantage; en général, cette épaisseur varie de 1 à 2 mètres. Les zones tempérées dans les deux hémisphères paraissent être celles où les dépôts de houille sont les plus abondants et les plus riches; c'est un avantage que ces régions, déjà si bien partagées sous tant d'autres rapports, ont encore à ajouter à ceux dont elles ont le privilège. Il est possible que cette circonstance tienne à ce que le climat de l'équateur était trop ardent pour la végétation à l'époque où le climat des zones tempérées était analogue à celui que possède aujourd'hui l'équateur : dans cette hypothèse, les contrées équatoriales n'auraient été qu'une terre aride et déserte, dans le même temps où les terres placées latéralement au nord et au sud se seraient trouvées garnies au contraire d'épaisses et vigoureuses forêts, périodiquement ravagées par les crues annuelles des rivières, et destinées à se transformer en couches de houille pour la commodité et l'industrie des nations futures.

Tantôt les couches de houille viennent aboutir à la surface du sol, et alors on les exploite à ciel ouvert, ou, ce qui es*t plus ordinaire, par des galeries horizontales ou inclinées, que l'on creuse dans leur intérieur : ainsi,

à Saint-Étienne et à Commentry, on voit des tranchées d'exploitation entièrement découvertes comme des carrières de pierre; à Sarrebruck, plusieurs couches qui affleurent dans la vallée, un peu au-dessus du niveau de la rivière, sont, au contraire, attaquées souterrainement, suivant de longues percées qui s'y enfoncent. Tantôt, au contraire, les couches demeurent profondément enferrées, recouvertes, soit par des couches de grès houiller, soit par des terrains d'une tout autre formation, et qui n'ont aucun rapport avec la houille : alors, quand l'existence de la houille dans ces profondeurs est suffisamment constatée par des sondages d'essai, on y descend par des puits verticaux qui recoupent successivement les couches placées aux divers étages ; on pénètre ensuite dans chaque couche par des galeries dirigées suivant sa .courbure, qui est souvent fort compliquée : certaines couches ayant la forme d'un bateau, certaines autres la forme d'une selle renversée. On divise le massif général par quartiers, que l'on enlève successivement et avec ordre, en laissant ébouler derrière soi les terrains supérieurs, ou en les maintenant par des remblais; la houille abattue, Toulée à bras ou dans des chariots à chevaux jusqu'au bas des puits, est élevée au jour par des machines à vapeur; c'est donc elle-même qui, par l'industrie de l'homme, fait une partie des frais de son extraction; elle échauffe la vapeur, et la vapeur devient le principe de force qui la fait monter hors de la mine. 11 ne resterait, pour rendre cette exploitation tout à fait admirable, qu'à inventer des machines qui scieraient ellesmAmes des quartiers de houille dans la masse; des m«-

chines locomotives conduiraient jusqu'au puits la houille ainsi abattue; et il suffirait de quelques ouvriers pour présider à une exploitation immense et qui occupe aujourd'hui des centaines de bras.

L'affluence des eaux rend souvent l'enlèvement de la houille fort coûteux. Si les eaux sont abondantes et que la mine soit profonde, on conçoit que le dessèchement des travaux ne peut se faire que par l'emploi d'une quantité de force considérable ; on est obligé de payer chaque tonne de houille qu'on extrait, du prix de l'extraction d'une certaine masse d'eau qu'il faut extraire aussi. Ce droit de péage est souvent ruineux et oblige à déserter la mine, qui ne tarde pas alors à se noyer entièrement. Quelquefois on parvient à se débarrasser de la gène des eaux en fermant hermétiquement les passages par lesquels elles débouchent, ou les anciens travaux dans les.-, quels on les laisse s'accumuler : mais c'est endormir l'ennemi au lieu de le détruire ; et malheur aux téméraires mineurs qui ont donné asile au danger si près d'eux, si cet ennemi se réveille au-dessus de leurs tètes et renverse les digues dans lesquelles ils avaient pensé l'emprisonner. Quand existe à une distance peu considérable de la mine une vallée assez profonde pour que son fond soit à peu près au même niveau que la partie inférieure des travaux, on pratique, pour se délivrer des eaux, une galerie qui met les travaux en communication avec cette vallée, et par laquelle les eaux s'écoulent naturellement; il n'y a d'autres frais que la dépense première occasionnée par le percement de cette galerie, qui est ce que l'on nomme une galerie d'écoulement.

L'eau n'est pas le seul ennemi que les mineurs aient à affronter dans leurs travaux souterrains : le gaz hydrogène qui est enfermé dans certaines couches de houille comme dans une éponge, et qui s'en dégage à mesure que Ton y pratique des entailles, cause parfois des incendies plus redoutables encore que les déluges. A l'instant où ce gaz se trouve mélangé avec l'air en assez forte proportion, la moindre lumière enflamme le mélange, tout l'intérieur de la mine se trouve embrasé d'un seul coup, les voûtes s'ébranlent, et les hommes, au milieu de cette flamme qui prend subitement la place de l'air, sont consumés, asphyxiés, écrasés sous les débris. On a inventé une lampe, la lampe de Davy, qui jouit de la propriété de ne point mettre le feu aux mélanges inflammables, mais elle n'empêche pas l'asphyxie, qui d'ailleurs est souvent causée par le manque d'air ou par des invasions d'acide carbonique, et, en outre, comme cette lampe est peu économique en ce qu'elle neutralise une partie de la lumière, les pauvres ouvriers négligent quelquefois de s'en servir, et il suffît d'un moment d'imprudence de leur part pour tout perdre. Les mineurs allemands ont en usage, depuis les plus anciens temps une belle formule de salut: lorsque, dans quelque carrefour de ces dures régions si profondément séparées dp la lumière du jour, et dans lesquelles on désire la liberté de la respiration comme un bienfait, deux passants se rencontrent, ils ne prononcent pas d'autre bénédiction que cette simple et mélancolique parole — Gluck aufl — (Quale bonheur soit au-dessus). Ce n'est pas sous la lerreen effet que l'on jouit des douceurs de la richesse

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que Ton y va chercher. Ne serait-il pas juste que les pauvres, qui se condamnent à une vie si pénible, soient appelés à recueillir par compensation, lorsqu'ils revoient la lumière du ciel, une plus large part des biens qu'ils * ont contribué à créer?

Il n'y a pas de pays où l'exploitation des mines de houille ait acquis plus d'importance qu'en Angleterre ; c'est à ce précieux combustible que ce pays doit en grande partie sa prépondérance industrielle. Le territoire de la France, quoique moins bien traité sous ce rapport que celui de l'Angleterre, est cependant assez riche- en gisements houillers. Le travail des mines y a pris un grand développement, surtout depuis le commencement de ce siècle, et son activité, qui n'a cessé de croître d'année en année, promet d'atteindre encore plus haut. Les mines occupent maintenant plus de cent mille ouvriers, et la production annuelle s'est élevée, en 1859, à près de 75 millions de quintaux métriques. Cette quantité de houille revient à un massif cubique d'environ 210 mètres de côté, près de trois fois aussi haut que la coupole du Panthéon ; et son prix s'élève sur les lieux d'extraction, c'est-à-dire indépendamment de l'accroissement de valeur causé par le transport, à une somme d'environ 90 millions de francs : on peut estimer à une sommé à peu près triple son prix sur les lieux de consommation. Depuis quinze ans la consommation de la houille a doublé en France. A la quantité de houille que nous venons de mentionner, et qui provient uniquement du territoire français, il faut encore en ajouter environ 58 millions de quintaux qui sont venus

d'Angleterre et de Belgique, pour alimenter nos industries malgré les droits d'entrée dont on les frappe à la frontière. La production de l'Angleterre est décuple de celle de la France.

Les deux centres principaux de l'exploitation houil- 1ère en France sont Valenciennes et Saint-Étienne. A Valenciennes, on a lire, en 1859, 15 millions de quintaux métriques, et à Saint-Étienne, 20 millions. A Saint- Étienne, la concurrence qui existe entre les nombreux propriétaires de mines, est cause que le charbon estproportionnellement moins cher qu'à Valenciennes, où presque toutes les mines sont dans les mains d'une seule compagnie très-puissante, et qui profite largement du monopole qui lui est assuré par le bénéfice de sa concession, et par la loi de douane. H y a encore des mines de charbon sur un grand nombre d'autres points du territoire français, mais le défaut de communications faciles et économiques, fait que leur exploitation est limitée par la consommation de leurs alentours, et de quelques fabriques établies à peu de distance : il est cependant facile de prévoir qu un jour, par suite du développement industriel de la France, ces points, dont quelques-uns ont à peine aujourd'hui une faible importance, deviendront, sous le rapport de la production manufacturière, les cantons les plus riches et les mieux situés de notre pays : pauvres dans le temps actuel, leur opulence future est certaine; ils ont été marqués à l'avance pour devenir des arrondissements principaux d'industriels. Les départements qui ont reçu de la nature le don de ce précieux combustible, sont, d'après

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Tordre de leur importance minéralogique, les suivants : Loire, Nord, Gard, Saône-et-Loire, Pas-de-Calais, -Allier, Aveyron, Bouches-du-Rhône, Tarn, Hérault, Nièvre, Isère, Haute-Saône, Mayenne, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Maine-et-Loire, Moselle, Ardèche, Loire-Inférieure, Vendée, Sarthe, Rhône, Calvados, Creuse, Deux-Sèvres, Bas- Rhin, Hautes-Alpes, Corrèze, Var, Basses-Alpes, Vaucluse, Vosges, Ain, Aude, Lot, Cantal, Dordoghe. Cet ensemble est relatif à l'anthracite et au lignite en même temps qu'à la houille. La dissémination des combustibles minéraux, comme on le voit, est assez, grande, et si elle n'est pas parfaitement égale, c'est que les diverses parties du territoire ont' des avantages différents ; et que d'ailleurs aucun pays n'a été fait pour une répartition de population d'une égalité absolue.

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