MalLh., IV, 1-10. — Miirc, i, ! 2, 13. — Luc, iv, 'i-ia
ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Belle sentence, s'il s'agit de la vie morale et des aspirations de l'esprit; mais dérision cruelle, si on l'applique à un homme mourant de faim. Déjoué dans sa première tentative, le diable transporte Jésus au sommet du temple de Jérusalem et lui dit : « Si tu es le fils de Dieu, jettetoi en bas, car il est écrit que Dieu a ordonné à ses anges d'avoir soin de toi, et de te porter avec leurs mains, de peur que ton pied heurte contre quelque pierre. » La citation de Satan se trouve dans le psaume xc, versets ii et 12, et Jésus répond par cette autre citation du Deutéronome, chapitre vi, verset 16 : a Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. )) Ces deux citations sont tirées de la version grecque, et il est singulier que Jésus et Satan citent cette version au lieu de l'original hébreu.
Josèphe dit que la hauteur du temple était de
cent coudées, et que « la couverture était semée et
comme hérissée de broches en lames d'or très-poin-
-> tues , afin d'empêcher les oiseaux de s'y abattre, de
^s'y reposer et de la salir i. » Si les oiseaux ne pou-
Ivaient pas se reposer sur la couverture du temple, il
était plus difficile encore qu'un homme put s'y tenir;
\, Josèphe, Guerre judaïque, liv. V, ch. xiv.
il semble donc que le diable, après y avoir transporté Jésus, aurait du l'y abandonner et voir comment il ferait pour descendre. Au contraire, après ce court dialogue, il le transporte encore sur une haute montagne, « d'où l'on voit tous les royaumes de la terre, n qu'il promet de lui donner s'il consent à l'adorer. Jésus lui répond : « Retire-toi, Satan; car il est écrit: tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu n'adoreras que lui seul. » Nouvelle sentence tirée du Deutéronome^, et, comme les précédentes, citée d'après la version grecque; ce qui prouve que l'invention de cet épisode, inconnu au deuxième Évangile, le plus simple et le plus conforme aux anciens originaux, est postérieure aux Évangiles primitifs.
Les objections soulevées par cet épisode sont connues; le bon sens les indique : elles ont été faites mille fois et toujours sans réplique sérieuse. On a d'abord demandé comment Jésus a pu passer quarante jours et quarante nuits sans prendre aucune nourriture. S'il avait un corps réel et, avec ce corps, les infirmités de la nature humaine, il n'a pas pu supporter une telle abstinence ; et s'il l'a supportée, il faut dire, avec quelques sectaires, les Docètes notamment, qu'il avait un corps fantastique. Le pre-