XII PREFACE
TEurope jusqu'au vii^ siècle, et contre le socinianisme qui dure encore sous vingt noms différents.
Il y a une école de théologie qui s'est habituée à regarder la Bible comme sa propriété particulière, et comme un intrus tout laïque qui ose y pénétrer. Cette école s'obstine à considérer la religion, non comme un élément naturel de civilisation et de progrès, mais comme une chose fixe et immuable, méconnaissant ainsi le plus constant enseignement de l'histoire, qui nous montre les religions naissant et se propageant, finissant ou se transformant comme les autres institutions de ce monde. Chacune condamne les autres comme des impostures ou des idolâtries ; chacune se proclame infaillible, indéfectible, absolue; chacune se glorifie de ses martyrs, s'appuie sur des miracles et s'arroge l'empire du monde. Et cependant, on n'en citerait pas une qui ait impunément bravé l'action lente, mais irrésistible du temps.
Jusqu'au temps d'Harvey et de Galilée tout le monde a cru à la stagnation du sang et à l'immobilité de la terre, et pourtant personne n'y