Matth., III, 4. — Marc, i, G
et le frappera jusqu'aux racines. Tout arbre qui no porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. » Et comme ceux cfu'il attaquait ainsi lui demandaient ce qu'il fallait faire, il répondait, aux riches : « Il faut partager votre pain avec ceux C[ui ont faim, et si vous avez deux vêtements en donner un à ceux qui n'en ont point; » — aux receveurs des contributions , qui , sous la domination romaine , pesaient si lourdement sur le pays : a N'exigez rien au delà de ce ce que vous êtes strictement chargés de percevoir; » — aux militaires : « Ne violentez personne, ne rançonnez personne, contentez-vous de votre solde ^. »
Ce paroles prouvent c|ue si, par l'austérité de sa vie, Jean touchait à la secte des Esséniens, il était, par ses doctrines, du parti des Zélateurs. Ce parti avait un double but : détruire l'influence des Pharisiens, ennemis de toute réforme religieuse; arracher la nation aux étrangers c|ui opprimaient la Judée après l'avoir conquise, a L'enthousiasme, dit Josèphe, était l'âme de ce parti, sa doctrine une liberté et une égalité parfaites. » La pohce romaine le traquait et le traitait impitoyablement. Il donna partout des preuves d'une fermeté invincible et d'un
•!. Luc, III, 3 à !i.
stoïcisme inconnu jiiscjii'alors chez les Juifs. « On ne pouvait voir sans étonnenient leur constance, tellement inébranlable que je ne sais si l'on doit la nommer fermeté cFàme, ou fureur, ou folie, car au milieu des tourments les plus terribles cjue l'on puisse imaginer on ne put jamais décider un seul d'entre eux à donner à l'empereur le nom de maître. Leurs âmes paraissaient insensibles aux douleurs que souffraient leurs corps , et ils semblaient prendre plaisir à voir le fer les mettre en pièces et le feu les consumer ^. »
Les discours des chefs de ce parti tombaient au milieu d'une multitude misérable, irritée et qui, n'entrevoyant aucun remède à sa détresse , cédait aveuglément à toutes les excitations. Les prophètes avaient annoncé qu'un libérateur relèverait le trône d'Israël, viendrait juger le pauvre avec douceur, récompenser le juste, exterminer l'impie -. Plein de ces espérances, le peuple juif attendait impatiemment ce Messie qui devait rétablir, au profit des pauvres, le royaume de la terre usurpé par les méchants.
Faisant écho à ces douleurs, flattant et exaltant ces illusions, Jean-Baptiste entraînait les populations