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terre en Bithynie, il ne s'ensuit pas qu'il y en ait eu un à Jérusalem ; enfin, môme en admettant une éclipse de soleil et une éclipse totale , il est impossible que l'obscurité s'étende sur toute la terre. Cette obscuriîc ne dure pas plus de cinq à six minutes, et celle des évangélistes dure trois heures.
La quatrième année do la 202^ Olympiade correspond à l'an 36 de l'ère vulgaire et à la 22" année du règne de Tibère. Mais alors Jésus était mort depuis trois ans, et l'année de sa mort est la première et non la quatrième de la 202° Olympiade. Or, de l'aveu de tous les astronomes, il n'y a pas eu, il n'a pas pu y avoir d'éclipsé durant tout le cours de la dix-huitième année de Tibère, qui fut celle de la mort de Jésus. Le témoignage de Phlégon, qui d'ailleurs a commis d'autres erreurs relevées par les astronomes, est ici sans valeur. Mais, ce qui tranche la question, c'est c{ue les éclipses de soleil ont lieu avec la lune nouvelle et que Jésus est mort au moment de la pleine lune. Le récit de l'I'hTaigile a donc contre lui le plus péremptoirc de tous les arguments : Timpossibilité physique, les lois inébranlables de l'astronomie.
Il n'y avait qu'une manière de répondre à celte objection, c'était de considérer celte éclipse comme un fait surnaturel, en dehors du cours ordinaire des astres : les Pères n'y ont pas manqué. Denys
i'Aréopagite raconte, ou plutôt on lui fait raconter, car ses lettres sont évidemment apocryphes, qu'étant à Héliopolis avec Apollophane, ils virent la lune quittant sa place marcher droit au soleil j, en intercepter les rayons et produire l'obscurité merveilleuse dont parle l'évangéliste. Saint Jérôme dit que le soleil n'osa considérer son Seigneur attaché à la croix, et saint Grégoire de Nazianze que le soleil , touché des douleurs de Jésus, se couvrit d'obscurité. La rhétorique de saint lïilaire est encore plus hardie : u Le soleil, dit-il, tomba en défaillance et ne put poursuivre sa route. » Il n'y a donc pas eu d'éclipsé.
Quant aux ténèbres qui « couvrent la terre, » c'est là une de ces inventions c{u'on trouve chez tous les peuples aux époques où les poètes ont à raconter de grands forfaits ou de grandes catastrophes nationales. « Après la mort de César, dit Virgile, le soleil, prenant pitié de Rome, couvrit son disque d'un voile sanglant et fit craindre à ce siècle impie une nuit éternelle^. )) Il y eut un très -grand nombre d'autres prodiges aussi surprenants que celui-là, et dont tous les lettrés connaissent l'admirable description. Toutes ces inventions ont la même source et la même valeur = Merveilleuses en poésie, respectables comme expres-