‹ Histoire élémentaire et critique de JésusChapitre 126 sur 169 · Luc, x\ii · texte numérisé non relu

Luc, x\ii

l'escorte. Pour ce seul fait, il est arrêté, et se sauve tout nu en laissant son vêtement dans les mains de la police^. Gomment concilier cette sévérité pour ce jeune homme, simplement curieux et inoffensif, avec l'impunité de Pierre insurgé et coupant une oreille au chef de la force armée? Et cette impunité va plus loin. Les apôtres, voyant Jésus arrêté et lié, l'abandonnent et prennent tous la fuite, omnes fugerunt^. Pierre le suit de loin, et nous allons le retrouver se chauffant et tranquillement assis au milieu de ceux contre qui il vient de tirer l'épée.

Dans cette partie du récit évangélique, tout, sauf le fait matériel de l'arrestation, est ou invraisemblable, ou impossible, ou visiblement légendaire. Il est invraisemblable qu'on ait envoyé une cohorte pour arrêter Jésus; impossible que Pierre, s'il eût frappé M al chus, l'eut frappé impunément, impossible que les princes des prêtres, les officiers du Temple et les anciens du peuple se soient joints à l'escorte. Quant à l'ange envoyé pour consoler Jésus, qu'il ne console pas, quant à l'escorte qui tombe la face contre terre et à l'oreille de Malchus, ce sont-la des légendes sorties de l'imagination exaltée des premiers chrétiens et arrangées par les évangélistes.

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