‹ Histoire élémentaire et critique de JésusChapitre 76 sur 169 · Id., MI · texte numérisé non relu

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lombe descendre sur lui, il entend une voix du ciel qui s'écrie : « Voilà mon fils bien-aimé en c|ui je me complais; » et lorsque, à ces prodiges, Jésus a ajouté les miracles de sa prédication, Jean doute encore c|u'il soit le vrai Messie et lui fait demander s'il faut en attendre un autre !

Le quatrième Évangile n'a pas sur ce point de ces invraisemblances, et son récit, quoique dépourvu de base réellement historique , explique plus naturellement les rapports de Jean - Baptiste avec Jésus. D'abord, il exclut entre eux non -seulement toute parenté mais tout rapport antérieur. Jean-Ba,ptiste a une immense popularité ; Jésus, au contraire, à peine connu de quelques pêcheurs de la Galilée, entre dans la carrière de réformateur; le témoignage de Jean doit le recommander au peuple convaincu que la venue du Messie doit être précédée de l'apparition d'un grand prophète. Le prophète ici, c'est Jean ; Jean déclare donc qu'il a vu l'esprit de Dieu descendre du ciel en forme de colombe et s'arrêter sur Jésus qu'une voix céleste a, en même temps, désigné comme le fils bien-aimé de Dieu. 11 le proclame donc l'agneau qui doit effacer les péchés du monde, celui qui doit baptiser dans l'Esprit-Saint, tandis que lui, Jean, ne baptise que dans l'eau.

Rien ne manque à ce récit pour frapper l'imagi-

iU HISTOIRE ELEMENTAIRE

nation. La colombe qui désigne le Messie attendu est un mythe qui rappelle habilement, d'un côté les superstitions orientales, de l'autre quelques traditions judaïques. Dans l'Ancien Testament, la colombe est une messagère de joie ^ et un symbole de méditation -. Les colombes, dit Sainte-Croix, étaient l'objet d'une sorte de culte pour les Galles d'Hiérapolis. a Ils n'osaient les toucher et s'il leur arrivait de le faire involontairement, ils se regardaient, pour tout le reste de ce jour-là, comme souillés d'un sacrilège. » Ce respect pour les colombes, ajoute M. S. de Sacy, dans ses notes sur l'ouvrage de Sainte-Croix, est fort ancien en Orient, on le retrouve chez les musulmans, principalement à la Mecque. L'Ancien Testament semble offrir des traces d'un respect analogue^.

C'est à dater de ce moment que Jésus entre dans sa carrière de réformateur. Il y marche d'abord d'un pas incertain et avec une circonspection motivée par les circonstances. Jean, de plus en plus agressif, entretient une agitation qui ne saurait être tolérée plus longtemps; un orage se prépare, et Jésus a de bonnes raisons pour ne le point braver. Si la popularité de

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