Ircn., adv. Ilœr., lib. lïl, cnp. ii et xi
JO IIISTOIPvE ELEME^'TAIRE DE JE SCS. .
Cet argument cabalistique, imité du char qu'Ézécbiel vit tiré par quatre animaux , ayant quatre ailes et quatre visages , et où des sectaires découvrirent une source de doctrines mystérieuses, peut être goûté par les esprits enclins au mysticisme , mais pour la critique et pour l'histoire il est sans valeur. Cependant, il fit une grande impression sur plusieurs écrivains des premiers siècles. Saint Cyprien le reproduit en lui donnant une nouvelle forme. « Il y a, dit-il, quatre Évangiles, parce qu'il y a quatre fleuves dans le paradis terrestre*. » Saint Jérôme compare les quatre Evangiles aux quatre anneaux qui servaient à porter l'Arche -, et oubliant qu'Adam n'est pas un nom latin, il ra^pproche les quatre Evangiles des quatre lettres de ce nom , et ajoute que si tous les hommes viennent à la vie par Adam, ils viennent à la foi par les quatre évangélistes.
En résumé, si les Évangiles sont la source de la vérité, on doit reconnaître que cette source n'a pas toujours coulé pure jusqu'à nous. Aussi, saint Augustin , dans sa dispute contre les Manichéens , fut-il amené à faire cet aveu si grave : (( je ne croirais pas à l'Évangile, si je n'y étais contraint par l'autorité do rÉglise. »