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des soulèvements contre le thaumaturge; et ici se présentent des considérations décisives que nous exposerons plus tard.
Cette fois encore, pour entendre le récit évangélic[ue de la multiplication des pains et des poissons, il faudrait recourir au mystère et à l'allégorie : voir dans les douze corbeilles ou les douze tribus ou les douze apôtres et, dans les cinq pains, le pain mystique de la sagesse et de la foi C{ui nourrit l'âme des enfants de Dieu.
Mais cette ressource des paraboles et des allégories chiméricjues ne peut même pas s'appliquer à tous les miracles, et notamment à celui de Cana. « Jésus, sa mère et ses disciples avaient été invités à une noce ; le vin manquant à la fm du repas : et lorsque, dit l'évangéliste, les convives étaient déjà ivres, Jésus fit remplir d'eau six vases de pierre contenant chacun trois grandes mesures, et changea cette eau en vin'^. »
On a calculé que ces dix-huit mesures équivalaient à huit ou dix hectolitres, c'est-à-dire de quoi enivrer toute la petite ville de Cana. En général, les niiracles de Jésus ont un but utile ou une signification 'morale. Mais ici où est l'utilité, oii est la moralité de
-1. Jean, ii, 1-7,
212 HISTOIRE CPilTIQUE DE JÉSUS.
ce changement de l'eau en vin pour des gens qui ont déjà trop bu? Quoique Jésus nous apprenne lui-même que les Juifs l'appelaient « buveur et gros mangeur, » vorax et potator vini^j, nous savons qu'il était un modèle de tempérance; par conséquent, à faire un miracle, il eût été plus naturel de changer le vin en eau, et de donner ainsi à ces convives intempérants une leçon de sobriété.
fl. Matth., XI, 49.