SEPULTURE DE JESUS
La loi défendait expressément de laisser au gibet le cadavre du criminel exécuté, et ordonnait de l'ensevelir avant la nuit, a Tu ne manqueras pas de l'ensevelir le même jour, car celui qui est attaché au bois est maudit de Dieu ; c'est pourquoi tu ne souilleras point la terre que rÉternel t'a donnée en héritage^. » Il fallait donc, sous peine de violer la loi et de profaner la fête de Pâques, que les cadavres des trois suppliciés disparussent du Golgotha avant le commencement de la fête, a Les Juifs, dit Jean, allèrent prier Pilate d'ordonner qu'on rompît les jambes des patients et qu'on les ôtât de là. Et Pilate l'ayant permis, les soldats rompirent les jambes des deux larrons, mais ne louchèrent pas à Jésus, qui é(ait déjà mort. Scu-
1, DeiilcT., XXI, 22, 23.
lement, un soldat lui ayant d'un coup de lance ouvert le côté, il en sortit du sang et de l'eau ^. »
D'abord, en ce qui concerne Jésus, on ne s'explique pas cette démarche des Juifs. Il expira, disent les évangélistes , en poussant un grand cri. Par conséquent, les Juifs qui assistaient au supplice devaient savoir qu'il était mort. Pilate, quand on le lui dit, en parut fort surpris. Il savait que les crucifiés mouraient généralement d'une mort très-lente. Quelquesuns ont vécu longtemps sur la croix, ce qui se comprend lorsque le patient était d'une grande force physique ou d'une grande énergie morale; Juste- Lipse en cite plusieurs exemples 2. Tous les évangélistes disent que Jésus était au milieu, et on ne comprend pas pourquoi le soldat chargé de briser les jambes des trois commence par un des larrons et passe à l'autre, laissant entre les deux Jésus qu'il devait frapper le second. S'il l'épargne parce qu'il le croit mort, pourquoi lai ouvrir le côté d'un coup de lance? 11 en coula du sang, dit l'évangélisle. Alors, comme le soldat ne put pas supposer qu'il sortait du sang d'un cadavre, il dut croire qu'il s'était t-rompé, que Jésus vivait encore, et lui rompre les