‹ Histoire élémentaire et critique de JésusChapitre 18 sur 169 · Ad. Rom., î, Î · texte numérisé non relu

Ad. Rom., î, Î

Le premier livre se compose de quatre Songes ou Visions. Hermas raconte que, ayant vu une jeune femme qui se baignait dans le Tibre, il lui tendit la main, l'aida à sortir de l'eau, et, ajoute-t-il, « je pensai en moi-même combien je serais heureux si j'avais été le mari d'une femme aussi belle et aussi vertueuse. » Quelque temps après, il est transporté dans un lieu que les eaux, les rochers et les précipices rendaient inaccessible aux hommes. Il tombe à genoux, et confesse ses péchés; alors le ciel s'ouvre, et il voit la même femme vieille cette fois, mais toujours belle. Elle lui reproche sœ désirs criminels, sa faiblesse pour les désordres de sa femme et de ses fils. Elle lui apparaît une troisième fois, vôlue d'une robe éclatante, tenant un livre à la main et lui prédit les maux qui doivent affliger l'Eglise de Jésus-Christ. Dans le second livre, intitulé des Préceptes^, un ange, sous la figure d'un berger, enseigne à Ilermas le moyen de faire pénitence et d'être agréable à Dieu. Le troisième, inlitulé des Similitudes^, renferme dix Similitudes indiquant les qualités requises de ceux qui composent le corps de l'Église et qui peuvent Icui' assurer le royaume de Dieu.

Le Pasteur est une sorte de pocme gnosticoébionite, où quelques critiques aduiirent la suavité du sentiment et l'inimitable simpHcité qui caractc-

risent les écrits des temps apostoliques. Au fond, c'est une assez insipide élucubration. Cependant, sauf saint Jérôme et saint Prosper qui en font peu de cas, les Pères de l'Église le citent avec respect. Le concile tenu à Rome en /i96 le mit au rang des livres apocryphes.

Eusèbe est le premier qui ait parlé de la lettre d'Abgare et de la prétendue réponse de Jésus ^. 11 a été soupçonné de les avoir fabriquées lui-même, ou du moins de s'être prêté à une de ces fraudes pieuses, fort communes dès le ii' siècle , et dont les orthodoxes et les hérétiques usaient également sans scrupule. Cependant, ces deux pièces ont été reçues par saint Ephrem, Procope, saint Jean Damascène, Evagrius; et le comte Darius, dans une lettre à saint Augustin, le prie de lui envoyer quelques-uns de ses ouvrages « à l'imitation du Sauveur qui ne dédaigna pas d'écrire au roi Abgare. » Cave et Tillemont ont cru aussi à l'authenticité de ces lettres, crédulité qui étonne quand on réfléchit au silence de tous les évangélistes sur un hommage aussi éclatant que celui d'un roi qui écrit à Jésus : a Je crois que vous êtes Dieu ou le fils de Dieu. » Après une telle déclaration, Jésus n'aurait pas eu besoin de demander aux apôtres : (c Qui

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