LE NOUVEAU TESTAMENT. — LES LIVRES APOCRYPHES
Le canon du Nouveau Testament comprend les quatre Évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean, les Actes des Apôtres attribués à saint Luc, quatorze Épîtres de saint Paul^ une de saint Jacques, deux de saint Pierre, trois de saint Jean, une de saint Jude et l'Apocalypse. Il n'a été fixé définitivement en Occident qu'au commencement du v' siècle, vers 405, après de longs tâtonnements et de vives controverses. Il existait un Nouveau Testament au commencement du lu^ siècle , mais différent de celui que nous possédons : celui-là les Pères apostoliques ne l'ont point connu, et leurs ouvrages ne renferment pas un seul mot qui désigne les quatre Évangiles canoniques. Dans les Eglises d'Orient, c'est seulement à la fin du VII' siècle (691 et 692) qu'on s'occupa officiellement
du canon, et cette question capitale n'y a jamais reçu de solution définitive.
Le plus ancien catalogue des livres canoniques reçus par l'Église romaine, publié par Caïus entre 200 et 220, renferme les quatre Évangiles, les Actes des Apôtres, treize Épîtres de saint Paul, une de saint Jude, deux de saint Jean, l'Apocalypse de saint Jean, l'Apocalypse de saint Pierre et le Pasteur d'Hermas^. Ainsi l'Église ne recevait pas comme canoniques l'épître de saint Paul aux Hébreux, celle de saint Jacques, les deux de saint Pierre et une de saint Jean, tenues aujourd'hui pour canoniques, et elle admettait le Pasteur et l'Apocalypse de saint Pierre, qu'elle rejette entre les apocryphes. Cependant, en ce qui concerne les deux apocalypses, l'auteur du catalogue dit que les prêtres de Piome, pour la plupart, doutant de l'authenticité de ces deux livres, refusaient de les lire dans les églises.
La version syriaque du Nouveau Testament, dite la Simple, n'admet pas les deuxième et troisième Épîtres de saint Jean, la deuxième de saint Pierre, celle de saint Jade et l'Apocalypse, et cette exclusion ast d'un grand poids, l'Eglise syriac[ue étant bien
1. Dans le fragment conservé par Maratori, il manque toute la partie relative à rAncien Testament. Anliq. ital. mcdii œ:ij t. III. p. 854.
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informée de ce que les apôtres ont fait et écrit. Ces livres se trouvent dans le catalogue de Ebed-Jésus, publié par Abraham Echellensis, mais il a été convaincu de falsification^.
L'Épître aux Hébreux, attribuée par les uns à saint Clément Romain, et par d'autres à saint Barnabe, lue dans quelques églises comme originale, repoussée par un plus grand nombre comme une traduction, et longtemps regardée comme apocryphe par l'I^^glise romaine, ne fut adoptée déhnitivement qu'au commencement du v' siècle 2. Les Épîtres de saint Jude et de saint Jacques, les deuxième et troisième de saint Jean ont donné lieu aux mômes controverses.
Mais, de tous les livres du Nouveau Testament, aucun n'a rencontré autant d'opposition que l'Apocalypse de saint Jean , universellement regardée par les premiers chrétiens comme une imposture de Cérinthe. Caïus l'accuse formellement d'avoir pris le nom d'un grand saint, inventé des merveilles et supposé des révélations pour autoriser sa chimère du règne de mille ans pendant lequel, Jésus régnant sur la terre, les saints devaient jouir de toutes les délices possibles. Pour répondre aux sectaires entêtés de ces