‹ Histoire élémentaire et critique de JésusChapitre 14 sur 169 · Apnl. conlra Ru/f., lib. II, t. II, p. 334 et 33o · texte numérisé non relu

Apnl. conlra Ru/f., lib. II, t. II, p. 334 et 33o

téi'er ou se corrompre sans trop de bruit et de scandale, nous ferons remarquer que saint Jérôme luimême, si sévère pour les copistes inintelligents ou faussaires, et qui reproche si durement à Ruffm la manière dont il a traduit les écrits d'Eusèbe et d'Origène, ne s'est pas lui-même montré plus scrupuleux. Il avoue que, en traduisant Origène, il a cru devoir retrancher ce cjui pouvait être nuisible , et ne laisser que l'utile et le bon ^, et il s'autorise de l'exemple de saint Hilaire et d'Eu^be, évêcjue de Terceil. qui ont, dit-il, suivi la même méthode-. Et ailleurs, dans sa préface sur le livre d'Eusèbe, des Lieux hébraïques, il reconnaît qu'il a mochfié certains passages et omis ce qui ne lui semblait pas chgne de mémoire^.

Si saint Jérôme, malgré la notoriété sans rivale qu'il devait à la grandeur de son esprit et à l'étendue de son érudition, a pu oublier ainsi l'exactitude qu'il exigeait si impérieusement des autres, C|uelle liberté n'ont pas dCi prendre des auteurs moins illustres à tous égards, et par conséquent moins surveillés! Ils ont tout falsifié, troncjué, même les con-

1. Ep. 6 2, ad Theoph. Alex., t. II, p. 272, et Apol. contra Rujf., lib. Il, t. 11, p. 326.

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