‹ Histoire élémentaire et critique de JésusChapitre 110 sur 169 · Jc::n, XI, 54. oG · texte numérisé non relu

Jc::n, XI, 54. oG

Si le miracle est authentique, s'il peut supporter une enquête, pourquoi se cache-t-il? Qu'a-t-il à craindre? De qui a-t-il peur? Un prodige aussi éclatant suffisait pour confondre ses ennemis et même pour les convertir. Quant à Lazare, dans tous les cas, il est évident qu'il n'avait rien à craindre. Lui aussi, cependant, prend la fuite. S'il est réellement ressuscité, c'est là un acte non-seulement d'ingratitude, mais de lâcheté sans exemple. Saint Épiphane dit que, d'après une tradition, Lazare avait alors trente ans et qu'il a vécu trente ans encore. Pourquoi n'entend-on plus parler de lui? Pourquoi, lorsque Jésus est arrêté et mis en jugement, ne rend-il pas témoignage à celui qui, par un prodige et une bonté extraordinaires, l'a ramené de la mort à la vie? Et après la mort de Jésus, pourquoi ne s'est-il pas joint aux disciples? Pourquoi les apôtres n'ont-ils pas choisi, pour remplacer Judas, l'homme dont l'existence seule était le plus éloquent des discours, la preuve irrécusable de

la divinité du Maître?

Ces questions, auxquelles il est impossible de faire une réponse raisonnable, et qui ne s'appliquent pas seulement à Lazare, mènent à des considérations qui trouveront leur place naturelle dans le dernier chapitre de cet ouvrage.

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