‹ Histoire élémentaire et critique de la littératureChapitre 31 sur 96 · ÉLOQUENCE SACRÉE · texte numérisé non relu

ÉLOQUENCE SACRÉE

§ Des Prédicateurs catholiques.

i. Défauts de la chaire à la renaissance des leltres; Valladier et autres prédicateurs. — 2. Vigor; ses ouvrages. — 3. Pierre Du Cliàtel. — 4- Despence, Posiel, de La Revère, Richardot, Sorbin de Saiiile-Foi, Du Perron. — 6. Réflexions générales sur ces prédicateurs , — 6. Les prédicateurs de la Ligue; Porthaise, Boucher. — 7. Saint François de Sales ; sa vie et ses ouvrages. — 8. L’Etendarl de la croix, les Controverses, les Entretiens spirituels et les Opuscules de saint François. — 9. Son Introduction à la vie devote 5 jugement du pape Alexandre VII sur cet ouvrage. — 10. Style de Tlntroduction ; diverses citations. — ii. Son Traité de l’amour de Dieu jugé par Bossuet. — 12. Lettres de saint François de Sales; ci-

laiions. i3. Saint François de Sales comparé, comme prosateur, à Balzac. — 14. Fenoil-

let ; ses ouvrages.

1 . La renaissance des lettres et des arts sous François P' ne se fit point immédiatement sentir dans l’éloquence de la chaire. Les défauts de goût que nous avons signalés dans les sermons du xv" siècle deviennent plus sensibles dans ceux du xvu, parce qu’ils ne sont point alors rachetés par les beautés des Menot, des Maillard et des Uaulin. L’un, André Valladier, raconte en termes peu décents la naissance de Luther, que la tradition populaire disait le fruit d’un inceste. Un autre prouve que le cœur

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liumain est insatiable, parce que le monde étant rond et le cœur triangulaire, si vous placez un fjlohe dans un triangle, il y reste toujours du vuide. Un troisième prêche la Passion en style rabelaisien, et cet autre, comme s’il avait étudié la théologie dans les hymnes de Ronsard, affirme que Not7'e Seigneur est Hercule en inourant, Apollon en ressuscitant, Bellérophon en inontant au ciel.

2. 11 ne faudrait pas croire toutefois que la même confusion d’idées grossières, pieuses, fabuleuses, scientifiques, régnât au môme degré chez tous les prédicateurs. SiaiON ViGOR, qui devint archevêque de Narbonne (1570), se fit connaître sous François P'' par le succès de sa prédication. Les sermons de controverse qu’il prêcha dans l’église de Saint-Paul, à Paris, contribuèrent à la conversion de plusieurs Calvinistes, parmi lesquels on distingue le célèbre Pierre Pithou. Outre un grand nombre de sermons, on a de Simon Vigor : VOraison funèbre d’Elisabeth de France, reine d’Espagne, et les Actes de la conférence tenue à Paris, ès-mois de juillet et d’août 1566, entre deux docteurs de Sorbonne (Vigor et Claude de Saintes) et deux ministres de Calvin (de l’Epine et du Rosier). Cette conférence fut tenue, sur l’invitation du duc de Montpensier, pour la conversion du duc de Bouillon, son gendre, et de la duchesse de Bouillon, sa fille ; Vigor y eut tout l’avantage, de l’aveu même des ministres.

3. Pierre Du Ciiatel, qui de correcteur d’épreuves devint évêque de Mâcon, cardinal et lecteur de François P’’, composa VOraison funèbre de ce prince dans un style plein de noblesse et de dignité.

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